Bienvenue à BB
10 jours sont à votre disposition pour compléter votre répartition
Temporalité
Nous embarquons pour Juillet : sous les cocotiers et les coups de soleil !
Classe aisée
Temporairement, le rang social de la bourgeoisie a été rouvert

Partagez | 
 

 Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612

■ Qui ne s'est jamais perdu dans l'excès de m'as-tu-vu ? ■
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Corail
R. Neve Voland
Corail
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur http://djinn-jinxed.forumactif.org/t2357-neve-la-probabilite-de-
Identité magique
Who wears the crown ? : Le Petit Prince
Messages : 561
Date d'inscription : 01/03/2018
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Jeu 1 Mar - 16:36


Raphaël Neve Voland
feat. Ben Whishaw

Nom: Voland Prénom de naissance: Raphaël Prénom d'usage: Neve Généalogie: Une huche modeste, sa mère Ariane est une magicozoologiste sans renom, qui vécut les premières années de sa vie en Islande avant que ses parents ne s’installent dans les en France. Son père Firmin est un moldu aviateur de long-courrier pour la France Postale. Nationalité: Française, arrière-parents maternels et mère d’origine islandaise, père né dans les Pyrénées. Lieu et date de naissance: Tarbes, dans les Pyrénées, le 17 avril 1939. Statut: Sans attache. Nature du sang: Mêlé Etudes/Profession: Professeur d’astronomie Baguette magique: Une baguette de 25,7 centimètres, figée dans cette disgracieuse, quoiqu’amusante, torsion par un bois de saule capricieux. L’élégance de la plume d’Hippogriffe qu’elle renferme est pour ainsi dire bien gardée.
Allégories réflexives:

► Quelle est votre opinion sur la restauration de la Monarchie Sorcière ?
L’année de la restauration de la Monarchie Sorcière, les physiciens moldus Vera Rubin et Kent Ford proposaient l’hypothèse d’une matière noire constituant près des deux tiers de l’univers. Au cœur de la thèse qui avait valu à Neve sa renommée en matière d’astronomie et d’astrophysique magiques – à défaut de parvenir à percer le secret du calendrier solaire de l’astéroïde B612, cette prénommée « matière noire » avait occupé toutes ses études et ses pensées au cours de l’année 1970, écartant tout à fait de son estime la politique de son propre pays.  Après un voyage en urgence dans le désert du Sahara pour parfaire ses observations, il avait regagné Beauxbâtons et tout lui avait semblé irrémédiablement changé. Depuis, il se fait encore plus invisible qu’à l’ordinaire.

► La Mise en Objet des Djinns a donné lieu à un virulent débat centré autour des notions d'esclavagisme, de liberté, de droit des créatures ou encore de la protection magique. Que pensez-vous à ce propos ?
Il serait peut dire que d’affubler Neve de la drôle de formule « avoir la tête dans les étoiles ». Chacune de ses observations, chacune de ses projections, chacun de ses calculs tend à un plan macroscopique des choses. Au-delà de côtoyer les nobles notions d’infini et d’intemporel propres à notre bien-aimé cosmos, Neve est aussi très familier du concept si mystérieux d’Essence, dont il cherche les traces dans les moindres recoins de l’univers connu. De cette façon, et pour en revenir au fait, Neve est en mesure de prendre de colossales distances par rapport aux formes concrètes de nos compères les djinns, qu’il associe sans mal dans son esprit à cet amas d’Essence insécable et tout à fait délié du monde sensible tel que nous le connaissons. Pour ainsi dire, il se contrefiche de tous ces débats.

► Pouvez-vous envisager que le sang puisse un jour devenir plus important que le rang sur le sol français ?
En remplissant d’une main le prospectus et arrosant de l’autre un élégant plant d’alocasia rempoté la veille, Neve bute sur la belle familiarité qui unit ces deux mots, « rang » et « sang », disjoints par une seule lettre, la première. Il songe à cette poésie moldue de l’entre-deux-guerre, aux discrètes assonances en –an des poèmes d’Eluard, aux paroles désuètes telles que languide, phalanstère ou bamboche, et envie un instant les Jean, les Rolland, les Antoine.  Et puis, « rang », ça ressemble un peu à « hareng », pas vrai ? L’eau débordant du pied d’alocasia le tire de son délassement, et vraisemblablement, de la question qui l’a vu naître.    

