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 A. Morgause d'Albon ♦ Belladona

■ Qui ne s'est jamais perdu dans l'excès de m'as-tu-vu ? ■
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Aigue Marine
A. Morgause d'Albon
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MessageSujet: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Sam 16 Juin - 0:50


Aliénor Morgause d'Albon
feat. Katie McGrath

Nom: D'Albon. Fût-un temps où il n'était pas nécessaire d'en dire plus. Malheureusement, à l'heure d'aujourd'hui, il est nécessaire de rappeler à la plèbe la signification de ce nom. D'Albon, plus qu'un nom, c'est un héritage, un patrimoine de la noblesse sorcière française. Un héritage bien vivant qui ne s'est pas éteint durant plusieurs siècles. Une lignée restait pure, intacte dans son sang comme dans ses actes. La rigueur, la droiture, la fierté. Ce sont les mots fondamentaux de cette famille et ils sont perpétués d'une génération à l'autre sans souffrir la moindre intransigeance. Voilà ce qu'est un d'Albon ! Prénom de naissance: Aliénor. Le prénom de naissance se devait d'être à la hauteur du nom de famille. Quoi de mieux qu'Aliénor ? Ce prénom a marqué l'Histoire de part son héritage. Aujourd'hui désuet, ce prénom ne cessera de rappeler la grandeur de la France. Prénom d'usage: Morgause. Ce prénom est bien moins prestigieux que son prénom de naissance, il est néanmoins digne d'intérêt. Morgause n'est-elle pas une grande sorcière après tout ? Les légendes arthuriennes, des récits mystiques emplit de gloire. C'était signe de bon augure. Généalogie: Descendante de la branche principale de la famille d'Albon. Fille unique de l'union entre Maximilien d'Albon et Coralie d'Albon, née de Brignac. Ce sont les Ducs d'Auvergne. Leur duché est basé en Auvergne. Si aujourd'hui ils n'ont plus de serf à leur services, rien ne se fait dans leur duché sans qu'ils aient leur mots à dire. Ils n'ont des comptes à rendre qu'à une personne, le Roi lui même. Ils font partit d'un monde d’élitiste et ils ne côtoient que très peu les gens du communs. Nationalité: Française, du côté paternel et maternelle, elle a de lointaines origines espagnol du côté de sa mère. Aliénor est fier de sa nationalité. Lieu et date de naissance: Elle a vu le jour au Château de Val, à Bort-Les-Orgues, une commune au plus profond de l'Auvergne. C'était un 22 janvier 1936. Aliénor est née lors d'un hiver particulièrement rude.  Statut: Divorcé. Son ex-mari, Jehan de Beaufort, a obtenu le divorce il y a de cela presque un an. Suite à l'infertilité d'Aliénor. Nature du sang: Pur, évidemment. L'héritage de sa famille. Celle-ci a toujours fait grand cas de son sang et ne le mélange pas à un sang impur. C'est une grande fierté pour eux, rare sont les familles qui peuvent en dire autant.Profession: Professeur de Potion Baguette magique: Issue de la boutique d'Hortensius Boisjolie, la baguette d'Aliénor est particulièrement grande, avec ses 31cm. Fine et rigide, elle se doit d'être manipulée avec dextérité et délicatesse. L'écrin de cyprès enserre un dard de Billywig. Une baguette très élégante.

Allégories réflexives:

► Quelle est votre opinion sur la restauration de la Monarchie Sorcière ?
Enfin ! Étant issu d'une famille des plus nobles et des plus conservatrices, cette situation me réjouis. Toutefois, dans la situation actuelle, en quoi le retour d'un roi pourrait arranger la situation française face à la menace du mage noir anglophone ? Il ne s'agit pas d'une querelle interne à l'hexagone et la situation est bien réelle. Je pense que tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut s'unir et pas besoin de roi pour ça. Quoi qu'il en soit, la démocratie est morte, vive le roi. Mais pour combien de temps ? Le mage noir chutera tôt ou tard. Et après ? Si le monarque et les nobles – dont il s'est entouré - ne veux pas rendre le pouvoir, que ce passera-t-il ?
Je crains pour le présent, car, je sais la France uni devant la menace du Seigneur des Ténèbres, mais avec ce retour à la monarchie, les tensions internes ne vont que s'accentuer avec le temps. Je crains pour l'avenir, cette situation et les prises de décisions d'aujourd'hui ne seront que source de conflit demain.
Néanmoins, j'accueille ce changement avec enthousiasme, car la République a prouvé, avec cette marche arrière, qu'elle n'était pas apte à faire face à une véritable menace. Le pouvoir n'est pas destiné à tout le monde et désormais, c'est à la monarchie en place de prouver qu'elle est apte à résoudre les conflits actuels.

► La Mise en Objet des Djinns a donné lieu à un virulent débat centré autour des notions d'esclavagisme, de liberté, de droit des créatures ou encore de la protection magique. Que pensez-vous à ce propos ?
Scandaleux! Les Djinns sont des êtres vénérables, existant depuis toujours, avec une vie sur terre qui remontent bien souvent à plusieurs siècles, voir plusieurs millénaires. Emprisonner et réduire en esclavage de telles entités et un manque complet de respect envers eux et envers tout ce qu'ils ont fait pour les sorciers par le passé. Non avons ruiné des siècles - et même plus - de traditions en quelques instants pour un besoin égoïste. C'est une situation honteuse venant de la part d'un pays dit « tolérant » . Une décision arbitraire prise dans la peur. Ce que je redoute le plus, c'est que cette procédure ne soit pas rompue une fois le Mage Noir arrêté.

► Pouvez-vous envisager que le sang puisse un jour devenir plus important que le rang sur le sol français ?
Choix cornélien. Le souci étant, qu'à l'heure actuelle, le sang devient de moins en moins pur chez les sorciers. Les croisements avec le sang impur des moldus l'ont affaiblit et aujourd'hui c'est un vrai défi que celui de garder un lignage de sang pur. C'est toutefois un patrimoine qui se doit d'être sauvegardé et je suis fier que ma famille ait pût préservé cet aspect là. Je n'ai pas d'animosité envers les nés-moldus ou même les moldus, mais nous ne sommes pas égaux. Nous n'avons pas le même héritage. Et si des instituts comme BeauxBâtons existe, c'est grâce aux sang-pur. C'est eux qui ont bâti le monde sorcier. C'est pour cela que le pouvoir de gouverner doit revenir aux sang-pur, car nous sommes plus apte à gérer le monde sorcier, vu que c'est nous qui en avons créé les fondations.

Personnalité:

Diplomate ♦️ Orgueilleuse ♦️ Travailleuse ♦️ Pugnace ♦️ Perfectionniste ♦️ Rigide ♦️ Bienséante ♦️ Rancunière ♦️ Intelligente ♦️ Cultivé ♦️ Fier ♦️ Autoritaire ♦️ Pieuse ♦️ Responsable ♦️ Introspective

