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 Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora

■ Qui ne s'est jamais perdu dans l'excès de m'as-tu-vu ? ■
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O. Lamia Benfazal
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MessageSujet: Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora   Mar 22 Mai - 11:26


Olympe Lamia Benfazal
feat. Yara Shahidi

Nom: Parce qu'elle est la digne fille de son père et que c'est la tradition dans la colonie française de laquelle elle vient de prendre comme nom le prénom du patriarche, Lamia se nomme Benfazal. Prénom de naissance: Il n'y a rien de musulman dans ce prénom, rien de catholique non plus d'ailleurs. Son premier patronyme brise les traditions fortement encrées de ses deux héritages pour former quelque chose de nouveau, un métissage qu'elle connaît si bien. Olympe est son premier prénom, un trésor qu'elle garde jalousement au fond d'elle. Prénom d'usage: On l'appelle Lamia qui signifie étincelant d'après sa grand-mère. C'est cette dernière qui a choisi de la nommer ainsi, au grand dam de sa mère qui aurait préféré quelque chose de plus...laïc. Mais on ne dit pas non à une vieille femme, surtout quand celle-ci vous fait la liste de tous les maux qui risquent de s’abattre sur la famille en cas de refus. Généalogie: "Apparemment", la famille de Lamia serait une illustre famille de sorciers. Son père le lui a dit, ses tantes le lui ont confirmé et sa grand-mère (bien sûr !) lui a fait la liste complexe de tous ses parents sorciers jus'au huitième degré. Cependant, dans sa famille insulaire, on ne pratique que mal la magie. On est soigneurs ou magiciens, on communique avec les djinns mais pas trop, histoire de ne pas être pointé du doigt par les gens de la ville. On a tôt fait de passer du statut de guérisseur à celui d'ennemi d'Allah donc mieux vaut se préserver en ne pratiquant que très peu. Dans la famille, seule la grand-mère est officiellement désignée comme sorcière. Parce qu'elle est vieille et qu'on la respecte. Tous les autres, par contre, nient l'existence de quelques dons. Même Lamia ignore qui, dans sa famille, est sorcier et qui ne l'est pas. Du côté de sa mère, nulle trace de magie. On est médecins, professeurs et surtout catholiques et on ne mange absolument pas de ce pain là. Nationalité: Franco-comorienne. Mais Lamia dira plutôt, d'un air très fier, métisse.  Lieu et date de naissance: 28 octobre 1952 à Moroni. Statut: Célibataire, c'est encore un bébé voyons ! Et puis, si sa grad-mère apprend qu'elle a donné sa petite fleur sans être mariée, elle la fait rapatrier immédiatement au pays. Non mais ! Nature du sang: Sang-mêlé. Sorciers et moldus ou cracmols s'unissent dans cette famille où on ignore beaucoup du passé des anciens. Etudes/Profession: Lamia est encore en IDEAL mais elle prévoit de se diriger vers pratiques scientifiques l'année prochaine. Baguette magique: Sa baguette est faite en bois de palissandre et possède en son coeur une écaille de sirène. Elle mesure 23 centimètres et l'on peut trouver, gravé en lettres d'or sur le pommeau de sa baguette, Lamia écrit en arabe (لَمْيَاءُ).

Allégories réflexives:

► Quelle est votre opinion sur la restauration de la Monarchie Sorcière ?
Vous savez, de là d'où je viens, on ne me parle pas souvent de ce qui se trame en France. Rares sont les informations que j'obtiens sur le monde moldu, donc vous imaginez celles sur le monde sorcier ? En vérité, et parce que j'ai un point de vue beaucoup plus objectif que vous sur cette histoire vue que je viens de loin, je dois vous avouer que c'est un retour en arrière qu'aucun pays ne devrait avoir à faire, que ce soit à cause de la peur ou à cause de la pression extérieure. Il faudrait rester digne et se battre pour conserver notre identité française et fièrement démocratique. Après, c'est moi, Lamia, qui vous dit ça, la fille qui voit son fier peuple toujours sous l'emprise d'une autre nation.