Personnalité:

Neve charme et irrite à la fois par sa singulière maladresse. Sa démarche gauche, ses phrases qui se perdent en zigzags et en circonvolutions, son attention sans cesse distraite par les plus ternes détails du paysage, tout en lui inspire le désordre. Neve parle sans jamais savoir où ranger ses mains, écoute sans jamais savoir où poser son regard et marche comme un dormeur qui regarderait ses pieds sans les voir. Une grande fragilité émane de ce personnage gauche, toujours rêveur, ainsi qu’une étonnante acuité des choses. Tous ses regards semblent plonger dans un plan inférieur du monde, auquel nul autre n’aurait accès, et où tous les imaginaires se côtoient. Ses rêveries fascinent ou insupportent, mais son regard bleu posé sur vous arracherait vos secrets les plus enfouis. Maladroit avec les êtres comme avec les choses, souvent frôlant le ridicule, Neve est pourtant empli d’une immense bienveillance, conjuguée à un jugement toujours humble et simple porté sur ses semblables. Il est cet à côté dans lequel il est toujours possible de s’extraire du monde.

Neve accorde facilement sa confiance ; d’aucuns diraient de lui qu’il est innocent, d’autres qu’il est simplement naïf, voire crédule. D’un naturel plutôt solitaire, le jeune astronome s’attache pourtant vite aux êtres quand ces derniers montrent quelque sympathie pour sa personne peu évidente. Il oubliera probablement votre anniversaire, de vous rendre ce service dont vous le tanniez depuis des lustres, mais il le regrettera toujours. D’un tempérament très calme et tranquille, Neve supporte mal un visage en colère. Fuyant le conflit avec autrui plus que tout autre – si ce n’est peut-être le conflit avec lui-même – il préfèrera endosser cette armature placide et détachée qu’il arbore quand la contrariété ou la mélancolie le guette. Cette dernière n’est jamais bien loin depuis que le ciel lui est pour toujours inaccessible (voir histoire), et lorsqu’il disparaît quelques jours durant, c’est pour aller se blottir dans le Sahara et observer les étoiles dans ce désert triste où elles semblent toucher la Terre.

Extravagant malgré lui, il vous aura sans nul doute bousculé dans un couloir, si ce n’est manqué de vous tuer en laissant par mégarde échapper une lunette astronomique en cuivre du haut de la Tour Vespérale. Toutefois, si votre souhait est de vous venger, il faudra vous montrer d’un flair imparable : silencieux, Neve est une présence invisible pour toute personne n’étant pas familière de ses allées et venues furtives dans l’enceinte de Beauxbâtons. Lorsque des avions en origamis viennent planer aux alentours de la Tour Vespérale, ne songez pas à venir le quérir : il sera sans doute figé dans l’observation de la planète naine Quaoar ou en conciliabule gaillard avec lui-même. L’observatoire où il dispense la majorité de ses cours abrite tout un capharnaüm de babioles télescopiques et de livres larges comme des pavés. Des plants d’alocasia siègent dans chaque recoin, sur chaque étagère, et leurs larges feuilles tropicales se délectent de brumisateurs ensorcelés. Les lunettes astronomiques bricolées et raccommodées semblent l’apanage d’un astronome en carton, pourtant Neve n’est pas un imbécile. Si ses nombreuses digressions transforment parfois ses cours en un amusant imbroglio, son étonnante fascination pour le ciel transparaît dans chacun de ses mots, son engouement est vrai et délicieusement enfantin, et son langage équarri au contact des romans saura vous passionner pour la moindre petite comète de notre galaxie.

Genie in a bottle: Rapa Nuì

Neve a toujours été persuadé d’une chose : le Petit Prince était un djinn. Toute son enfance durant, il s’était langui de son dixième anniversaire, où il s’était promis d’invoquer ce dernier et de lui demander de l’emmener sur son astéroïde. Sa mère en était ravie, son père adoptait une moue circonspecte à chaque Petit Prince que son fils pensait avoir déniché dans l’Almanach des djinns. Cependant, le 17 avril 1949, après cinq années de naïves certitudes, Neve n’avait trouvé aucune trace d’un djinn semblable, et c’est comme beaucoup de jeunes sorciers de sa génération qu’il se résigna à la volonté du hasard.

