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 [Perle] Our shell could spiral home, moon curl a small knowing

- Contre nous de la tyrannie, la baguette sanglante est levée -
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B. Perle de Béziade
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MessageSujet: [Perle] Our shell could spiral home, moon curl a small knowing   Sam 10 Oct - 3:57


Blanche Perle de Béziade
feat. Suki Waterhouse

Nom: De… Deux lettres d’une dissemblance rechignant la similitude, particule qui se fait une gloire sans virgule. Patronyme à rallonge se scindant d’un espace que seule l’obligeance remplit, pause d’un phrasé posé, comme pour marquer la différence, distinction distinguée. Une aristocratie accompagnante, compagne contraignante accueillie d’un sourire contrit, la nacre d’un émail qu’une rangée de dents couronne, petite courbette buccale qui ne décline l’hypocrisie. Lippes éternellement étirées pour qui mord de quenottes alignées le cuilleron argentin ou muqueuses pincées de celles qui accordent une droiture rigide à son simple manche métallique. Béziade, baiser d’élitisme embrassant la disparité si elle se montre altière, lui refusant pourtant un excès d’affection. Prénom de naissance: Vérité morte-née. Vestige blafard d’une venue liliale. Blanche, cadavre d’une appellation sur laquelle le secret a tiré son linceuil après en avoir maquillé les traits. Livide hectoplasme dont la présence plane danger alors qu’il ne demande qu’à incarner. N’est-il pas essence ? N’esquisse-t-il pas l’identité de ses phonèmes étouffés ? Ame en peine errant parmi les vivants sans ne pouvoir les effleurer. Caresse sur un galbe, devenue ombre si drastiquement sombre ourlant l'incarnat de ses lèvres, véritable cimetière où se meurent les syllabes jamais prononcées du baptême, enterrant toute emprise extérieure non loin de tombeaux, sacrales sépultures, qu'elles avaient elles-mêmes creusés. Prénom d'usage: Trésor du premier artefact des de Béziade et du blasonnement familial en coquillage, simple concrétion calcaire, produit d'autodéfense lustré pour qui se dit scientifique, antique larme d’Aphrodite d’un émoi érigé en mythologie, Perle, roule phonème et rondeur opalescente sur une joue bombée d’une pommette rosie de liberté, bijou qui ne saurait ternir collier au ras d’un cou flétri du parfum de l’ennui Généalogie: Cadette du second fils de Théodule de Béziade et d'Eglantine de Gourville, Octave de Béziade uni par mariage à la comtesse de Belgique, Béatrice de Lannoy. De filiation ancienne le marquisat des de Béziade peut être retracé au XIIIe siècle dans le Béarn. Les armoiries familiales se décorent d'azur sur frise d'or où se gravent deux étoiles de gueules purpurines, banderole qu’accompagne une coquille, élevant l'écusson de France brochant sur la fasce alors que les artefacts de la maison font eux-mêmes échos à la noblesse : coquillage du secret pour la grâce du symbole de la déesse née de l’écume. De bravoure et dévouement la filiation acquiert le titre de duc en 1814, récompensant primairement Antoine de Béziade de l’érection en duché-pairie du comté de L'Isle-Jourdain, joignant la petite seigneurie de l'Orléanais, Avaray au patronyme familial. Nationalité: Franco-belge, elle est l’une ou l’autre, l’une et autre, à l’instar des siens, toujours entre deux mondes, s’ils ne sont magiques au moins royaumes Lieu et date de naissance: Paradoxe ou simple cycle d'un éternel recommencement, un dimanche, 20 mars de l’année mille-neuf-cent-quarante-neuf à Avaray en Loir-et-Cher à l'approche de l’équinoxe de printemps, les lampions trouant le ciel d’espoir de jours meilleurs alors que l’hiver se meurt  Statut: Une entente aussi nouée que sa situation. Fiancée. L'alliance reliant l'antique Vena Amoris à un palpitant épris d'un autre... Etudes/Profession: Les planches pour estrade d’un talent à la dramaturgie, les textes de pièces pour seule liturgie. La vie d'artiste contre celle de château ? Là où les devoirs de la noblesse la restreignent à des rôles qu’elle récite plus qu’elle ne joue, l’étudiante en septième année de Gradation du Rang des Avancées des Charmes Enseignés en filière des Arts et des Lettres en vient à incarner un idéal de versatilité, réaction épidermique. Rash d’irritation au conformisme ambiant qu’elle tente encore de poudrer.  Baguette magique: Eclat d’hémoglobine, d’une écorce purpurine, le bois de Cornouiller, autrefois prisé pour la fabrication de flèches et de javelots en raison de son appréciable élasticité tout en offrant une certaine résistance, se retrouve en sorcellerie associé au caprice, recherche constante de magie malice tout en possédant, cachotier, des lubies propres telles que celle de refuser obstinément tout sortilège informulé, bien que cela ne soit guère une gageure. Sculptée sur vingt-sept centimètres et demi, en gratter le vernis reviendrait à découvrir entre sa flexibilité appréciable la nitescence iridescente d’une écaille de sirène, écho marin d’un patronyme qu’emprisonne un mollusque.