► La Mise en Objet des Djinns a donné lieu à un virulent débat centré autour des notions d'esclavagisme, de liberté, de droit des créatures ou encore de la protection magique. Que pensez-vous à ce propos ?
Dans mon pays, les djinns vivent en harmonie avec les êtres humains. La plupart des gens ne les voient pas et préfèrent se tenir à l'écart de ces entités, car ils savent que ces êtres sont puissants et pourraient leur faire du mal s'ils décidaient de prendre le dessus. Autonomes entre les mains d'un sorcier, ils ne supportent pas qu'un être humain en fassent leurs jouets et encore moins qu'ils les enferment dans des objets. Pour moi, c'est un désastre de les enfermer et j'ai peur qu'un jour ce joug qu'on leur impose ne se retourne contre nous. Aux Comores, nombre de djinns prennent possession des sorciers pour les tuer ensuite. J'essaie de ne pas imaginer l'horreur que cela pourrait engendrer. Malheureusement, je suis bien contrainte de me plier aux nouvelles normes françaises...

► Pouvez-vous envisager que le sang puisse un jour devenir plus important que le rang sur le sol français ?
Le rang, le sang, c'est un peu pareil. Dans les deux cas, on cherche à faire partie d'une case et ceux qui ne sont dans aucune des deux ont peu de chances d'avoir des avantages. Je ne suis pas noble et mon sang ne l'est pas non plus, qu'est-ce que cela signifie ? Que je vais devoir me battre toute ma vie pour pouvoir essayer frôler les hautes sphères ? Je ne le pourrai jamais. Si je me marie avec un noble, on me traitera de roturière et il en est de même si je m'unie à un sang pur où seul le terme changera et où je serai considérée comme impure. Pour ceux qui ne font partie d'aucune case, quelle importance ? Donc certes, je peux l'envisager, mais sérieusement, ça m'est bien égal.

Personnalité:

Travailleuse - Sérieuse - Maman-poule - Fière - Pimbêche - Franche - Courageuse - Réaliste - Boudeuse - Grande gueule - Bonne imitatrice - Bonne danseuse

Lamia a grandi en Grande Comore, aussi appelé Ngazidja, et a des habitudes que l'on pourrait qualifier d'étranges même si elle ne s'en rend pas vraiment compte. Tout d'abord, elle a appris à vivre à la dur. En effet, dès son plus jeune âge et malgré l'influence de sa mère métropolitaine, elle s'est vu contrainte d'apprendre à réaliser toutes les tâches de la maison et à s'occuper de ses petits frères et soeurs comme s'il s'agissait de ses propres enfants. Elle sait préparer à manger, laver le linge, nettoyer la maison et changer une couche bébé. Cela lui a été enseigné tellement tôt qu'elle lève souvent les yeux au ciel quand elle voit les filles à Beauxbâtons essayer de mettre un bout de fil dans le chas d'une aiguille ou se servir de la magie pour une tâche tout à fait facile. De plus, par son éducation, elle est, sans le vouloir, encore vierge de beaucoup d'expériences (sexuelles aussi, bien sûr !). Pour elle, une jeune fille ne peut pas sortir à n'importe quelle heure du soir et elle doit écrire très fréquemment à sa famille pour s'assurer que tout va bien. Lamia vit un peu avec toute sa famille sur le dos et sur la conscience. Avant de faire une chose, elle pense souvent aux conséquences et se rétractent comme si sa grand-mère avait la capacité de la surveiller et de lui envoyer une beuglante en cas de bêtises.
Malgré cette attitude que l'on pourrait presque qualifiée d'irréprochable, Lamia n'est parfois pas facile à vivre. Elle est très fière et sait comment telle ou telle choise doit être faite. Elle ne supporte, par conséquent, pas d'avoir tord. Boudeuse, il faudra que ce soit vous qui veniez vous excuser car l'orgueil la pousserait volontiers à tirer un trait sur ses amitiés plutôt que de les reconquérir. Parce qu'elle a vécu en Afrique MAIS que sa mère est blanche, elle a très vite su tirer profit de son métissage dans la capitale. Jolie de visage, il lui est facile d'attirer les regards et les commentaires favorables, ce à quoi elle s'amuse beaucoup. De plus, Lamia était celle qui découvrait avant tout le monde les nouveautés venues de France et qui pouvait se permettre de se les payer quand les autres finissait, au bout de plusieurs semaines, par s'acheter des contrefaçons. Forte de ce pouvoir et de son influence, elle a toujours cru qu'elle se plaçait au dessus de la société comorienne. En arrivant en France, sa fierté la pousse à continuer de jouer les grandes dames. Peut-être qu'elle n'a ni le sang, ni le rang, mais elle garde la beauté et l'orgueil. Il lui arrive donc souvent de mépriser ses compères en levant exagérément les yeux au ciel ou en lançant des "Mtssss" cruellement africains et dépréciatifs.
Malgré cela, Lamia reste une jeune fille rigolote quoiqu'un peu pimbêche. On ne peut nier l'auras qu'elle dégage, ce côté cool et exotique qui en attire plus d'un. Ses petites manies font grincer les dents ou au contraire font décocher des sourires entendus. Franche et sans pudeur, elle n'a peur de rien et de personne. Il faudrait d'ailleurs un certain cran pour réussir à la remettre à sa place...ou sa grand-mère paternelle... Par contre, si vous n'avez jamais appris à vous éclater comme il se doit (ou si vous croyez avoir appris), Lamia est là pour vous aider. Intrépide, franche et grande gueule, elle sait comment avancer fièrement dans la vie et elle vous aidera volontiers à enfoncer quelques portes que la rigidité française a dressé sur votre chemin.