Aliénor a une personnalité façonnée par les préceptes de sa famille. Toute sa vie elle a fait en sorte de ne pas déroger aux fondements de la maison d'Albon. La droiture, la fierté, la bienséance... Tout cela est un héritage.
C'est une personne calme, attentive à son entourage. Elle est du genre à rester à sa place, sans jamais prendre la parole, tout en écoutant attentivement ce qui se passe et surtout, deviner la réaction des gens sous leurs masques souriant. Plus jeune, c'était un de ses jeux favoris, cela trompait l'ennui lors des divers banquets organisé par les différentes familles nobles. Il faut savoir que l'hypocrisie est monnaie courante dans son milieu et Aliénor a apprit à la discerner. Oh, bien-sûr, elle se montre hypocrite à son tour, quand il faut rester à sa place mais qu'on demande son avis, il n'y a pas vraiment le choix. Elle sait jouer avec toutes les subtilités de l'étiquette, elle sait avec qui elle peut réellement discuter est ceux avec qui vaut mieux en dire le moins possible. Cela fait d'elle une très bonne diplomate d'ailleurs. Son caractère calme et sa perspicacité peuvent avoir raisons des caractères les plus virulents et des situations les plus complexes. Bien-sûr, elle ne peut pas toujours tout résoudre dans son milieu, l'avis d'une femme compte guère. Elle a néanmoins sa fierté, une fierté qui prend beaucoup de place. Fière et orgueilleuse. De par son statut social, certes, mais surtout par son vécu. Aliénor est quelqu'un d'exemplaire. Toute sa vie elle a fait ce qu'on attendait d'elle sans jamais dériver de ses convictions personnelles. Oui, à ses yeux, cela lui donne le droit de prendre les gens de haut quand ça lui chante. En revanche, elle n'est pas du genre à faire des scandales ou à se donner en spectacle si quelqu'un vient à lui manquer de respect d'une manière ou d'une autre. Ce n'est pas son genre. Elle préfère – et de loin – se taire et laisser parler la rancune. Aliénor est quelqu'un de très rancunière. Quand on est issue de la noblesse on ne peut pas laisser parler ses émotions, du coup, on se contient et on cultive le ressentiment en attendant le moment opportun. Une revanche bien exécuté donne un sentiment d'exaltation très satisfaisant.
Ce n'est pas quelqu'un de tyrannique pour autant. Elle est ouverte à n'importe qui, tant que cette personne la respecte. Elle n'attend pas non plus que tout le monde sache manier l'étiquette comme elle le fait. Elle est assez conciliante sur ce point. Si un roturier vient à lui parler, elle se contentera du stricte nécessaire, en revanche, si quelqu'un de la noblesse – ou pire, un bourgeois – vient à manquer à l'étiquette, elle lui en tiendra rigueur. Quoi qu'il en soit, elle est prête à donner une oreille attentive à quiconque en fait la demande. Même un né-moldu. Le sang est quelque chose de très important pour elle et si elle se sait supérieur à quelqu'un de sang impur, elle ne le considère pas comme un lépreux. Comme les nobles et leurs sujets à l'époque de la monarchie, elle traite les roturiers avec un minimum de considération. Si on veut obtenir quelque chose de quelqu'un, on obtiendra toujours de meilleurs résultats avec de l'attention plutôt que des menaces.
De plus, elle accorde de la valeur au travail. Depuis qu'elle a finie ses études, elle ne « travaille » pas vraiment, c'est indigne de sa condition, mais lors de sa scolarité, c'était une travailleuse appliquée, un peu trop même. Perfectionniste. Dans son cas à elle, c'est un véritable défaut, car elle ne peut pas faire les choses à moitié et elle est obligée d'aller au fond des choses. C'est un véritable calvaire pour son entourage et pour elle-même aussi, car elle ressent souvent cette sensation « d'inachevé » et c'est quelque chose de très désagréable pour elle.
Quelqu'un qui cherche à faire de son mieux, qui travaille avec acharnement, mérite de la considération. Que ce soit un travail noble ou pas. Elle aime ça chez quelqu'un, la combativité. Elle même est quelqu'un de pugnace, qui ne lâche jamais rien, jusqu'à l'entêtement. Introspective, elle peut néanmoins reconnaître ses erreurs. D'ailleurs, c'est quelqu'un qui se connaît très bien et qui ne se voile pas la face. Elle connaît ses défauts mais ne voit pas pourquoi elle essaierait de les changer. Elle l'assume. Comme elle assume ses responsabilités. Elle ne cherche pas à se disculper de quoi que ce soit et affronte ses erreurs sans broncher. Elle s'attend à ce que les autres fassent la même chose, car il n'y a rien de plus lâche à ses yeux, que quelqu'un qui ne s'assume pas.
Aliénor est aussi quelqu'un de très pieuse. Elle prie souvent Dagda, le dieu-druide et elle admire Tlachtga, une puissante druidesse. Sa croix celtique est l'objet où réside Wlademaar mais c'est aussi son objet de dévotion.
Le sport est aussi quelque chose de très important pour elle, ça lui permet de décompresser et de se défouler. C'est une personne qui, de par sa position sociale, emmagasine beaucoup de frustration et d'énervement. Elle a pratiqué la danse dès son plus jeune âge et ce jusqu'à la fin de sa scolarité. Le Polo ailé aussi faisait partie de ses activités, mais elle n'était pas vraiment douée, les sports collectifs ce n'est pas pour elle.

♦️ Un court résumé: Au quotidien, Aliénor est quelqu'un de discrète. Elle n'est pas bavarde non plus, mais pas taciturne pour autant. Si vous lui parlez, elle ne cherchera pas à abréger la conversation sauf si vous manquez d'intérêt à ses yeux ou que vous avez des manies agaçantes. C'est quelqu'un de très rigide, qui ne pardonne pas les écarts de conduite. Fière et orgueilleuse, elle fait grand cas de sa personne et elle peut se montrer cassante sans raison particulière. Doté d'une autorité naturelle, elle est tout de même du genre à instaurer le respect et le calme. Elle aura aussi tendance à vous reprendre si vos manières laissent à désirer.
Ce n'est pas la personne avec qui on aimerait passer du bon temps, elle est loin d'être une personne « amusante » et ce n'est pas demain que vous la verrez plaisanter. Ou alors, c'est du sarcasme dont quelqu'un sera forcément victime. Ce qui est dommage, car c'est quelqu'un de très cultivé, avec des connaissances sur de nombreux sujets. Intelligente, elle est d'une grande vivacité d'esprit et peu de choses lui échappe.

♦️ Les Indiscrétions du Joueur:  
Aliénor est végétarienne. En résonance avec ses croyances, elle croit à la réincarnation. La viande est donc quelque chose de proscrit chez elle. Néanmoins, elle mange du poisson.
Autrefois sportive, elle s'est repliée aujourd'hui vers des activités plus calmes. Elle pratique notamment le piano avec habileté et essaie aussi de chanter, mais malheureusement elle n'est pas talentueuse pour ça. Elle pousse la chansonnette quand elle fait ses potions et quand elle est sûre qu'il n'y a personne pour l'entendre. À vos risques et périls de vous moquer d'elle si vous l'entendez un jour.
Maniaque. C'est quelqu'un de très carré. Rien ne doit dépasser. Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose. C'est insupportable pour elle de voir du désordre. Plan de travail, chambre ou même à table.
Phobie. Aliénor est hydrophobe. Elle ne supporte pas de se retrouver immerger. Pas de bain pour elle et la seule quantité d'eau qu'elle tolère, c'est celle de son chaudron. C'est pour cela d'ailleurs, que vous ne verrez jamais de très grands chaudrons à son cours et que même le plus grand n'est remplie qu'à moitié.
Aliénor souffre de vaginisme. Sujet particulièrement délicat pour elle, dont personne n'est au courant, en dehors de son ex-mari. La sexualité est un sujet qu'elle connaît parfaitement en théorie. Mais en pratique, elle n'est vraiment pas au point. Ce manque de confiance en elle, qui parfois s'est transformé en peur, a entraîné ce qu'on appelle un vaginisme partiel. Toutes tentatives avec son ex-mari a été une expérience douloureuse pour elle et pour lui. Ce n'est toutefois pas une situation irrémédiable, mais ses expériences passées l'ont complètement refermé sur elle-même à ce sujet.
Aliénor est gourmande. Sa rigidité et son physique laisse difficilement penser que c'est une personne portée sur la nourriture et pourtant. Son truc, c'est le sucré. Le soir en lisant un livre ou en travaillant sur des potions, elle peut très bien se manger une plaquette de chocolat. C'est quelque chose qu'elle ne peut pas assumer ouvertement. En public elle se contient et vous ne la verrez jamais se prendre une grosse assiette de gâteau, mais lorsqu'elle est seule elle s'en donne à cœur joie.

Genie in a bottle: Wlademaar

« T'es-tu décidé ? »
« Celui-ci père. »
« Pourquoi ? »
« Son nom m'intrigue plus que les autres. »
« Mh, je vois. La curiosité donc. Bien. Quoi qu'il en soit tu as fait un bon choix. Wlademarr. Un Djinn invoqué pour la première fois en Europe de l'est, il a participé à de nombreux conflits. La seule chose que nous savons sur son premier invocateur, c'est que c'était un sorcier Magyars – hongrois si tu préfères. Wlademaar a été invoqué pour la première fois vers l'an 850. Il a mené bien des batailles mais, il est connu principalement pour avoir combattu les vampires en Transylvanie durant près de trois siècles. D'où son surnom, Wlademaar le Noctambule, car il passait ses nuits à la traque de vampire.
C'est une personnalité atypique. Le sarcasme est ce qui le caractérise le mieux et il manipule les mots avec une grande habilité. Toutefois, si tu le traites avec déférence, tout devrait bien se passer. Surtout, montre toi ferme.
»
La petite fille avait bu les paroles de son père et avait même prit des notes, comme à son habitude.
« Bien père. »
« Demain sera un grand jour. Tu t'es préparé pour cela, tout devrais bien se passer. Juste une chose que tu ne dois pas oublier. Les Djinns ne sont ni des animaux, ni des esclaves. Nos ancêtres druidiques les traitaient avec respect, nous devons faire de même. »
Aliénor s'inclina et remercia son père pour les conseils prodigués. Elle fila vers sa chambre pour se préparer à l'invocation du lendemain.