Le hasard en question s’appelait Rapa Nuì. En s’appliquant à reproduire les tracés ingénieux des pentacles, accroupis sur le sol, Neve se démenait avec ses lourdes boucles brunes qui tombaient sur son front et ébranlaient son geste appliqué. Sa voix claire, assurée, prononça les six paroles sans tressaillir. Il avait au creux du regard cette certitude qui l’avait guidé jusqu’alors, celle de découvrir l’astéroïde B612, et qui lui donnait la force de se tenir debout au centre du pentacle malgré ses genoux cotonneux et le tremblement imperceptible de ses lèvres. « … Rapa Nuì. » La dernière lettre fut emportée par le craquement aigre de lourdes pierres roulant les unes sur les autres. Plus que de pierres, il s’agissait de rochers s’entrechoquant, tambourinant et projetant à travers la pièce mille et un éclat de silex. Dans cet amer roulement qui détrônait le crissement de la craie sur l’ardoise, un choc sonore, vibrant comme un orgue, fit taire la zizanie des pierres. Devant Neve se tenait une colossale statue ébréchée par le temps, aux formes rudimentaires quoique glaçantes, posant deux yeux larges et vides sur lui.

Les yeux de Neve arrivaient à la hauteur de deux longues mains aux doigts filiformes, qui semblaient trop élégants pour cette imposante bedaine de pierre. Il ne releva pas immédiatement le regard, cherchant dans ses entrailles un élan, un sursaut pour prendre à nouveau la parole : « … Es-tu Rapa Nuì, le nombril du monde, le bâtisseur, celui qui érigea les moaïs sur l’Île de Pâques, bâtit de la première à la dernière pierre la cité de Kuzco et traça à l’aide d’un morceau de montagne les hiéroglyphes de Nazca ? » Une étincelle traversa les deux yeux vides du titanesque moaï qui se tenait devant lui, mais aucune voix ne lui répondit. « Es-tu… » répéta Neve, la voix de moins en moins assurée, avant qu’un crissement pierreux ne le coupe net. « Petit caillou, dis-moi – la voix était sourde, comme un long bâillement –, fais-tu appel au grand Rapa Nuì pour bâtir une cathédrale ? Une pyramide ? Un phare si grand qu’il toucherait le ciel ? Je suis très doué pour les phares, tu peux me croire caillou, celui d’Alexandrie a fait fureur. » Neve haussa un sourcil. « Il a été détruit il y a plus de six siècles. » lâcha-t-il en retrouvant sa contenance. « … Je te demande pardon, caillou ? » Neve s’apprêtait à répéter à nouveau quand le moaï prit soudainement des airs de diva défenestrée, et dans une pluie de rocaille, lança un strident : « MON PHARE D’ALEXANDRIE DÉTRUIT ? Qui sont ces défricheurs de merveilles qui ne font appel à mon génie qu’une fois tous les six siècles ? » Il serait devenu rouge si son visage n’avait pas été de pierre. De fines volutes de fumée rageuses s’échappaient de la bouche immobile, d’où fusait cette voix grondante venue des profondeurs : « ET TOI NE RESTE PAS PLANTÉ LÀ ! Pire qu’un fossile ce caillou ! » Neve ne se laissa pas prendre au piège et pas même un de ses orteils ne franchit le pentacle de protection.

Prenant conscience que le petit bonhomme haut comme trois poires qui se tenait devant lui ne se laisserait pas berner par un stratagème aussi rudimentaire, le djinn cessa sa pluie de graviers, et la tragédie grecque se renfrogna. « Rapa Nuì, je ne veux savoir qu’une chose, et je te renverrai : existe-t-il un astéroïde nommé B612, sur lequel vit un Petit Prince, une rose et un mouton dans une caisse ? » Un pet de fumée s’échappa de la bouche de pierre, comme un bouchon de bouteille que l’on ferait sauter énergiquement. Le moaï retenait son rire, le grattement des roches alentour en témoignait. « Tu m’invoques moi, le nombril du monde, le bâtisseur, pour trouver un bout de planète lancé à mille milliards de km/h dans la galaxie, sans autre indication qu’une lettre et trois chiffres ? » Le grattement repris de plus belle. « Existe-t-il un as… » « Mais tu vas arrêter de répéter OUI, CAILLOU BORNÉ ! » « Alors réponds, ou je te l’ordonne une troisième et dernière fois. » « Cet astéroïde n’existe pas. » Neve le renvoya.


Rapa Nuì était un djinn égoïste, excessif, passionné de ses propres exploits, amateur des choses concrètes, malléables, et très laconique du temps de l’érection des montagnes sur Terre. Son premier maître lui avait ordonné de bâtir une armée de soldats de pierres à son effigie, pour dissuader quiconque de lui nuire et faire état de sa superbe. Il s’était pour ce faire installé sur l’île la plus isolée du globe, celle que l’on nommera des millénaires plus tard Île de Pâques, et Rapa Nuì avait érigé chacun des mille-quarante-deux moaïs de l’île, ces prodigieuses statues de basalte, à la stricte effigie de son maître – il lui reconnaissait toutefois un physique pour le moins disgracieux, mais impossible de le faire entendre à son sorcier de l’époque. Très fier de cette exploit, Rapa Nuì ponctue chacune de ses apparitions de cette figure désormais célèbre.  