Petits trucs : Lamia a une peur bleue des araignées. Jusque là, rien de très original. Le problème, c'est qu'une araignée aurait guidé le prophète Mahomet durant son exil, du coup, il est formellement interdit de leur faire du mal. Lamia préfère souvent quitter la pièce plutôt que d'affronter son ennemi dans les huit yeux ; Lamia ne supporte pas la cigarette. D'une parce qu'elle a subi la fumée de ses parents et de deux, parce que le couple lui ferait sûrement la peau s'il apprenait qu'elle avait grandi aussi vite ; La jeune femme dort en boubou depuis son arrivée en France. Il s'agit souvent de pièces multicolores, très larges et longues dans lesquelles elle se plait à glandouiller. ça lui rappelle son pays et l'idée d'être différente des autres la fait sourire ; Lamia a un léger accent africain, c'est à dire qu'elle roule légèrement les "r" et qu'il lui arrive d'employer des expressions vieillottes des premiers temps des colonies. Si vous l'entendez se plaindre du "cortège" (embouteillages) ou des "gavroches" (vagabonds), c'est qu'elle retrouve son petit côté comorien ; Quand Lamia est énervée, elle préfère faire la fière et insulter la terre entière en comorien. Une chance que personne ne la comprenne, Mtsssss. Si son regard s'enflamme et ses lèvres se retroussent, un seul conseil : fuyez ! ; Lamia boit du thé aux gingembre. Mais attention, pas des petites doses de fillettes, non ! Des vraies doses de bonhommes avec une racine quasi entière ; Elle mange pimentée et se fait envoyer du poutou par chauve-souris (comprenez qu'une chouette risque de mourir de chaud au cours du voyage avec son tas de plume sur le dos)

Genie in a bottle: Trumba

Physique: Trumba emprunte les traits d'une sorcière dont elle a réussi à obtenir le nom. Si elle a immédiatement apprécié le visage de sa nouvelle forme, c'est plutôt sur les rondeurs pour le moins voyantes qu'elle a complètement craqué. Non fière de les mettre en valeur même si souvent avec très mauvais goût, elle avance la tête haute aux côtés de Lamia. Son physique est matière à expérience : elle change tout, tout le temps, de la longueur et de la couleur de ses cheveux, au maquillage et bien sûr aux vêtements. Quitte à être bloquée sur terre, autant le faire avec classe.

Caractère & Comportement: Vous croyiez que Lamia était une peste ? Elle ne serait rien sans son professeur attitré nommée Trumba. Son djinn est la queen du franc parlé et de la nonchalance. Elle observe et surtout...SURTOUT...elle critique TOUT ! Cependant, elle n'aime pas les ragots, non, elle vaut beaucoup mieux que ça. Echanger avec d'autres qui ne la méritent pas, ça la fait soupirer de dégoût. Et puis, pourquoi parlerait-elle des petits secrets des autres puisque aucun être n'est digne de son intérêt ? Elle s'occupe seulement de sa petite maîtresse, Lamia, parce que ça lui fait passer le temps. Et encore, elle lui envoie parfois un simple "Vu les sacs à patates que tu fréquentes, au moins tu ne feras pas tâche !" quand la jeune fille lui demande si elle est présentable. Trumba est assez faignante et traîne exagérément des pieds quand on l'appelle.