Le froid. Le froid étreignait la petite fille mais celle-ci n'en avait que faire. Le regard dur et déterminé, elle bouillait littéralement à l'intérieur. Elle regardait la petite chauve-souris qui voletait dans son pentacle en faisant de petites acrobaties.
« Je me présente, je m'appelle Morgause de la maison d'Albon. »
La chauve-souris continuait de faire des pirouettes sans se soucier de la jeune fille.
« Je suis enchanté de vous rencontrer Wlademaar. J'ai eu vent de vos nombreux exploit par le passé, toutefois j'aimerais en apprendre plus sur vous, si vous le permettez.»
« Je vois que j'ai affaire à une enfant fort bien éduqué. C'est un bon début. Toutefois, il ne me sied guère t'accéder à ta requête. »
La petite fille essaya de cacher sa surprise. Elle devait se montrer respectueuse, mais ferme et si le Djinn refusait de se montrer conciliant, cela allait être un vrai casse-tête.
« Wlademaar, permettez-moi d'insister. Je n'ai pas envie d'ordonner quoi que ce soit à un Djinn millénaire. Je sais bien que je ne suis qu'une petite fille à vos yeux, je suis néanmoins votre invocatrice. »
« Tu essaies de jouer la corde sensible. C'est amusant. Je me gausse.»
La chauve-souris s'accrocha au lustre et resta à fixer la petite fille quelques instants.
« Je vois que sous tes aires de petites filles modèle, tu as l'air déterminé et je sens l'impatience te gagner. Tu as encore beaucoup à apprendre petite fille. Le petit air de sainte-nitouche que tu offres à tes parents ne prends pas avec moi. »
« Il suffit ! Taisez-vous ! Je ferai appel à vous plus tard que vous le vouliez ou non ! Mane Wlademaar ! »

Les invocations qui suivirent furent toutes plus compliqués les unes que les autres. Wlademaar était retors, il profitait du fait qu'Aliénor ne savait pas jongler entre respect et fermeté. Aliénor cacha la vérité à ses parents en disant que tout ce passait bien avec le Djinn. Il ne faudra pas moins d'un an et de très nombreuses invocations pour qu'Aliénor arrive à trouver un équilibre avec Wlademaar, entre fermeté et déférence.
Leur rapport s'améliora avec le temps. Wlademaar appréciait surtout le fait que Morgause ne l'invoque que rarement. Quant à Aliénor, elle appréciait le côté sarcastique et cynique du Djinn mais elle ne l'invoquait qu'à de rares occasions car elle savait que ce n'était pas très confortable pour un Djinn de demeurer dans une enveloppe physique et dans un monde qui n'est pas le sien.


Pseudo: Joker Age: 26 ans Où avez-vu connu DJ? Alan  Brille  Autres comptes? Nope Une remarque ? C'est beau et en plus y a des génies  Huhu Un mot pour la fin ? Enfantée du monde elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi, de vous ♫

Djinn Jinxed


(c) astra;
—  La noblesse du maître ennoblit le valet.@ Augusta Amiel-Lapeyre


Dernière édition par A. Morgause d'Albon le Jeu 28 Juin - 18:57, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Sam 16 Juin - 0:51


Port-altier est faux semblant
Un bon poison commence par de bon ingrédients

J'ai toujours aimé écrire. Jusqu'à mes 15 ans, j'ai même tenu un journal. Je n'étais pas très portés sur la poésie ou le théâtre, ce que j'aimais, c'était écrire des récits, du genre roman. Cela me permettait de m'évader, de m'inventer une vie en dehors du château dans lequel j'ai grandi. Druidesse et sorcière talentueuse, je me retrouvais dans ces héroïnes. C'était mon jardin secret. Excepté Wlademaar, même si ça ne l'a jamais vraiment intéressé, personne n'était au courant. Quoi qu'il en soit, je ne pensais pas devoir écrire sur moi un jour et surtout, être lu. Je n'ai rien d'une héroïne et ce récit sera sûrement ennuyant. Mais il sera vrai.

Je suis née en 1936. Lors d'un hiver particulièrement rude. Mon père m'a même dit que le vin à la cave avait gelé et que le château était particulièrement difficile à chauffer. Je n'ai pas succombé au froid pour autant. C'est au Château de Val, dans le Cantal que j'ai grandi. Une zone rurale où il y avait bien peu de curiosité pour une petite fille. Je sortais très peu de chez moi, il y avait un parc suffisamment grand dans lequel je passais l'essentiel de mon temps et un lac où je pouvais me baigner l'été. C'est tout de même un bel endroit où grandir.
J'ai également connu la seconde guerre mondiale moldu, même si nous étions très peu concerné. Je crois savoir que père a barricadé le château à l'aide de sortilège repousse-moldus. Il n'était pas rare d'entendre le bruit des armes moldus. Dans la région reculée où nous vivions, des maquisards s'entraînaient non loin de chez nous. Je me rappelle, à chaque fois que j'entendais ces bruits de détonations je partais me réfugier dans le château. J'étais impressionnable à l'époque.
Une fillette entourée d'adultes, voilà ce qu'a été mon enfance. Père, mère, l'intendant et une servante. J'avais aussi un précepteur qui me donnait cours cinq jours par semaine.
J'ai grandi dans un milieu bien particulier aux pratiques désuet. Celui de la noblesse. Pas la petite noblesse, ni les bourgeois qui se font passer pour ce qu'ils ne sont pas. La haute noblesse. Le nom d'Albon remonte au moyen-âge, Duc d'Auvergne depuis près de 1000 ans. Nous sommes, à l'heure actuelle, une des plus anciennes familles et une des seules à conserver un lignage de sang-pur. Ma famille est conservatrice, traditionaliste. Je sais que notre façon de vivre en fait sourire certains, mais nous entretenons un mode de vie, avec les traditions qui l'accompagnent. Nous entretenons l'image de la France à son apogée ! Vaut mieux ça que de s'adonner au modernisme et à ses pratiques grossières, voir sauvage !
Mon éducation a été prit en charge dès mes cinq ans par un précepteur. C'est lui qui se chargea de mon éducation jusqu'à mon entrée à BeauxBatôns. J'ai eu une éducation particulièrement complète. Que ce soit sur les matières sorcières comme non sorcière. J'avais aussi droit à des leçons de gaélique et de latin. Mon enseignement druidique était aussi quelque chose d'important pour moi, depuis mon enfance je prie nos ancêtres druides. Ce que je préférais le plus, c'était les potions. Sans baguette magique, mon apprentissage était purement théorique, les potions étaient la seule pratique que j'avais. J'ai adoré ça ! De manière générale, j'ai toujours aimé apprendre et sans ce précepteur qui occupait mes journées, je me serais beaucoup ennuyé. La danse aussi était quelque chose que j'affectionnais beaucoup. Ce que j'aimais particulièrement, c'est que cette activité c'est mère qui me l'enseignait.
Mère, Coralie d'Albon, née de Brignac, est une personnalité que je qualifierai d'assez triste. Bien-sûr, enfant je ne le voyais pas comme ça, mais avec du recule, c'est ce qui la qualifie le plus. Elle est éduquée, mais manque énormément de conviction personnelle. Toutefois, je ne lui en veux pas. Marier à mon père et à sa personnalité écrasante, mère s'efface complètement. Les seules fois où elle souriait vraiment, c'est quand je dansais avec elle, loin de père.
Père, Maximilien d'Albon, Duc d'Auvergne depuis la mort de grand-père. Un titre qui ne voulait plus dire grand-chose jusqu'à aujourd'hui. C'est quelqu'un de particulièrement dur. Mon côté rigide, intransigeante, c'est tout lui. Père est très fier de sa position sociale et il s'insurge fréquemment envers cette démocratie, envers la bourgeoisie qu'il a en horreur et envers les familles nobles qui s'acoquinent avec des familles de basses engeances. C'est donc vers nous, sa famille, qu'il tourne sa frustration en se montrant le plus irréprochable possible. Heureusement que j'étais une fillette sage et appliquée, cela ne m'a pas toujours évité les punitions. Père, n'était pas du genre à faire copier des lignes. La punition la plus récurrente était de me mettre à genoux sur une règle en bois. Je ne lui en voulais pas pour ça. Il a été éduqué ainsi et je n'en suis pas morte, bien que je n'en garde pas de bon souvenirs. Ce que je reproche le plus à père, c'est son manque de considération. S'il était le premier à me donner des punitions, il était aussi le dernier à reconnaître mes efforts et mon application au quotidien. De plus, il ne parlait pas beaucoup, si ce n'est pour médire sur la société ou pour donner une leçon à mère ou moi-même. L'ambiance au château était plus légère quand père était à la capitale pour siéger au Conseil des Pairs. Mais il revenait toujours trop tôt.
Une des rares fois où il a prit du temps pour moi, c'était pour m'aider à l'Invocation Première. Il tenait lui-même à m'apprendre tout ce que je devais savoir sur les Djinns et savoir comment en invoquer un.