Irascible, pragmatique et pas plus discret qu’un gueuloir, Rapa Nuì aime parler haut, fort, ne pas entendre quand on s’adresse à lui ou, pire, quand on lui coupe la parole. Il exècre plus que tout l’imagination de son maître, Neve, toujours perdu dans des abstractions qu’il juge, selon ses propres mots, « plus creuses qu’une cuillère à soupe ». Essence même de la concrétude, ne jurant qu’en terme de briques et de monuments durables, Rapa Nuì a toujours soutenu à Neve que cet astéroïde que son imagination trop puérile et naïve lui faisait rechercher n’existait pas, sans n’en savoir en vérité « que pouic ». Il l’avait cherché, pourtant, et ce à son grand dam, mais jusqu’alors sans succès, et ce n’était pas plus mal finalement – car Rapa Nuì aimait avoir raison.

Si la cohabitation fut ardue durant les premières années, le caractère très terre-à-terre et borné de Rapa Nuì aida Neve dans ses recherches en astronomie magique. En effet, chacune de ses hypothèses, confrontées au regard matraqueur et pragmatique du djinn, trouvait à s’étoffer et à se concrétiser, ouvrant de nouvelles perspectives, et ce simplement à l’aide de l’humeur massacrante d’un djinn égocentrique. En outre, leur rapport est toujours demeuré très distant, Neve ne faisant appel que rarement au moaï boudeur, et s’est passablement détérioré depuis que le jeune sorcier a démontré toute l’étendue de son inconsidération envers la cause des djinns dans le procédé de Mise en Objet – ce qui ne manqua pas de piquer à vif la susceptibilité et la fierté de son djinn.


Pseudo: Solomon Suaire Age: 19 ans Où avez-vu connu DJ? Initialement par un partenariat avec Les Chroniques d’Arven, le forum est resté ensuite dans un coin de mon esprit. Autres comptes? Nope, un sou neuf. Une remarque ? J’ai dévoré ce forum, je suis bien repu, merci bien  Mih Un mot pour la fin ? J’aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer, j’aime les gens qui disent et qui se contredisent, mais sans se dénoncer.

Djinn Jinxed


Dernière édition par R. Neve Voland le Mar 6 Mar - 15:50, édité 8 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Corail
R. Neve Voland
Corail
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur http://djinn-jinxed.forumactif.org/t2357-neve-la-probabilite-de-
Identité magique
Who wears the crown ? : Le Petit Prince
Messages : 561
Date d'inscription : 01/03/2018
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Jeu 1 Mar - 16:37


Vol de nuit
« Tu n’avais eu longtemps pour distraction que la douceur des couchers de soleil. » Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry.

Il porte le nom des neiges que l’on ne voit jamais mourir, choisit par sa mère bien avant sa naissance : Neve, quatre lettres qui forment toutes à la fois les toits pointus des montagnes pyrénéennes et les collines boudeuses des landes d’Islande. Neve vécut jusqu’à sa quinzième année sur un plateau herbeux, au beau milieu des Pyrénées françaises, où son père, aviateur de long-courrier, avait établi son pied-à-terre : un hangar de taules rouillées qui reposait cahin-caha face à une piste d’atterrissage de fortune. Là, il avait vu défiler son enfance entre les pétarades des moteurs, les vapeurs de fioul et les pièces détachées. Son père avait cette étonnante familiarité avec les avions – pour la plupart ne lui appartenant pas, de simples dépannages pour le compte de la France Postale – et pouvait demeurer des heures durant assis contre un Breguet 14 ou un Caudron C.59, à parler tout seul de choses et d’autres, souvent de la Patagonie, d’ailleurs. Mais l’avion sur lequel Neve avait jeté tout son dévolu et toute son affection, c’était le Nieuport Delage 29, l’un des premiers modèles, avec une paire d’hélices flambant neuves que son père avait peintes en bleu.