Relation: Lamia et Trumba se supportent assez bien, malgré l'instinct de tueuse du djinn. Leur proximité est sûrement due à l'éloignement de leurs terres habituelles et elles se réconfortent l'une l'autre en comparant les habitudes africaines à celles françaises. C'est ce qui les rend aussi proches. Et puis Trumba apprécie franc parlé de Lamia. Elle sent qu'elle peut en faire une bonne petite recrue. De quoi foutre un bon coup de pied dans cette grosse fourmilière de petits occidentaux trop coincés.

Origines et récit de vie: On raconte que dans les îles de l'Océan Indien, les djinns vivaient en harmonie avec les hommes et n'étaient utilisés qu'en de rares occasions. Contraints d'aucune manière, une fois invoqués, leurs maîtres leur laissaient la liberté limitée dont ils pouvaient disposer. Les sorciers liaient donc leurs destins à ceux des djinns et ensemble, tout semblait aller bien. Malheureusement, la religion, force que s'approprièrent les non-sorciers, causa la perte de la magie. Il devint en effet mal vu d'être sorcier et encore plus de se lier à un djinn. Les morts suspects (ou non) commencèrent à effrayer le peuple qui accusa les djinns d'assassins plutôt que de main de la destinée. Devenir sorcier même fut mal vu et beaucoup n'usèrent plus de leurs pouvoirs, mis à part certains mages qui continuèrent de pratiquer magie blanche ou magie noire. Trumba, dans tout ça, accompagna les sorciers jusqu'au XVe siècle, et ne fut plus vraiment convoquée par la suite. Certains essayèrent plusieurs fois, plus pour faire du mal que pour faire le bien, mais les pratiques et les enseignements ayant disparu, les invocations ratèrent assez régulièrement, ce qu'elle ne put qu'apprécier.

Première invocation: Lamia avait du mal à s'habituer au froid mais elle posa tout de même ses genoux à terre, puis ses mains sur ses genoux avant de respirer posément. Un vague trouble commençait à l'envahir et elle aspira profondément. Elle remit de l'ordre dans ses idées pendant quelques secondes et, une fois l'enchaînement des étapes bien en tête, elle rouvrit les yeux et commença à prononcer l'incantation.

Autour d'elle, tout était silencieux. Les flammes des bougies chancelaient doucement mais aucune ne menaçait, pour le moment du moins, de s'éteindre. Les mots passèrent ses lèvres. Lentement, posément, comme si elle voulait être certaine de tout faire correctement.
Quand les murs commencèrent à trembler autour d'elle, elle fut décontenancée un court instant, prise de la peur d'avoir mal fait. Voyant que ce n'était qu'un moyen de la faire flancher, elle reprit son courage et termina bien fort et plus distinctement, comme si elle s'en voulait d'avoir eu un court moment de faiblesse.

Une forme, ou plutôt un cul, apparut, ainsi qu'une longue chute de cheveux noirs qui descendaient aux pieds de l'entité.

Que me veux-tu "humain" ? Marmonna le djinn dont la main exagérément baguée était posée sur sa hanche.
Je souhaite que tu me dises ton nom. Dit-elle très posément sans se défaire de son aplomb.
Le djinn se retourna vivement et la dévisagea longuement d'un air mi-déçu mi-dédaigneux. Puis il finit par lever les yeux au ciel et par croiser les bras sur ses gros seins. Trumba. Faudrait peut-être que tu relises tes fiches ma jolie.
Lamia eut un petit sourire conquis et Trumba ouvrit grand la bouche, l'air indigné. Qu'est-ce qui te fait sourire, petite maline ? Tu te crois drôle avec ton air de vache hébétée ? Bon. Renvoie moi chez moi maintenant. On se recontacte plus tard.

Lamia se permit de lui faire exécuter quelques ordres (notamment celui de danser à l'africaine sans musique) avant de se plier à son souhait.

Pseudo: SURICATE. Age: 25 ans maintenant Où avez-vu connu DJ? Je l'ai connu, il était encore à l'état d'embryon.  Autres comptes? Non, plus maintenant Une remarque ? Sem Celui là m'avait manqué Un mot pour la fin ? J'ai la peau couleur pétrole donc tu connais ma richesse, beaucoup trop loin sont mes Comores, donc tu connais ma tristesse...