Évidemment
, je m'étais longuement préparé à l'invocation de Wlademaar. Au Château nous avons une chapelle destinée à rendre hommage à nos ancêtres, mais aussi aux invocations. J'ai méticuleusement tracé le pentacle au sol plusieurs fois pour bien m'y préparer. Ne jamais rien laissé au hasard !
L'invocation fut un moment particulièrement intense, Wlademaar m'obligea à sortir de mes gonds. Je l'ai vécu comme une défaite. Je n'ai toutefois pas baissé les bras. Le temps de trouver un équilibre fut long. Wlademaar est un Djinn retors aux humeurs changeante. Au bout d'un an, après de nombreuses, très nombreuses, invocations, il s'est montré plus communicatif et plus collaboratif. Toutefois, rien n'est acquis et même aujourd'hui, Wlademaar aime montrer qu'il a une volonté propre - davantage depuis la mise en objet, mais on y viendra plus tard.
J'ai désormais dix ans, une baguette et un Djinn. C'était une journée particulière pour moi. Après l'invocation réussit, j'ai pris un portoloin pour aller acheter ma baguette dans l'Atelier de Boisjoli. Je sortais très peu du château à l'époque. Mon père se faisait discret. Il avait une place au Conseil des Pairs, mais c'était le seul à sortir de manière régulière. Les seules fois où nous sortions en famille, c'était soit pour la Coupe de France de polo ailé ou lors d'événement culturel qui mettent en avant les traditions ancestrales française ou autres manifestations rendant hommage aux druides. À chaque fois, je devais me montrer particulièrement sage, sourire et me montrer respectueuse. Bien-sûr, père, se devait de me dicter les consignes à chaque fois. À 5 ans, comme à 15. Même lorsque nous étions invités par une autre famille de notre rang, je ne pouvais pas me mélanger aux autres enfants comme je le voulais. Si nous ne faisions pas du point de croix, colin-maillard ou si nous ne jouions pas à la dînette, père décrétait que ce n'était pas approprié. Hors de question de faire une cabane ou simplement de chahuter avec les autres enfants. Je me rappelle encore mère me répétait 15 fois de faire attention à ma robe. Il m'était impossible de sortir de table avant la fin, même à 12 ans, pour rejoindre les autres enfants et quand c'était des banquets, ce n'était pas marrant.
Plus jeune je me pliais sans broncher aux décisions de père, mais dès que je suis rentré dans l'adolescence, ses manières m'agaçaient au plus haut point. Je faisais néanmoins bonne figure et je ravalais mon amertume. Si je m'étais rebellé, il m'aurait traité de « sauvage » ou de « souillonne » et je ne voulais pas lui donner cette satisfaction. Je me contentais de sourire appuyé qu'il interprétait parfaitement. Mais que pouvait-il faire ? Après tout, j'étais irréprochable, non ?
J'attendais l'entrée à BeauxBâtons avec impatience. La patience n'a jamais été ma plus grande qualité et la vie dans ce château me rendait folle. J'aime ce château, j'aime mon mode de vie, je voulais juste, plus de liberté. J'étais une enfant qui ne bougeait pas, calme, assidue, irréprochable et j'avais l'impression d'être puni malgré tout. Ce sentiment d'injuste me frustrait au plus haut point et il n'était pas rare que j'aille dans la chapelle pour hurler ma frustration et pleurer. Cela soulageait. J'ai toujours trouvé cette chapelle apaisante. J'y passais beaucoup de temps, pour prier ou pour lire. C'était un des seuls endroits où j'avais la paix. Les potions aussi étaient un bon exécutoire. Cela m'absorbait et j'en ressortais les idées plus claires. Ou bien la danse que je pratiquais seul par moment, c'était un bon moyen pour décompresser.
La veille de mon départ pour BeauxBâtons, forcément, j'ai eu droit à un long discours de père. Que ce soit sur mon travail scolaire, sur mon comportement, sur ma prestance, sur mon rang, sur mes devoirs envers ma maison, sur mes devoirs envers l'école, ne pas oublier de rendre hommage à nos ancêtres, ne pas oublier mon rang, ne pas côtoyer n'importe qui, ne pas fréquenter les garçons … J'ai eu droit à un sermon interminable. Bien-sûr, impossible de dire quoi que ce soit, je n'avais qu'à acquiescer en silence. Ce n'était pas grave, dès le lendemain, je partais !

Ces dix années à BeauxBâtons agirent sur moi comme un véritable baume apaisant. Inutile de dire qu'après quinze ans de vie de château sans la moindre indépendance, me retrouver loin de chez moi, loin de mon père, c'était une libération.
Remarquez que ceci est mon ressentit maintenant. Mes débuts à BeauxBâtons furent compliqués. Je changeais complètement de monde. Je me retrouvais à partager un dortoir avec des gens venant de tout horizon, des personnages turbulent, grossier, inconvenant... Je savais que ça serait difficile, mais j'étais loin du compte. Les premiers mois furent difficile.
Les cours n'étaient pas un réel souci. Avec un précepteur qui me donnait des cours depuis déjà 10 ans, j'arrivais avec une assez bonne avance sur les autres et de nature studieuse, je passais mon temps à étudier. Je n'avais pas de véritable amis. Mon caractère faisait fuir la plupart des élèves et les quelques personnes avec qui j'acceptais de parler, c'était principalement des gens de mon rang et même chez eux je ne faisais pas l'unanimité. Du coup, j'ai trouvé refuge dans les livres. Je n'irais pas à dire que les études furent une banalité, je me donnais les moyens de réussir, mais, ça n'a jamais été un obstacle. Mes rapports avec les professeurs aussi étaient correctes, bien-sûr, j'étais courtoise en toute circonstance. Oh, bien-sûr, je n'aimais pas qu'un professeur de basses extractions me reprenne sur mon travail - qui était parfait- mais je ne manquais jamais de respect.
Non, le véritable souci, c'était la vie en communauté. Tant de familiarité, tant de promiscuité, cela me dépassait. Comme les gens pouvaient vivre comme ça ? Où était le respect ? J'ai su dès les premières minutes dans ce dortoir que ça allait être éprouvant pour moi. Et en effet, ce le fut. Je n'étais pas venus à BeauxBâtons pour me faire des amis, je savais que je ne pourrais pas me mélanger aux autres à ma convenance. Mais je ne pensais pas que j'arriverai à me faire détester par, à peu près toutes les personnes que je côtoyais.
Vous pensez sûrement que j'exagère. Pas du tout. Vous devez comprendre une chose : j'ai grandi reclus dans un château, les seules personnes étrangères à ma famille sont des gens de mon rang, en arrivant à BeauxBâtons, j'étais asocial. Je ne savais pas comment communiquer avec les gens et les quelques essaient furent infructueux. Ma façon de parler, mon comportement distant, je passais pour une fille hautaine et oui, je l'étais. J'étais suffisante, mais je ne le faisais pas vraiment exprès. C'était tellement naturel, puis, oui, la plupart des gens de mon âge étaient stupides. J'étais venu dans une école, pas dans un cirque. Sans m'en rendre compte, je me suis isolé. C'était une façon d'éviter les soucis avec les autres. Toutefois, je ne m'en plaignais pas. Bien-sûr, intérieurement j'étais jalouse de certaines de mes camarades de Chambrées. Une partie de moi aurait voulu se montrer aussi ouverte qu'elles, entouré d'amis, à plaisanter sans se soucier des questions d'étiquettes et de rang. Une autre partie de moi trouvait néanmoins malséant cette façon de rigoler, de parler fort, d'attirer l'attention sur soi et puis les filles se touchaient, allaient même jusqu'à échanger leurs vêtements, parlaient des garçons le soir dans la Chambrée... C'était répugnant. N'avaient-elles pas de fierté ?
La première année fut compliqués vis-à-vis des autres élèves mais j'avais trouvé le bon rythme. Je me concentrais sur le travail, je faisais quelques activités en Club notamment danse. J'en ai profité aussi pour apprendre à jouer du piano. J'ai appris à aimer la musique, mais ce n'était pas un domaine dans lequel j'excelle.
Les cours bien évidemment. Je mettais un point d'honneur à donner le meilleur de moi-même. Il y avait des matières plus intéressantes que d'autres certes, mais je les étudiais toutes avec grand soin. Les potions, en revanche, c'était mon violon d'Ingres. J'allais même jusqu'à demander du travail supplémentaire, quel livre pourrait m'intéresser... C'est avec mon professeur de potion que j'étais la plus loquace je pense.
Je côtoyais tout de même quelques érudits de la bibliothèque, je n'étais pas la seule à fréquenter ce lieu de manière excessive. Wlademaar restait toutefois mon confident et celui à qui je confiais mes doutes. Oh bien-sûr, je me confrontais souvent à ses moqueries, mais tant pis, ça me faisait du bien d'en parler et ses plaisanteries, même douteuses m'ont toujours fait sourire.