Sa mère, Ariane, était une femme exubérante, pleine de vie et de charmes, et ce bien qu’elle étudiât avec ferveur l’une des créatures les moins séduisantes du règne magique : les trolls des landes islandaises. La proximité avec la terre glacée, les collines dénudées et les plages de sable noir l’avait endurcie. Elle avait acquis cette malice et cette gaillardise que seuls les longs mois à parcourir en solitaire ces terres de légendes étaient en mesure d’imprimer sur les individus. Née en Islande, immigrée en France dans sa petite enfance, Ariane fascinait dès son plus jeune âge par sa vivacité d’esprit et sa curiosité insatiable, qui convinrent ses parents de lui envisager un cursus de premier choix à l’école de magie de Beauxbâtons. Leurs projections furent bien vite déjouées, lorsqu’après des études médiocres et sans relief à Beauxbâtons, Ariane s’engagea sur la voie de la magicozoologie. Lors de ses nombreux séjours en Islande chez ses grands-parents, près de la capitale Reykjavik, la jeune femme s’était passionnée pour les créatures des légendes nordiques, et entama plusieurs années d’étude des peuplades trolls, près des chutes d’eau de Dettifoss.

Le père de Neve, Firmin Voland, était aviateur de long-courrier affecté dans les Pyrénées, un moldu désintéressé, taciturne et lecteur aguerri des auteurs français de l’entre-deux-guerres. Un personnage en somme fort peu amusant, qui avait toutefois cette manie de s’abandonner aux rêveries, les yeux perdus dans un curieux en-deçà des choses, un sourire si tranquille toujours punaisé sur les lèvres. Il passait le plus clair de l’année dans un hangar vétuste à raccommoder de vieux bolides du ciel, entre deux missions pour la France Postale. Aviateur aguerri, il avait parcouru les cieux de tout le globe – du moins, c’est ce qu’il prétendait – et sa connaissance du planisphère terrestre avait charmé les aïeux de la Poste moderne. En vérité, il ne connaissait la Patagonie qu’à travers les récits d’Antoine de Saint-Exupéry, et sa seule prouesse aérienne était d’avoir survécu à un crash vraiment bête dans les landes islandaises, sauvé au beau milieu de ce désert froid – mais c’est ce qu’il omettait toujours de raconter – par une jeune femme qui prétendait être photographe. Quelle coïncidence, pas vrai ?

Neve grandit bercé par le ronflement des vieux moteurs, s’arrachant à la terre dans une pétarade de cliquetis et de gasoil, et les mystères boréaux des contrées nordiques, accompagnant sa mère sur les terres de son enfance lorsque son père partait en mission. Durant les premières années de sa vie, Firmin était devenu pour son fils une figure romanesque : il était le capitaine Achab sur son baleinier qui affronte le cachalot blanc, il était l’explorateur Némo dans son sous-marin, mais plus que tout, il était l’aviateur perdu dans le désert faisant face au Petit Prince. En effet, avant chacun de ses voyages, notamment pendant les derniers mois de la guerre, Firmin confiait à son fils un roman, parfois deux, de ceux qu’il avait lus et qui l’avaient guidé. Ainsi, à douze ans, Neve passait plus de temps dans les romans qu’à apprendre les rudiments de la sorcellerie, et trouvait plus de magie dans les imaginaires livresques que dans les maigres pouvoirs qui semblaient lui être incombés. En grandissant, il dévora de tout, de la littérature moldue en passant par les récits des premiers chevaucheurs de balais, les bestiaires de créatures magiques, sans oublier les recueils de poésie.

Ce goût de la poésie, c’était son père qui lui avait transmis, ainsi que sa fascination pour les vols des avions, les dangers que les aviateurs de la France Postale surmontaient dans chacun de leur périple, les vapeurs d’essence et le grésillement des hélices. Mais père comme mère étaient davantage soucieux de le faire monter sur un balai que dans un Nieuport Delage 29, comme Neve en aurait tant rêver. Les balais avaient cela pour eux qu’ils ne risquaient pas à chaque instant d’exploser entre vos mains, ni de s’immobiliser sans crier gare au beau milieu de l’Adriatique, comme cela était encore très fréquent dans le milieu des aviateurs. Les plus aguerris n’étaient jamais à l’abri d’un crash en milieu désolé, d’une panne de moteur au-dessus de la cordière des Andes, ni une aile trop fragile se brisant tout bonnement dans une rafale un peu trop brutale.