Allégories réflexives:

► Quelle est votre opinion sur la restauration de la Monarchie Sorcière ?
Pour qu'une opinion ait un quelconque intérêt, encore faut-il qu'elle soit exprimée, mais plus encore qu'elle trouve une application. Les idées, les avis, autant d'abstractions qui n'en viennent qu'à effleurer la réalité d'un rapport croissant entre privilèges et devoirs qui n'a été que le lot de son quotidien avec ou sans tête couronnée. S’il bien une chose qu’elle abhorre ce sont les débats stériles d’action ou de but. Discuter dans ces conditions lui paraît d’une inutilité sans nom. Nul n’est sans ignorer la ferveur royaliste des de Béziade, militants du lys, dévots de la cour qu'elle soit moldue ou magique par défaut, aussi se passe-t-on bien de les interroger à ce propos. Toute cette propagande l’arrange en un sens... Qui irait questionner le fruit de pareil endoctrinement ? Personne, et pourtant, il suffit bien d’une pomme gangrénée d'espoirs pour en pourrir bien d’autres et, quitte à se montrer juteuse d'idéaux et trouée de pépins d'autodétermination, elle n’a jamais été bonne poire.

► La Mise en Objet des Djinns a donné lieu à un virulent débat centré autour des notions d'esclavagisme, de liberté, de droit des créatures ou encore de la protection magique. Que pensez-vous à ce propos ?
Arrangeant. Elle y trouve une praticité certaine, n'y voyant qu'une commodité d'usage pouvant lui épargner les heures de préparation qu'avaient demandé chaque invocation jusque lors. Pour autant, n'en fait-elle pas particulièrement plus appel à son djinn, qui après s'être formalisé sur le procédé, a probablement fini par y voir un moyen des plus délectables de commérer au plus près de la source. Moins elle le contacte, mieux elle se porte. Ne s'offusquant en rien de cette nouvelle condition de détention, Perle sait reconnaître en la mise en objet une utilité singulière, à défaut d'en faire une véritable utilisation. Sa famille n'a jamais tenu ces esprits en haute estime, leur préférant une magie plus traditionnelle, produite par le sorcier, lui-même source de pouvoirs, et, pour une fois en accord avec son éducation, les djinns lui semblent un moindre avantage magique, mais un avantage tout de même.  

► Pouvez-vous envisager que le sang puisse un jour devenir plus important que le rang sur le sol français ?
Au fond, tout et son contraire peut être considéré, pour autant cela reviendrait à nouveau à examiner une possibilité qui n'en est peut-être même plus une ou qui n'en sera jamais. Plutôt que de se projeter dans des opérations d'esprit qui délient l'objet de son contexte, elle préfère, à choix, porter son regard sur l'état actuel des choses et sur des faits tangibles et observables. L'Angleterre est menacée pour son propre liquide vital, sa propre lignée bien que côtoyant des moldus n'a jamais considéré de mixité. La question d'une importance accordée au sang n'en est déjà plus une. Quant à savoir entre le rang et le sang lequel porte plus de poids, il suffit de voir avec quelle facilité l'un comme l'autre peuvent être perdus pour leur octroyer une égalité.