Les années qui suivirent furent plus facile. J'avais trouvé ma place et j'avais pris confiance. Cela n'empêchait pas mon caractère de restait inchangé. J'ai appris à m'adapter, à adapter mes exigences envers les autres personnes surtout. De leurs côtés, mes camarades avaient appris à ne plus faire cas de mes remarques et nos relations si elles n'étaient pas amicales étaient courtoises.
La chose qui m'a tout de même dérangé lors des années succédant la première, c'est l'intérêt que les garçons me portaient. Comme si le fait d'être un peu mieux intégré leur avait donné confiance. Je peux les comprendre, j'ai toujours été une belle femme. Cela peut paraître prétentieux, mais c'était vrai. J'étais belle, j'avais de la prestance et je ne passais pas inaperçu auprès de la gente masculine. Je sentais leur regards, mais ça c'était une chose qui ne me touchait absolument pas. Je n'ai jamais fait cas du regard des autres, peu importe leurs opinions, je suis au-dessus de ça. Des garçons, souvent plus âgés ont tentés de m'aborder. Soit. Si la personne se montre respectueuse et sa conversation intéressante, je ne vois pas pourquoi je l'enverrais sur les roses. J'en ai tout de même envoyé pas mal sur les roses en quelques minutes et les plus malins se sont épuisés d'eux-mêmes. Courtiser, entretenir une amourette ou batifoler avec des garçons, ça ne m'attirait absolument pas. Il y avait bien-sûr de beau spécimens masculin, mais ça s'arrêtait-là. J'étais issue d'un monde bien trop différent pour eux. Pour moi, une relation s'établit sur plusieurs mois, il faut être patient, ne pas se montrer trop entreprenant, être délicat... Autant dire que les garçons de ma génération avaient du mal à tout concilier et avec la présence de demoiselles plus accessibles, ils perdaient rapidement patience. Cela ne m'a jamais chagriné.
Au bout de trois ans d'études, j'ai passé les examens d'IDEAL haut la main. J'ai choisi la filière de la Médecine Magique avec pour option la promotion du patrimoine sorcier. Mes années de GRACE me permirent de m'affirmer davantage en cours. Je continuais d'étudier le tronc commun, mais les cours de spécialisations furent un défi pour moi. Après trois années relativement « facile », j'attaquais enfin des disciplines sérieuses. Cela me motivait davantage et je passais encore plus de temps à étudier. Je continuais de pratiquer la danse, vu qu'une activité extra-scolaires était obligatoire et je continuais aussi la musique. Néanmoins, je les aurais arrêtés si je l'avais pu. Cela commençait à me lasser.
C'est aussi durant ces années-là que j'ai rencontré Audrey. C'était une fille âgé d'un an de plus, dans la même filière que moi. Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai, je l'avais déjà croisé à la bibliothèque, mais nous nous n' étions jamais vraiment parlé. Vu que nous étudions les mêmes matières, nous sommes venues à nous côtoyer. Elle était introvertie et manquait considérablement de confiance en elle. Elle essayait toutefois de faire bonne figure devant moi. Elle était issue d'une famille de sang-pur mais n'en faisait pas grand cas. Scandaleux. Nous avons eu de longues conversations concernant le sang, l'héritage et la pureté. Si elle manquait de confiance en elle, une fois lancée, c'était une personne pleine de bons sens et d'esprit.
Audrey est devenue une amie. Cela ne changea guère mes habitudes. J'étais toujours aussi distante et hautaine avec les gens du communs. Il y avait juste Audrey qui faisait exception, je me confiais à elle et elle à moi. Et si nous étions amis, cela ne voulait pas dire que nous nous promenions dans le château ensemble à plaisanter. Je n'étais pas à l'aise à parler de tout et de rien avec Audrey en public. Du coup, on se retrouvait dans des endroits où on était tranquille toutes les deux. Je me rappelle qu'à l'époque ça me paraissait tellement naturelle. Sauf que ça ne l'était pas. Ce que je m'apprête à écrire est quelque chose dont même Wlademaar n'est pas au courant.
Si Audrey était aussi introvertie, mal dans sa peau, c'est parce qu'elle était gomorrhéenne. Pour moi c'était quelque chose d'impensable. Très peu portés sur ces sujets-là, je n'avais pas pensé à ça puis c'était tellement hérétique comme comportement que j'étais loin de penser trouver une gomorrhéenne dans mon entourage. Et pourtant. Comment je l'ai su ? Alors qu'on était dans un coin du parc. C'était la fin de la deuxième année pour moi, la fin de sa troisième année pour elle et nous profitions du soleil tout en parlant de notre été à venir. J'envisageais alors de l'inviter au Château de Val pour quelques jours. Mais c'était avant qu'elle m'embrasse bien-sûr. Enfin... Pour être honnête ça s'est passé un peu différemment. Disons qu'elle a approché dangereusement son visage alors que j'étais allongé dans l'herbe, elle s'est penchée sur moi ... Elle avait une lueur dans le regard, elle était particulièrement jolie à ce moment-là. Châtain clair, de grand yeux, une mine légèrement boudeuse plaisante à regarder et un très jolie sourire... Je ne vais pas dire que je ne sais pas ce qui s'est passé... Mais même aujourd'hui, ma réaction m'étonnes. Quand elle était penchée au-dessus de moi, j'ai senti mon souffle se couper et pourtant mon coeur semblait battre à toute vitesse et j'avais cette boule dans le ventre... C'est moi qui l'ai embrassée. Je l'ai juste devancé d'une petite seconde. En tout cas, ça l'a surpris, mais ça ne l'a pas empêché de me rendre mon baiser. Le temps semblait alors durer une éternité. J'avais lâché prise si rapidement... Mon coeur continuait de tambouriner dans ma poitrine, ma tête me tournait et plus surprenant, une chaleur commençait à irradier dans le bas ventre. C'est cette chaleur là qui me fit revenir à la réalité. Si c'était une sensation agréable, cela a agi comme un électrochoc. Je l'ai repoussé, j'ai ramassé mes affaires et je suis parti en courant.
J'essayais de faire bonne contenance en rentrant au château. J'avais l'impression que tout le monde me regardait, une vraie marche de la honte. Bien-sûr je me faisais des idées. J'ai couru jusqu'à ma Chambrée, puis j'ai filé dans la salle d'eau. J'ai pris une douche brûlante, comme pour me laver. J'en ai profité pour pleurer tout ce que j'avais. J'étais complètement déboussolé. Pourquoi j'avais fait ça ?
Bien-sûr, le déni me gagna et le lendemain je menaçais Audrey de ma baguette. Qu'avait-elle fait ? Quelle sortilège m'avait-elle lancée ? Quelle potion avais-je bu à mes dépends ? J'étais folle de rage, envers moi-même évidemment, mais je ne le savais pas à ce moment-là.
En tout cas, notre petite dispute n'est pas passé inaperçu et quand on nous a séparé quelqu'un a posé la fameuse question « Que ce passe-t-il ? » Que pouvais-je répondre ? Rien ? Cela aurait soulevé des questions. Vous savez ce qu'on dit ? Pour entretenir un mensonge, il faut dévoiler une partie de la vérité, celle qui vous arrange. Du coup, ma réponse à la fameuse question ?
« C'est une dégénérée ! C'est une gomorrhéenne ! » Devant les regards stupides j'ai précisé : « Une homosexuelle ! Elle m'a embrassée ! Elle m'a forcée ! » La suite ? Vous le savez pertinemment. Le caractère d'Audrey ne lui permit pas de se défendre. Devant cette traîtrise et les spectateurs de plus en plus nombreux, elle ne pu s'empêcher de tourner les talons et s'enfuir en courant. La fuite est souvent synonyme de culpabilité. Et bien-sûr qui aurait pût penser que Morgause d'Albon, si à cheval sur les traditions, puissent se donner à de telles activités.
Si des gens parlaient sur moi, ils le faisaient dans mon dos. Mon caractère était encore plus exacerber et je ne souffrais pas la moindre remarque, ni la moindre moquerie. Puis Audrey était une cible plus idéale. En 1955, l'homosexualité était encore moins tolérée qu'aujourd'hui. Les années après la seconde guerre moldus furent particulièrement compliqués pour la communauté homosexuelle. Comment je le sais ? Je me suis renseigné évidemment. Disons que j'avais besoin d'en savoir plus. Je n'ai fais ces recherches que bien des années plus tard, car se souvenir m'a longtemps hanté.
À la fin de cette fameuse année scolaire, j'étais contente de rentrer au Château de Val. J'avais besoin de faire le point. Et plus les semaines passées, plus j'acceptais la vérité. Audrey ne m'avait forcé en rien. C'était difficile à accepter. En tout cas, je rejetais totalement la seule pensée que j'étais une gomorrhéenne. C'était un « incident isolé ». Je n'arrivais pas à le justifier, mais je savais pertinemment que ça ne se renouvellerai pas.
Dans le même temps, mon père me présenta Jehan de Beaufort. Je le connaissais, il était aussi à BeauxBâtons, il avait deux ans de plus que moi. Malgré ses 21 ans, il avait un visage enfantin, rondelet et un regard stupide. Pour faire simple, c'était mon fiancé. Pas la peine de développer davantage, vu que de toute manières je n'avais pas mon mot à dire. Dans la situation dans laquelle je me trouvais, je ne cherchais pas à faire de problèmes. Un fiancé ferait taire toute rumeur éventuelle à BeauxBâtons. Le mariage n'était pas pour tout de suite. Il se ferait après mes études. Donc, dans cinq ans. Mais les deux familles voulaient mettre les trois ans que nous allions passer ensemble à BeauxBâtons à profit, pour qu'on apprennent à se connaître. J'ai accepté sans chercher plus loin. Je ne le savais pas encore, mais c'était là, une de mes plus grandes erreurs. À croire que je les accumulais.