À quinze ans, après avoir vu s’écouler toute son enfance dans les brises montagneuses ou les zéphyrs glacés d’Islande, Neve entra à l’école de magie de Beauxbâtons, aussi peu familier qu’on peut l’être de l’Etiquette. D’un naturel maladroit, avec les choses comme avec les êtres, le jeune homme passa ses premières années d’étude de la magie en solitaire, impatient de voir revenir l’été pour aller piloter les vieilles carlingues de son père, qui avait bien fini par plier et lui enseignait, sous le regard inquiet de sa mère, les rudiments du pilotage. À Beauxbâtons, il aimait apprendre, bien que la rigueur lui manquât pour devenir un bon élève. Autumnus, Neve se fondait dans les paysages, il était une simple présence, discrète, silencieuse, éperdument rêveuse. Ses cheveux de jais, en bataille, soulignaient deux grands yeux bleus, presque noirs, toujours perdus dans un en-deçà, une strate inférieure du monde, celle où se côtoient mille imaginaires. Sa magie était à son image : d’une certaine tendresse, très fragile, et toujours singulièrement maladroite, si bien qu’il se tint longtemps à l’écart des travaux pratiques. S’il se montrait terriblement mauvais dans les cours de magie blanche et de métamorphose, dès qu’il s’agissait de coopérer avec la magie pour comprendre le monde, tout lui était évident. C’est très naturellement qu’il se tourna donc vers les sciences et les disciplines métaphysiques.

L’été de sa dix-septième année, Neve avait décidé de voler. Dans une besace mal ajustée à sa silhouette maigrichonne, il avait emporté Terre des hommes de Saint-Exupéry, l’un des premiers romans offerts par son père, sa baguette, quelques provisions et les anciennes lunettes de vol de Firmin. Son avion attendait dans le hangar, Neve avait toujours su qu’il était le sien, le Nieuport Delage 29 aux hélices bleutées. Le soleil ne venait pas encore racornir les taules du toit, il n’était pas encore cinq heures. Neve voulait survoler le Sahara, il voulait voir le désert, le sable jaune, le serpent qui tue les enfants ; il le savait au plus profond de lui, son destin était de voler. Le ciel était clair, le jour effrayait peu à peu les dernières lueurs allumées dans les villes. Bientôt, il apercevrait la mer, songeait-il tandis que le petit avion ronronnait doucement contre les premières volutes des siroccos africains. Ce qui arriva, avant même que Neve pût apercevoir les côtes de Ceuta, n’importe quel aviateur aurait pu le prédire. Les courants chauds d’Afrique du Nord n’étaient pas de simples draps étendus dans le ciel sur lequel les avions se prendraient à glisser en douceur. Les dépressions, le sable porté par le vent cognant contre les ailes, les courants ascendants qui portaient les avions parfois si hauts qu’ils en toucheraient le soleil, Icares perdus dans les hauteurs. Lorsque les premières perturbations se firent ressentir, alors que Neve survolait la Méditerranée, il était déjà trop tard pour retourner se poser sur la côte espagnole. Les hélices s’affolèrent, et en quelques minutes les vents marins avaient promené la fragile carcasse de taules à des kilomètres de sa trajectoire d’origine. Neve perdait de l’altitude à une vitesse effrénée, les ailes tremblaient sous les rafales qui léchaient les vagues et se hissaient ensuite avec force jusque dans les cieux. Le jeune sorcier serrait d’une main sa baguette dans sa besace, bien qu’il se savait incapable de se sauver seul à l’aide de la magie. Lorsque le nez de l’avion traversa la surface de la mer, le choc fut tel que le front de Neve heurta le tableau de bord et il perdit connaissance.

De cette chute dans la Méditerranée, il ne reste rien depuis qu’un tremblement. De ces petites tétanies fantômes, étonnants frémissements que seuls les branches des arbres savent véritablement imiter. Les garde-côtes sorciers, alertés par Ariane, n’ont pas tardé à retrouver le moteur pétaradant du Nieuport Delage 29, et le voir s’écraser dans la mer leur avait semblé un bon moyen de le rattraper sans avoir à le courser jusqu’au Maroc. Les dommages étaient maigres, après tout : quelques côtes endommagées, cet amusant œil au beurre noir, une vieille carlingue au fond des eaux, et après ? La magie peut tant guérir ; mais pas les esprits, vraisemblablement. Neve n’est plus monté dans un avion, ni même sur un balai. Quelque chose s’était verrouillé en lui, les peurs irrationnelles s’étaient invitées dans ce corps fragile désormais, et pour toujours, tenu à l’écart du ciel. Lors des grandes angoisses, des élans de mélancolie ou de colère, son bras gauche, de l’épaule jusques aux doigts, se tétanise, empreinte fossile de cet été 1956.