Djinn Jinxed


Dernière édition par O. Lamia Benfazal le Ven 25 Mai - 18:05, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora   Mar 22 Mai - 11:28


un titre à ton histoire
Une petite citation

Lamia est la fille d'une famille de cinq enfants. Si son père, Fazal Athoumani, est déjà père d'un garçon après une première union, c'est auprès de Salomé Papillon, une médecin française, qu'il décide de faire véritablement sa vie. Ensemble, ils donnent donc respectivement naissance à Mkaya, Fazal (oui, Fazal Benfazal, encore une idée du paternel, ça !), Lamia, Loubna et Benaïm.
Notre jeune sorcière grandit à Mvouni, près de Moroni, la capitale de Grande Comore. C'est là-bas que ses parents ont acheté un terrain afin de quitter le brouhaha des taxis de la ville. Sa famille paternelle, par contre, vit dans le quartier de Badjanani, l'un des plus illustres de la capitale, donnant pile poil sur le port aux boutres. De là, on peut apprécier le coucher du soleil alors que les trois mosquées de la ville entament leur 4e appel de la journée.
Lamia ne connait que trop bien ce quartier pourtant tortueux. C'est ici qu'elle court avec ses amis et qu'elle s'amuse à dompter la pluie quand la saison humide fait son apparition. Tous les deux jours, si ce n'est tous les jours, elle part rendre visite à ses grands parents et à son oncle malade dans ce quartier si célèbre.
La famille de son père est l'une des plus anciennes de Badjanani. C'est ce qui en fait aussi l'une des familles les plus respectées. Son père a également cinq frères et soeurs qui l'ont, à deux reprises, reniés. La première fois, parce qu'il avait eu un enfant hors mariage et la deuxième, parce qu'il avait fait le choix d'épouser une blanche. Le malaise fut cependant brisé lorsqu'il décida de faire un grand mariage digne des grandes familles comoriennes. La fête fut somptueuse et on ne put plus jamais rien lui reprocher, ni à lui, ni à sa femme.
La famille Papillon, en revanche, ne prit pas cette nouvelle de bon coeur. En effet, leur cadette avait quitté la France pour partir à l'aventure. La nouvelle fut difficile à digérer. Quand ses parents apprirent qu'en plus elle s'était acoquinée avec un noir (Anicet Papillon employa plutôt le mot nègre même), sa mère fut au bord de la crise d'apoplexie. Il ne manqua plus qu'à annoncer la nouvelle du mariage, qui devait se faire, bien entendu, selon la tradition musulmane pour que et son père et sa mère la renient complètement. Si écrire à leur fille ne leur apportait que de mauvaises nouvelles, autant arrêter d'écrire... Mais cinq bonnes nouvelles arrivèrent quelques années plus tard, accompagnées de photos, qui les poussèrent à revoir leur jugement.

Dans la famille Benfazal, on vit bien. Il faut dire que Salomé est embauchée par la France et renouvelle tous les quatre ans ses contrats. Fazal, lui, touche un peu à tout. C'est lui qui s'est occupé de bâtir la magnifique maison blanche dans laquelle ils habitent. Fazal n'a pas fait d'études, ou très peu. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il n'a pas étudié au lycée puisqu'il n'a jamais quitté son île. C'est Salomé qui l'a fait véritablement voyagé. Elle lui a appris l'anglais et ensemble, pour leur lune de miel, ils sont partis pour Nairobi. Par contre, il n'est jamais allé en France et ne souhaite pas y aller. Salomé en fait si bien la critique qu'il ne voit pas du tout l'intérêt d'y foutre un orteil.
La maison qu'ils occupent est blanche et un grand jardin sauvage s'est déployé tout autour. On y trouve des fruits de la passion, des papayes, des citrons et des ananas. Au fil des naissance, la maison s'est agrandi et un deuxième étage a fait son apparition. Contrairement aux maisons environnantes, celle des Benfazal est en dur. Nulle trace de taules ondulées ou de terre sèche. Le père se plait à repeindre la façade à chaque Aïd.