Retour
à BeauxBâtons. Je n'avais pas oublié Audrey. J'avais pensé à ce qui s'était passé tout l'été. J'avais trouvé une réponse qui me convenait : comme beaucoup de femmes de jeunes âges, j'ai eu une pulsion et je me suis montré faible. Ce n'était pas la présence d'Audrey qui a déclenché cette pulsion, cela aurait pu être n'importe qui. Je regrettais aussi mon comportement vis-à-vis d'elle. C'était une situation très déstabilisante pour moi et devant un public, je ne suis pas arrivé à gérer.
Je me suis demandé comment je pouvais réparer mon erreur. Je me sentais mal, je culpabilisais. Sauf que je ne voyais pas de moyen d'arranger les choses avec Audrey sans soulever des questions au sein des étudiants. Même si je suis hermétique aux ragots il m'était inconcevable qu'on remette en doute mon orientation sexuelle. C'était intolérable, un manque de respect inacceptable. Je ne pouvais pas laisser passer ça. Du coup, à mon retour a BeauxBâtons, je fis la seule chose sensé : ne rien faire. Deux mois de vacances avaient permis aux étudiants de l'école d'oublier cet incident et je ne voulais absolument pas leur rappeler. Ce n'était peut-être pas correct envers Audrey, mais elle s'en remettrait et je savais que ma culpabilité disparaîtrait avec le temps. Il était temps de passer à autre chose. Surtout que j'avais un autre souci.
Jehan de Beaufort. Le jeune homme agissait comme une sangsue. Comme si j'avais besoin de lui. Je n'avais pas eu besoin de lui jusqu'à présent, que croyait-il ? Bien-sûr, je ne pouvais me permettre de l'envoyer sur les roses comme les autres, c'était mon fiancé après tout. Du coup, je passais régulièrement du temps avec lui. Des moments d'horreur. S'il faisait parti de la noblesse, cela n'empêchait en rien à sa stupidité. Il était gauche, immature, agaçant et surtout tactile. Il avait toujours cette manie, à vouloir me toucher avec ses doigts gonflés... Je trouvais cela répugnant. Bien-sûr je trouvais toujours des parades. De plus, il se croyait drôle. Comme si l'humour allait le rendre séduisant à mes yeux. Il osa même me parler d'Audrey. Le fait qu'il n'ai pas parlé de cet incident à son père, que je pourrais compter sur lui en cas d'autres problèmes avec elle... Qu'attendez-t-il de moi ? De la reconnaissance ? Je n'ai pu que me montrer dédaigneuse envers lui lors de cette conversation. Ce que je n'avais pas prévu, c'était sa réaction. Il m'avait attrapé le bras et avait fortement serré. Son visage cramoisie, grimaçant de colère et ses yeux porcins enfoncés dans leurs orbites. Une mine de garçon blessé, vexé. Passé la surprise, je ne pus qu'éclater de rire devant tant de ridicule. Il avait de la poigne, mais je n'étais pas une enfant qui se laissait déstabiliser par un peu de douleur. « Comment osez-vous ? » J'osais, en effet. En même temps, c'est moi qui ai les cartes en mains, user de violence envers ma personne n'était pas quelque chose à prendre à la légère, si cela remontait aux oreilles de mon père... « J'ose en effet ! Cessez de vous comporter comme un enfant. Et lâchez-moi, ce n'est pas une façon de traiter votre fiancée. » « Vous êtes impertinente ! » « Lâchez-moi Jehan, maintenant ! » Ce qu'il fit. J'étais sur le point de perdre de patience et il savait qu'il avait dépassé les limites. Même si nous étions fiancé il n'avait aucun droit envers moi, encore moins celui de me violenter. L'incident fut clos. Par la suite, Jehan gardait ses distances. Nous passions tout de même du temps ensemble, à parler de sujet futiles, certes, mais cela entretenait nos fiançailles. Le fait que cet homme m'était insupportable ne me faisait en rien oublier mes devoirs.
Mes années à BeauxBâtons s'achevèrent. Je réussis mes examens avec brio - le jeu de mot était facile - et quelques parts, je ressentais une certaine forme de frustration et de déception. J'avais tant travaillé, tant étudié, si bien réussit, pourquoi ? Mon mariage avec Jehan allait se faire à l'automne, je reprendrai une vie de château, sans que mes compétences, si durement acquises, puissent me servir. J'étais une des élèves les plus brillantes de mon année, l'élève la plus brillante en potion... Quiconque avec ces compétences aurait aisément pu faire ce qui lui plaisait, mais pas moi. BeauxBâtons avait été un divertissement pendant dix ans, il était temps de reprendre une activité normale.
Je sais que je ne suis pas revenu sur le cas d'Audrey. Si je ne l'ai pas fais, c'est qu'il n'y avait rien à dire. Nous nous sommes évités pendant longtemps. Je savais qu'elle nourrissait de la rancoeur envers moi. Je ne lui en voulais pas, je comprenais. De mon côté, je pensais que je pourrais passer à autre chose, mais je n'y suis pas arrivé. J'ai essayé de l'aborder, lui parler, dire à quel point j'étais désolé, mais je n'ai pas pu. Je ne pouvais pas. J'étais écartelé entre mes envies et mes devoirs. Les devoirs l'ont emportés. « Une femme cherche à accroître les regrets de celui dont elle repousse l'amour ». C'est peut-être pour se punir. En tout cas moi, je me punis depuis plus de dix ans.