Neve obtient son BRIO quelques années plus tard. L’astronomie avait été pour lui comme un recueillement, apprendre le nom des étoiles étaient comme réciter un long poème qui n’en finirait pas de se déplier. La fin de ses études marqua le début de deux années de voyages à travers le monde. Il parcouru tous les déserts du globe (en portoloins, bien évidemment), là où le ciel était le plus clair et les mystères de l’univers, les plus évidents. Pour tout un chacun, ce long périple était dédié à la thèse qu’il soumettrait à Ligue Universitaire des Notions Astrales (LUNA), dans l’espoir de devenir docteur et de pouvoir entrer dans les grands observatoires sorciers. Mais chaque inconnu croisé sur sa route vous le confirmera, son entêtement à retrouver le Petit Prince guidait chacun de ses périples – les hommes du désert avaient manqué de le croire fou. Lorsque la LUNA eut rejeté une première fois son projet d’étude du calendrier solaire de l’astéroïde B612, Neve était rentré en France, et constata qu’il ne savait rien outre des poèmes.

Un constat amer qui le tira un temps de ses longues préoccupations exupériennes. En février 1963, il entama donc trois années de recherches. La LUNA lui avait accordé bourse d’études pour affiner des observations sur la corrélation entre l’Essence et cette énergie encore incomprise représentant, selon les estimations les plus probantes, près d’un tiers de l’univers observable – celle que l’on nommera sept années plus tard matière noire. Neve était persuadé de pouvoir confirmer ainsi l’interdépendance physique entre le sidh djinnique et le monde sensible, et prouver par-là même la fragilité du cosmos tel que nous le connaissons, en proie à beaucoup plus de magie qu’escompté jusqu’alors. Ses recherches le menèrent bien plus loin, et en 1967, il publiait Matière invisible et Outre-Lieu, l’ouvrage qui forgea sa renommée au sein des congrégations magiques d’astronomie, ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention de la prestigieuse école de Beauxbâtons – qui passa, avec beaucoup d’efforts, outre la singulière et extravagante maladresse du jeune astronome. Depuis, les récentes découvertes scientifiques entourant ladite matière noire ont replongé Neve dans des recherches ardues. Quant à ses plants d’alocasia, ils se portent toujours bien.

Djinn Jinxed


Dernière édition par R. Neve Voland le Mar 6 Mar - 17:12, édité 11 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Portoloins
Identité magique
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Jeu 1 Mar - 23:49

Bienvenue officiellement Neve !
Je suis super intriguée par ton bonhomme, le début de ta fiche met l'eau à la bouche pile poil comme il le faut Fiou
Tu as l'air de maîtriser aussi bien que lui son domaine de prédilection, et pour l'instant, ta fiche se dévore, même si on en veut plus, toujours plus Gaw
Courage pour la suite et encore une fois, si tu as la moindre question, n'hésite pas ;)
(et puis Ben Gnoe Yes )
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Corail
R. Neve Voland
Corail
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur http://djinn-jinxed.forumactif.org/t2357-neve-la-probabilite-de-
Identité magique
Who wears the crown ? : Le Petit Prince
Messages : 561
Date d'inscription : 01/03/2018
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Ven 2 Mar - 9:51

Merci beaucoup, je n'hésiterai surtout pas Heart Pour le moment j'écume les tréfonds de ce forum, je dois bien reconnaître qu'il est très, très épatant. Mais j'ai hâte de vous faire découvrir ce p'tit bonhomme de Neve Mardy


B612

Dans le désert au crépuscule, on s'assoit sur une dune, on ne voit rien, on n'entend rien et cependant quelque chose rayonne en silence. (saint-exupéry)
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Aigue Marine
V. Circé d'Éon
Aigue Marine
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur
Identité magique
Who wears the crown ? :
Messages : 33
Date d'inscription : 01/02/2018
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Lun 5 Mar - 11:04

J'adore le prénom Mih Bienvenue sur DJ ! Bon courage pour la fin de rédaction de ta fiche ! Heart


† just a young man, with a quick fuse. i was uptight, wanna let loose, i was dreaming of bigger things and wanna leave d'Éon Squad.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Aigue Marine
C. Yvon de Villeneuve
Aigue Marine
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur http://djinn-jinxed.forumactif.org/t101-yvon-j-prend-l-amour-en-
Identité magique
Who wears the crown ? :  There is both me and my silhouette. I hope that on the days you find me and all I am are darkened lines, you still are willing to be near me.
Messages : 2599
Date d'inscription : 13/10/2015
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Lun 5 Mar - 19:35

Whoaaaaa, ce personnage ! Fluff

WELCOME SUR DJ, cutie pie !! Mua Love
Je ne connais pas cette bouille, mais j'aime beaucoup. Gaw Son poste d'enseignant en astronomie lui va rudement bien. Rwar D'AILLEURS on en parle de cette merveille ? Lover J'adore cette fascination avec le petit prince !! Cet acharnement, je le trouve kjmnbhguyhij tellemeeeeement fascinant ! Et puis son djinn... gosh, je l'aime tellement !!! Mdr Ce gros chieur !! Mdr J'adore les djinns avec de la personnalité à revendre et qui sont marrant ! Hihi Je sens que ce sera ÉPIQUE de les voir aller ! Mdr