En ce qui concerne la religion, tout le monde s'est vu plongé dedans. On ne mange pas de porc, on ne fréquente pas de garçons après l'apparition des règles et on fait le ramadan quand on est en âge de le faire. Le culte que la famille pratique est cependant bien plus modéré que dans d'autres pays. En effet, Lamia n'a jamais porté le voile ou se contente d'habiller ses cheveux de fichus bariolés selon le temps, elle ne fait pas les cinq prières et tombe amoureuse environ tous les cinq jours des corps musclés qui passent devant chez elle, les épaules gonflées par le poids des bidons d'eau. La faute à son père aussi, qui s'est marié avec une catholique, qui a eu un enfant hors mariage, qui fume et boit de l'alcool quand l'occasion le lui permet. Il ne fait même pas la prière et préfère les T-shirts blancs tâchés de peinture aux kandous immaculés !

Hachim avait les yeux qui pétillaient d'une malice mystérieuse. Fils de Zaifa, la vendeuse de vêtements de Badjanani, il avait grandi sans son père biologique et avait du supporter les caprices d'un beau-père trop religieux qui l'avait forcé à aller à l'école coranique. Lamia avait grandi avec lui et ensemble, ils allaient se baigner dans le port aux boutres, quand les bateaux de pêche partaient pour la journée. Après cela, ils allaient manger chez la grand-mère de la petite fille qui avait un don pour préparer tous les mets comoriens. Quand il était en compagnie de Lamia, il faisait le coq et attirait souvent son amie dans des disputes de garçons. Il avait la langue fourchue et ce petit brin de malice qui ne plaisent guère aux aînés. Mais quand il était chez la petite fille, il n'ouvrait la bouche que pour manger et semblait courber l'échine à chaque passage de la vieille femme.
Pour une raison qu'elle ignorait, Lamia l'aimait bien, il représentait toute liberté en laquelle elle croyait. Il était insolent et indestructible et elle le regardait comme s'il avait s'agit d'un dieu marin. Son corps d'enfant laissait déjà entrapercevoir de fins muscles qu'elle imaginait devenir bientôt bien plus imposants et bien plus réconfortants que ceux actuels. Parfois, quand le soleil commençait sa noyade, ils s'asseyaient l'un à côté de l'autre, leurs genoux osant à peine se toucher.

A l'un de ces fameux coucher de soleil, il s'était tourné vers elle et elle avait ouvert grand les yeux, comme prise d'une panique sourde. Il avait soupiré et avait froncé les sourcils pour prendre un air déterminé. Lamia, un jour, tu seras ma femme. Aujourd'hui, nous n'avons que dix ans mais je t'assure que je demanderai à ton père pour t'épouser. Lamia n'avait rien dit mais son coeur avait bondi dans sa poitrine et son genou s'était éloigné de celui d'Hachim. Il s'était mis à rire et à se balancer d'avant en arrière en tournant son regard vers la masse rougeoyante en face d'eux Tu sais, je serai un bon mari, je ne t'abandonnerai pas. Et puis, on aura plein d'enfants. Des qui seront plus sages que nous. Lamia avait souri intérieurement et avait tourné son regard vers le même point. Elle y songea également, à ses enfants, à Hachim, à cette vie qu'elle pouvait espérer avoir. Néanmoins, elle savait, sans lui avoir dit, qu'il faudrait repousser leurs plans à plus tard, à une autre vie peut-être. Sa mère lui avait annoncé une semaine auparavant son départ pour la France où elle retrouverait ses grands-parents maternels.

La première impression qu'elle eut de ce pays fut l'étrange chaleur qui se dégageait du soleil. Contrairement aux îles de la Lune, l'astre semblait assécher la peau et la gorge. Et dire qu'on que l'on disait ses terres exotiques... elle comprendrait cependant bien vite que l'hiver occidental n'avait rien de celui qu'elle avait toujours connu.
Son voyage avait duré près de deux mois et, seule en compagnie d'un cousin fatigué, elle avait subi les remous de la mer dans un silence pétrifié. Ses valises étaient entreposées dans les cales et il ne lui restait plus d'un petit baluchon où quelques sucreries étaient cachées égoïstement de la vue du cousin.
Dans ce navire, il n'y avait quasiment que des hommes et quasiment que des adultes. Quelques femmes enceintes ou accompagnées de leurs jeunes bambins fixaient les murs des cabines d'un air vide, ne bougeant parfois qu'un genou ou se balançant mollement. Elle eut tôt fait de s'en faire des amies. En même temps, Lamia ne pouvait qu'inspirer la sympathie ou la pitié si loin de sa famille. Néanmoins, trop fière pour entendre des "meskin" à tour de bras, elle ne dit rien sur son histoire et sur la vie qu'elle allait mener à présent.