Le mariage se déroula sans incident. Si ma vie était un conte, je serais sûrement parti en courant, laissant mon promis devant l'autel. Sauf que ce n'était pas un conte. J'acceptais mon sort sans broncher. Jehan avait changé, il était devenu plus mature, mais ça restait quelqu'un de capricieux, de possessif. Et désormais, j'étais sienne. Cela me faisait froid dans le dos à l'époque, mais je n'ai pas cherché à déroger à mes devoirs. Est-ce que mère avait aussi ressentit cela ? Ses ambitions, sa joie de vivre, anéantit par un mariage forcé ? Je ne lui ai jamais demandé, je savais en revanche, que je ne voulais pas de cela. Ce mariage n'anéantirait pas ma volonté. Je devenais donc Aliénor Morgause de Beaufort. Je restais une d'Albon, bien que la famille de Beaufort était proche de notre mode de vie. Le moment le plus difficile pour moi, c'était la nuit de noce. Je savais pertinemment ce que j'avais à faire. Cela faisait aussi parti de mon éducation et impossible d'y déroger, sans cela le mariage serait caduque. Je ne m'étais jamais offerte à qui que ce soit, je ne m'étais jamais montré nu devant un homme... Cela me faisait peur. Ne voulant pas mettre ma vaillance à l'épreuve, j'avais prévu une potion de relaxation et j'ai aussi bu quelques verres de vins. La fameuse nuit, se déroula de manière flou, la potion et le vin aidant. Je sais qu'une fois Jehan endormit, j'ai laissé mes larmes s'exprimer. Des larmes de colère, de honte et de soumission. Où était passé ma fierté ? Mon orgueil ? Ma volonté ? J'en voulais à mon père qui avait organisé ce mariage, j'en voulais à Jehan qui m'avait arraché une partie de moi-même avant de se répandre en moi, me souillant de sa personne de manière irrémédiable. Et j'en voulais aussi à ces pratiques barbares, ces traditions obsolètes qui m'obligeaient de partager la couche d'un homme envers qui je n'éprouvais aucun sentiment, pas la moindre affinité. Et surtout j'en voulais à moi-même de m'être montrer si docile.
Ma période de résignation durant presque un an. Un an où je buvais fréquemment, parfois en cachette, pour mieux supporter la nuit à venir. Amant égoïste, Jehan se contentait de déposer sa semence et de s'endormir sans plus de cérémonie. J'évitais autant que possible tout ébats avec lui, mais je ne pouvais pas l'éviter à chaque fois. J'essayais même de me rendre la moins attirante possible mais rien à faire. Ce qui déclencha une rébellion de ma part, c'est lorsqu'il porta la main sur moi après une soirée un peu trop arrosés avec des invités. Comme ça, sans raison, parce qu'il le pouvait. À partir de ce moment-là, j'ai décidé de me reprendre en main. Il me fallut un peu de temps, mais rapidement, je repris mon attitude fière et orgueilleuse, dédaigneuse, mauvaise et sarcastique. Et cela marcha plutôt bien. Me montrais froide, ne pas parler, être continuellement désagréable rebutait mon mari plus que mon air dépité et soumise. Acariâtre, Jehan me laissait tranquille, bien que cette situation ne lui convenait pas. Pour ne pas avoir à me supporter, il passait beaucoup de temps loin du domaine familial, avec des amis de son rang. Je le soupçonnais aussi de me tromper, mais cela ne me touchait guère. Tant que Jehan ne me touchait pas, cela me convenait. Néanmoins, son père, ainsi que le mien, mettait la pression concernant la venue d'un héritier. À 28 ans, mes rapports avec mon mari, se comptaient sur les doigts d'une main. Bien-sûr, Jehan essayait de faire ce qu'on attendait de lui, donner un héritier. Je jouais le jeu de temps en temps, mais même là, nos ébats étaient difficiles. Comme si mon corps refusait la venue d'un étranger et cela m'arrangeait beaucoup, car, lorsque Jehan s'entêtait, j'avais mal certes, mais il n'était pas en reste non plus.
Les années passèrent et nous étions deux étrangers. Je passais mes journées à lire, à confectionner des potions pour le plaisir. Je m'etais aménagé un laboratoire dans le château familial de la famille Beaufort. C'est la seule chose que j'ai demandé à Jehan. J'ai profité de mon temps libre pour écrire quelques livres sur le domaine des potions: l'utilisation des plantes, les différents solvants, les réactifs, les différents usages etc. Je me suis aussi penché davantage sur le domaine de l'herboristerie en aménageant un jardin afin de faire pousser diverses plantes et me donner à de nombreuses expériences. Autant dire que j'ai beaucoup écrit même si je n'ai pas tout publié. Et les quelques livres publié l'était sous un pseudonyme, cela me permettait davantage de liberté. Si vous avez déjà lu le livre : « Solvants et réactifs : Comment les combiner » ou bien « De la terre au chaudron, préparez vos herbes avec soin ». Sachez que c'est de moi ou plutôt d'Elira Banlon.
C'est lors d'une conférence sur les potions à Paris à laquelle je me suis rendu que j'ai rencontré une personne prête à me publier sous pseudonyme. Jehan n'a jamais été au courant de quoi que ce soit, Wlademaar s'est montré d'une grande aide pour m'aider à monter ce petit projet, c'était lui qui me permettait de garder contacte avec mon éditeur. Mes gains obtenus par la vente de ces livres étaient cachés dans une cassette dissimulés dans mon laboratoire.. Ce n'était pas des sommes astronomiques, mais c'était de l'argent qui m'appartenait et ça signifiait beaucoup pour moi. Toutefois, je ne faisais pas tout ça pour l'argent, mais pour m'occuper, me divertir.
Ma vie avait trouvé un équilibre. Mes rapports avec Jehan étaient ceux de deux étrangers vivant sous le même toit, nous faisions même chambre à part, je ne rejoignais sa couche que pour les devoirs conjugaux. Jehan avait désormais 35 ans et toujours pas d'héritier en vue. Mon père avait perdu patience, ainsi que mon beau-père. Nous sommes allés passer des tests de fertilité. Bien qu'ils avaient eu du mal à l'accepter, j'avais suggérés l'idée de passer ce test dans une clinique moldu, afin d'assurer un maximum de discrétion. Ils avaient accepté. Et cela arrangeait mes affaires.
Le test fut négatif pour Jehan et positif pour moi. La suite fut compliquée. La famille de Beaufort voulait rompre le mariage et père ne savait que faire. Il les comprenait, mais un divorce... cela allait à l'encontre de ses principes et c'était une première dans la famille d'Albon. Puis, qu'allait-il faire de sa fille ?
Tandis que tout le monde était aux abois, de mon côté, je retenais ma jubilation. Enfin ! Après des années à essayer de saboter mon mariage j'y étais enfin arrivé. Cela m'avait prit du temps de confectionner une potion d'infertilité. Lorsque Jehan avait levé la main sur moi, la situation s'était éclaircie. Je ne pouvais pas passer ma vie à ses côtés. Je savais que si j'étais incapable de mettre au monde un enfant, Jehan se verrait contraint de rompre le mariage. Du coup, j'ai passé du temps à mettre une potion au point. Bien-sûr, les effets ne sont que temporaire et il vaut mieux ne pas en abuser pour éviter de se retrouver infertile de manière définitive. Heureusement que mes rapports avec Jehan n'était pas très fréquents. Le divorce fut prononcé pour mon plus grand plaisir.

Mon retour au Château de Val n'était pas une victoire en soit. Je me retrouvais sous l'entrave de père. Celui-ci agissait comme si j'avais fauté et il me punissait en m’interdisant de quitter le domaine. Pour le moment, je me contentais de cette situation, le temps que père digère la nouvelle. À ma grande surprise, mon divorce et mon infertilité ne fut plus le sujet premier au bout de deux mois.
En Angleterre, un mage noir s'était auto-proclamé Seigneur des Ténèbres. Pro sang-pur, un extrémiste qui n'hésitait pas à tuer les nés-moldus et qui voulait renverser le gouvernement magique anglais. Du coup, c'était l'ébullition dans le gouvernement français. Le Seigneur des Ténèbres avait de nombreux partisans et les dirigeants craignaient qu'ils s'en prennent à la France. C'était le branle-bas de combat et père passait tout son temps à la Chambre des Pairs.
Cela me permettait d'envisager tranquillement mon avenir. J'avais envie de percer dans les potions, continuer d'écrire, de partager ce que je savais et surtout, voyager. J'excellais dans les potions, mais je voulais étudier ce qui se faisait ailleurs. Au Moyen-Orient, en Asie ou en Amérique latine, ils avaient leurs propres particularités au niveau des potions. En Asie par exemple, ils connaissent toutes les utilisations des venins issue des reptiles. Au Moyen-Orient, sur les rives de l'Euphrate et du Tigre poussent des plantes rares idéal pour des potions sensorielles. Je pourrais continuer comme ça longtemps. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille d'acheter mes livres.
Quoi qu'il en soit, mes projets de voyage furent repoussés par l'annonce de père : la Monarchie allait être remise au goût du jour. Quel surprise. C'était une vraie aubaine. Pour la famille, le fait que la Démocratie donne les clés du pouvoir à la Monarchie c'était un signe révélateur de faiblesse. La démocratie n'aura même pas duré un siècle et demi. Tout ça pour se tenir loin des foudres du Seigneur des Ténèbres. Les sang-de-bourbe et les sang-mêlé furent destitués pour laisser la place aux sang-purs et aux nobles. Père était euphorique et le fait que sa fille unique venait de divorcer était presque quelque chose d'insignifiant. Cela arrangeait bien mes affaires.
En revanche, la mise en place de la monarchie, entraîna une nouvelle réglementation concernant les Djinns : la Mise en Objet. C'était de l'esclavage pur et simple. Cela revenait à cracher aux visages de ces entités, à ces demi-dieux. Bien-sûr je m'en suis violemment offusqué devant père. Celui-ci était d'accord avec moi évidemment, mais il préférait faire profil bas pour le moment. Notre situation allait grandement s'améliorer, mais il ne fallait pas faire trop de vagues non plus. Que père se rebelle ou pas, la situation ne changerait pas.
Wlademaar fut mis au courant évidemment et sa réaction ne fut pas une surprise. Elle fut violente. Il déchargea toute sa colère dans la chapelle. Je dû le stopper d'une manière qui ne me plaisait pas, par la force. Je me suis donc résigné à envoyer ma croix gaélique en argent au Ministère afin qu'ils y enferment Wlademaar. Quand la croix me fut revenu je n'osais pas la prendre et il me fallut beaucoup de temps pour faire appel à Wlademaar. Mais je le fis. Sa réaction me laissa pleine de désarroi. Il n'était plus le même. Il était inexpressif et il répondait par mono-syllabe, comme si c'était devenu un pantin. Cette réaction me blessa. Je n'avais pas le coeur à le forcer à faire quoi que ce soit. Presque un an plus tard, ma situation avec Wlademaar n'a pas évolué. Sa docilité mettait en avant sa soumission et il sait pertinemment que le voir comme ça m'était difficile. Il m'en voulait. Mais que pouvais-je faire ? Le forcer ? Non, je ne lui ferais pas cet affront. Je vais patienter et espérer que la situation évolue enfin !