ET PIS J'AI HÂTE AUX COURS D'ASTRONOMIE !!! Han Han Han

BREF cette fiche envoie du lourd, j'ai hâte d'en lire plus ! Chou
Courage pour la fin !! Copain


badges POWA !!:
 

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Corail
R. Neve Voland
Corail
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur http://djinn-jinxed.forumactif.org/t2357-neve-la-probabilite-de-
Identité magique
Who wears the crown ? : Le Petit Prince
Messages : 561
Date d'inscription : 01/03/2018
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Mar 6 Mar - 15:53

Woa, vous êtes tellement cute que ça m'a remonté à bloc pour finir cette fiche Han Merci beaucoup pour ce chaleureux accueil, j'espère que vous me réserverez un pitit lien avec l'un de vos muuuultiples comptes Ange
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Beauxbâtons
La Directrice
Beauxbâtons
Portoloins
Voir le profil de l'utilisateur
Identité magique
Who wears the crown ? :
Messages : 497
Date d'inscription : 06/08/2015
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   Mar 6 Mar - 21:40


Bercé par le conte d'un jeune prince, Neve n'a pas réalisé qu'il devenait, à son tour le héros d'un récit mythique. Icare, séduit non pas par le soleil, mais par sa soeur, Sélène. Celle parée de diamant, les étoiles éparpillées dans sa chevelure. Et dans cet élan de dévotion, dans cet amour brouillé par la quête de ce fameux sang royal et vespéral, Neve s'est égaré. Dans un avion, puis dans son esprit. Les gestes maladroits mais le coeur déployé comme son parachute. L'esprit ailleurs, guidé par les constellations et la soif de plus. Cette fois, il n'y a aucun doute, ce n'est pas que pour ses jolies bouclettes que la directrice a engagée un enseignant masculin - mais laissez donc les jeunes filles de l'académie rêver de son regard, rêver de devenir Sélène. Sans savoir qu'elle le possède encore tout entier.

Alors je me permet de me répéter mais OH LALA ce que tu as une jolie plume !! Fluff Je suis sous le charme comme tout le monde ! Et puis, cette idée de mêler les trous noirs et l'Outre lieu me fait des choses au dedans. Stars J'ai hâte de voir de voir la suite, oh lala!

Veuillez recevoir nos plus sincères félicitations pour votre sélection au sein du PERSONNEL DE L'ACADEMIE ! Vous voici à présent un(e) sorcier-ière à part entière de cette prestigieuse Académie et en tant que tel(le), nous vous invitons à transmettre et vérifier vos données personnelles dans les différents registres des listings. Cette section vous offrira également la possibilité de déposer des candidatures afin d'espérer décrocher un poste à responsabilité parmi les Maîtres et Délégués au sein de cet établissement ou encore de vous faire connaître de ses résidents en tant que joueur de Polo ailé. A savoir qu'il est toutefois toujours plus judicieux de participer quelque peu à la vie scolaire avant d'en faire la demande. Si cette fiche n'est pas la première, merci de bien vouloir référencer votre double compte en remplissant ce parchemin de votre plus belle plume.

Avant de débuter le Rôle Play, n'hésitez pas à vous référer aux Points Cardinaux pour y inaugurer au Nord une Fiche de Personnage rassemblant à la fois les différents liens à nouer au cours de cette scolarité ainsi qu'une liste des récits qui en ponctueront l'aventure. L'Ouest regroupe les Bulletins des étudiants et la respectabilité des enseignants qui sont à consulter et compléter. Toutes les demandes et requêtes particulières seront à formuler à l'Est. Le Sud, quant à lui, vous informera sur toutes les spécificités que les points de vote et de RP ont à offrir dans le jeu.

Faisant dorénavant partie de la communauté de DJ, il vous est possible de rejoindre son serveur Discord pour échanger avec les autres membres !

Sur ces quelques mots, il ne vous reste à présent plus qu'à explorer cette majestueuse bâtisse pour que la magie puisse opérer !
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Portoloins
Identité magique
■ On a le vice des vertus ■
MessageSujet: Re: Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612   

Revenir en haut Aller en bas
 

Neve ▲ La probabilité de l'astéroïde B612

■ Qui ne s'est jamais perdu dans l'excès de m'as-tu-vu ? ■
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Djinn Jinxed ::  :: Le Cadran des Saisons :: Bienvenue à Beauxbâtons-