Elle ne reconnut tout d'abord pas les visages qui devaient l'accueillir comme eux ne la reconnurent pas. Elle était trop petite et les noirs se serraient devant elle comme pour la cacher de ce monde trop blanc. D'ailleurs, c'est la deuxième chose qu'elle remarqua en débarquant à Saint Nazaire. Les blancs. Et leurs drôles d'accoutrements. Alors que sur son île, on aimait les tissus bariolés et ensoleillés, ici, on optait pour du monochrome ou du bicolore. Les coiffures n'était pas non plus à la mode africaine et aucune femme ne semblaient tresser ses cheveux comme ils le faisaient là-bas. Ses yeux fouillèrent la foule mais son regard se perdit dans cette masse. Tous semblait se ressembler. Puis, une femme se précipita vers elle avec un sourire rempli de joie. Ma puuuuce ! Comme tu es joliiiie Lamia l'a regarda sans comprendre alors que cette belle femme la portait déjà sur la hanche. Tu ne me reconnais pas ? Je suis ta tante Elisabeth. Mais tu peut m'appeler Zaza A bien y regarder, elle crut reconnaître le visage de sa tendre mèr. Ses yeux se plissèrent et ses bras s'ouvrirent pour enlacer, dans une pudeur et un besoin d'amour nettement visible, l'échine de sa tante.

Si elle croit qu'elle peut nous refiler tous les démons de la terre... Madame veut faire de l'humanitaire et repeupler la planète avec sa famille africaine, bien ! Mais qu'elle ne nous les envoie pas tous en France. Tu verras que dans un an ou deux, ce seront un, puis deux de ses petits frères qui débarqueront. Et qui les aura sur le dos pendant que Salomé partira en vacances avec son noir ? C'est moi ! Et puis toi aussi Raymond ! Lamia n'entendait rien. Elle dormait paisiblement sur les genoux de sa tante tandis que cette dernière jetait un regard incendiaire à sa mère. Voyons, tu sais très bien pourquoi Lamia est parmi nous. ça n'a rien à voir avec une invasion comorienne. Elle va dans un institut...spécialisé La grand-mère eut un soupir à fendre l'âme. Il ne nous manquait plus que ça. Après une fugueuse et une flopée de petits métisses, une sorcière !

Comme la seule à être encore un peu sorcière dans sa famille était sa grand-mère paternelle et que même elle ne connaissait pas l'étendue de ses pouvoirs, les parents de Lamia avait convenu de l'envoyer étudier à la Maison Royale de Saint Louis, là où les nés-moldus devaient se rendre à l'âge de dix ans. Là-bas, elle apprit les bases de la magie, les manières françaises et invoqua son djinn qu'elle choisit précisément pour ses origines malgaches. Lorsqu'elle était en vacances, Lamia partait chez ses grands-parents qu'elle finit par prendre en amitié. Ils avaient un cynisme qu'elle apprit à apprivoiser. Durant les grandes vacances, elle rentrait aux Comores où elle retrouvait ses petites habitudes sans pour autant retrouver sa place. Tout le monde semblait grandir et l'oublier. De la native, elle était passée au statut de je viens, ces fameux comoriens qui quittaient le pays pour vivre en France et qui revenaient au pays avec leurs nouvelles coutumes. Alors qu'en France, elle ne pouvait s'empêcher de lever les épaules d'un air dédaigneux, aux Comores, elle vantait les mérites et la qualité de vie françaises. Elle prenait un petit air supérieur qui déplaisait nettement à ses anciennes copines que la jalousie semblait ronger.

Il en fut de même lorsqu'elle eut l'âge d'intégrer la prestigieuse académie de Beauxbâtons. Si ses yeux étaient emplis d'un émerveillement notable, elle avait vite détourné le regard pour afficher du mépris. La jeune fille était boudeuse mais avec le temps, elle avait fini par se faire des amis.