C'est le journal sorcier qui m'apprit que le poste de professeur des potions allait se libérer pour la rentrée prochaine. Une vraie aubaine pour une personne dans ma situation. Bien-sûr père trouvait indigne de moi d'aller « travailler ». Ce n'était pas mon rôle. Sa position vis-à-vis de moi n'avait pas changé et avec ses nouvelles fonctions il recevait souvent de nombreux invités. Sa fille de 35 ans divorcé et infertile était un embarras pour lui. Il ne savait pas que faire de moi. Quand je lui apprit avoir postulé pour le poste de Professeur des Potions, il s'offusqua. Néanmoins, ma candidature fut retenue. Est-ce que c'était dû à mes compétences ou à mon statut, je ne le savais pas. En tout cas, c'était l'opportunité de m'éloigner de père et d'envisager un nouveau départ pour moi-même. Je devais me préparer sérieusement, car si je ne doute pas de mes capacités, en revanche, la pédagogie ce n'était pas mon point fort.

J'ai hâte de commencer. Retourner à BeauxBâtons dix ans après, m'éloigner de ma famille en ces temps troublés me sera bénéfique. Puis ne plus avoir à supporter les regards lourds de déceptions de père et mère sera aussi une bonne chose. Vivre avec mes mensonges ne me mets pas mal à l'aise. Si je suis obligé de mentir pour vivre ma vie, qu'il en soit ainsi. Aujourd'hui, à 35 ans j'ai l'opportunité de prendre ma vie en main et je ne laisserai pas passer cette chance.
Djinn Jinxed


(c) astra;
—  La noblesse du maître ennoblit le valet.@ Augusta Amiel-Lapeyre


Dernière édition par A. Morgause d'Albon le Ven 29 Juin - 19:43, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Lun 18 Juin - 12:55

Ooohhh ce beau personnage Chou

Elle a l'air tellement classe, le visage va trop bien à une d'Albon (ça fait si longtemps que je n'ai pas vu Katie McGrath jouée, pourtant elle est zrtpmlkjgfdrdrdrdr  Chou ), j'adore les prénoms et le soin que tu as déjà apporté à ta fiche, je sens que ça va fourmiller de petits détails et j'ai aucun doute que Morgause va être un personnage génial à découvrir Han
(of course je voudrais un lien avec mon DC qui est aussi un prof Jean )
(oh et puis, on manque de femmes dans l'équipe professorale, alors ta bonhomme est d'autant plus un super choix Sem on va la chouchouter Yeah )

Bienvenue par ici Lick

(je reviendrais espionner l'avancement de ta fiche parce que je suis trooop curieuse de découvrir cette bonhomme Sem )



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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Lun 18 Juin - 16:03

Merci pour ces compliments Aw

Oui Katie McGrath est trop cool, puis elle va super bien avec l'univers DJ et le personnage. Je pouvais pas faire autrement Siffle



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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Lun 18 Juin - 17:03

Je rejoins carrément Ciri Katie est parfaite et elle me donne trop envie d'en savoir plus sur ton personnage (et puis Aliénor + la famille d'Albon, j'ai hâte hâte !)
La bienvenue parmi nous Heart
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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Mer 20 Juin - 15:29

Bienvenue ! J'ai hâte de voir à quoi va ressembler cette fameuse prof de potions, elle vend déjà du rêve Chou
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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Mer 20 Juin - 16:01

Merci à toutes les deux Brille

Mais vous devriez pas trop vous réjouir Sem Je dis ça pour votre propre bien hein ;)

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Allez, plus que l'histoire Lala


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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Jeu 21 Juin - 12:05

Cousine Yes Yes bienvenue !!

J'affectionne tout particulièrement le caractère distingué que tu apportes tant dans la rédaction de cette fiche que dans la création du personnage.  Brille Tu te débrouilles à merveille à retranscrire la frustration pouvant résulter entre un devoir très obstruant et la volonté personnelle. Il me tarde de découvrir ce que pourrait donner leur rencontre en jeu en raison de leur contraste. J'attends d'en lire un peu plus, notamment sur son histoire afin qu'on discute d'un lien Heh



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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Sam 23 Juin - 23:39

P'tit cousin Aw

Content que la fiche te plaise Brille
J'ai légèrement modifié l'histoire par rapport à ce qu'on avait dit en section Questions, j'espère que ça va le faire Bulle

Et puis pour le lien, si tu ne viens pas à moi, je viendrai à toi Siffle




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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   Lun 2 Juil - 0:13


Si pour certains, le patronyme des d’Albon s’apparente aux effets de l’ingurgitation d’une potion à Hérisser les Cheveux, d’aucuns y goûteraient une décoction de la droiture. Quintessence de la noblesse condensée à son produit le plus limpide. Les envies passées au mortier et les ambitions féminines réduites en poudre pour un apozème aristocratique sans pour autant parvenir à les annihiler. Les concentrant même pour mieux les distiller d’une finesse filtrée, philtre futé. En voilà un Ego raffiné qui ne se laisse embouteiller !

Il me tarde de la voir évoluer en jeu  Chou  Love  

Veuillez recevoir nos plus sincères félicitations pour votre sélection au sein du  PERSONNEL DE L'ACADEMIE ! Vous voici à présent un(e) sorcier-ière à part entière de cette prestigieuse Académie et en tant que tel(le), nous vous invitons à transmettre et vérifier vos données personnelles dans les différents registres des listings. Cette section vous offrira également la possibilité de déposer des candidatures afin d'espérer décrocher un poste à responsabilité parmi les Maîtres et Délégués au sein de cet établissement ou encore de vous faire connaître de ses résidents en tant que joueur de Polo ailé. A savoir qu'il est toutefois toujours plus judicieux de participer quelque peu à la vie scolaire avant d'en faire la demande. Si cette fiche n'est pas la première, merci de bien vouloir référencer votre double compte en remplissant ce parchemin de votre plus belle plume. Avant de débuter le Rôle Play, n'hésitez pas à vous référer aux Points Cardinaux pour y inaugurer au Nord une Fiche de Personnage rassemblant à la fois les différents liens à nouer au cours de cette scolarité ainsi qu'une liste des récits qui en ponctueront l'aventure. L'Ouest regroupe les Bulletins des étudiants et la respectabilité des enseignants qui sont à consulter et compléter. Toutes les demandes et requêtes particulières seront à formuler à l'Est. Le Sud, quant à lui, vous informera sur toutes les spécificités que les points de vote et de RP ont à offrir dans le jeu. Sur ces quelques mots, il ne vous reste à présent plus qu'à explorer cette majestueuse bâtisse pour que la magie puisse opérer !
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MessageSujet: Re: A. Morgause d'Albon ♦ Belladona   

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