Lorsqu'elle rentra au pays la dernière fois, elle était revenue pimpante, heureuse de savoir que dans quelques mois, elle aurait enfin ses dix-huit ans. Elle était devenue une femme, de celles qui ont les fesses bien bombées et les seins fermes comme des fruits mûrs. Elle était passée chez sa grand-mère et en avait profité pour faire un saut chez Zaifa, fière de ses nouveaux rajouts et de son rouge à lèvres d'un rouge outrageant. Elle cherchait Hachim.
Zaifa lui annonça qu'il allait se marier après que sa fiancée ait donné naissance l'année passée à une petite crotte aussi noire que du charbon. Son coeur se brisa sur les écumes d'une promesse et d'un espoir enfantin.
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MessageSujet: Re: Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora   Ven 25 Mai - 13:36

Une revenante ! Sem

Coucou toi, c'est une belle fiche que tu nous fais là. Gaw
Sans déconner, j'ai tout lu d'une traite, j'adore tous les petits détails que tu as su trouver - tant dans sa personnalité que dans son histoire. Chou J'en veux plusss, même si c'est déjà terminé ! Mdr (quel enfoiré ce Hachim What) Et puis je ne connaissais pas la bouille, mais wah, ça fait plaisir de voir un peu de mélanine dans le coin ! Fluff
J'ai tellement ri quand j'ai vu Trumba (Minaj, quoi Niark) j'avais sa voix en tête en lisant sa première invocation. Rwar

Bref, contente de te revoir parmi nous, avec un personnage haut en couleurs (dans tous les sens du terme Al) ! On se prévoira des liens qu'on n'a pas pu jouer autrefois. Sem


what if we were made for each other
forgot to mention we're good friends. all we do is fear. maybe it won't work out. but maybe seeing if it does will be the best adventure ever. ▬ what could possibly happen next ?


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MessageSujet: Re: Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora   Ven 25 Mai - 17:59

Merci pour tous ces gentils commentaires, Faustine chaton Heart

ça me fait très plaisir et d'avoir retrouvé de l'inspi, et d'être retournée par ici. Brille

Et puis ouais, la mélanine, c'est la vie (enfin ça change quoi Mdr )

Nicki Jean (enfin, je vais pouvoir la jouer !! Owai )
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MessageSujet: Re: Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora   Ven 25 Mai - 18:47


Baignée par le soleil de son île natale, c'est pourtant au sein de la fraîche saison d'automne, que Lamia s'épanouit. Et si l'astre brûlant semble encore parfois s'emparer de tout son être, c'est bien derrière ses valeurs et traditions, que la jeune fille se réfugie. Une différence cultivée, des envies parfois freinées… Il reste encore pour Lamia à trouver le juste équilibre entre ses deux trains de vie.

Re-bienvenue par ici ! Chou
J'ai hâte de voir ta petite en action, son histoire est en tout cas très prometteuse. Heart

Veuillez recevoir nos plus sincères félicitations pour votre sélection parmi les AUTUMNUS ! Vous voici à présent un(e) sorcier-ière à part entière de cette prestigieuse Académie et en tant que tel(le), nous vous invitons à transmettre et vérifier vos données personnelles dans les différents registres des listings. Cette section vous offrira également la possibilité de déposer des candidatures afin d'espérer décrocher un poste à responsabilité parmi les Maîtres et Délégués au sein de cet établissement ou encore de vous faire connaître de ses résidents en tant que joueur de Polo ailé. A savoir qu'il est toutefois toujours plus judicieux de participer quelque peu à la vie scolaire avant d'en faire la demande. Si cette fiche n'est pas la première, merci de bien vouloir référencer votre double compte en remplissant ce parchemin de votre plus belle plume. 

Avant de débuter le Rôle Play, n'hésitez pas à vous référer aux Points Cardinaux pour y inaugurer au Nord une Fiche de Personnage rassemblant à la fois les différents liens à nouer au cours de cette scolarité ainsi qu'une liste des récits qui en ponctueront l'aventure. L'Ouest regroupe les Bulletins des étudiants et la respectabilité des enseignants qui sont à consulter et compléter. Toutes les demandes et requêtes particulières seront à formuler à l'Est. Le Sud, quant à lui, vous informera sur toutes les spécificités que les points de vote et de RP ont à offrir dans le jeu. 

Faisant dorénavant partie de la communauté de DJ, il vous est possible de rejoindre son serveur Discord pour échanger avec les autres membres !   

Sur ces quelques mots, il ne vous reste à présent plus qu'à explorer cette majestueuse bâtisse pour que la magie puisse opérer !
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MessageSujet: Re: Lamia Benfazal | Ntso Uzine Bora   

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