Personnalité:

Phéme : « Ahn la Perle ? Elle est loin d’en être une, mais ça, vous vous en seriez déjà doutés, et à dire vrai, elle n’en enfile pas non plus... Incapable de tenir en place. Pas étonnant que le simple fait de devoir se maintenir sagement droite sur une chaise sans en toucher le dossier n’en devienne déjà de la torture. Perle est pétulante, pétillante, Perle est pléthorique, oui bon en résumé tout ça veut uniquement dire que c’est une excitée ou qu’elle peut parfois être franchement pénible. A y voir de plus près, il y a effectivement beaucoup d’adjectifs en p qui pourraient la caractériser. Enfin vous savez ce qu’on dit sur les blondes ? Perle n’est qu’appart. En apparence du moins. Bijou exhibé, tant de fois polis d’obligeances sans que le devoir et l’excellence ne puissent avoir raison de tant de malice. Ils ont pourtant essayé mais peut-être pas le fait de l’attacher ou de l'assommer… Vernis d’aristocratie pour une attitude qui détone, acétone. Couche d’élitisme, le protocole et l’étiquette sont des concepts qui ne lui sont nullement étrangers, inculqués, rabâchés sans qu’elle n’y voit autre chose que de la contrainte, la pauvresse. La politesse à peine voilée, les conventions et règles qui en découlent sont autant de subtilités que la jeune noble connaît sur le bout des doigts, qu’elle effleure, estompe ou érafle par instants et avec lesquelles elle s'amuse à sa guise. Et je dois dire qu’elle peut même en devenir drôle ou presque. Parce qu’elle est sérieusement taquine et audacieuse. Un peu trop même. Ou peut-être juste fougueuse mais qu’est-ce qu’on s’ennuierait sans ça ! Elle-même trouve ça détestable et c’est bien un point sur lequel on s’entend. Bien que consciente de son rang et de ses implications d’humaine bien-née, à avoir été élevée dans l'exigence de la perfection, noyée par les codes et les convenances d’un ancien régime remis au goût du jour pourtant à l'honneur parmi les de Béziade, forgée à cette mentalité particulière, réservée à un destin de grandeur que ses géniteurs s’imaginent tracer d’ambition alors que ses aspirations personnelles demeurent tout autres - vous voyez comme je peux devenir grandiloquente quand je veux ? - la cadette de la seconde lignée se joue des barrières, frôle les limites, les transgresse même allègrement afin de tourner les règles et les obligations en sa faveur ou du moins les suit-elle suffisamment en public - parce que si elle ne réfléchit pas toujours, Perle n’en est pour autant pas stupide, qu’est-ce que je disais sur les blondes déjà ? -pour se permettre certaines libertés hors des sentiers battus, escapades champêtres fleurant l’autonomie renforçant son besoin d’indépendance. De toute manière, elle n’écoute rien cette fille, à l’exception des potins que je lui murmure, mais elle n’a pas réellement le choix et dans la vie en général pas franchement non plus. Les conventions incombant à son statut l’amènent inexorablement à faire semblant de s'y plier à défaut de le vouloir et de le réussir. Elle se force, mais il faut dire qu’elle est vraiment bonne à ça. Il lui faut bien un talent caché quelque part… Entraînée depuis sa plus tendre enfance à plaire, à rire sur commande, à être celle qui lui est demandé d'être, autant de rôles qu’elle présente, récite plus qu’elle ne joue, artiste précoce. Des personnalités qu’elle endosse sans incarner. Tout ça pour quoi ? Pour être regardée bien sûr. Sous des dehors agréables et raffinés, exigés par une éducation de prestige, en tout cas, c’est ce qui se dit avec tous les précepteurs qui sont passés dans le château d’Avaray, elle s’avère pour autant bien moins souple qu’elle peut en avoir l’air. Fausse ? Souvent. Têtue ? Horriblement. Possessive ? Affreusement. Egoïste ? Un art de vivre. Imprévisible ? Toujours… Les sourcils sombres sous la frange, je vous le répète. Le moins que l’on puisse dire de sa personnalité est qu’elle s’érige en affirmation. Autant qu’elle s’élève quelque part… Elle n’accepte aucunement de se faire diriger, préférant largement imposer ses propres idées mais en y mettant les formes. Vestige d’une enfance contrainte. La véritable manipulation est imperceptible à ce qu’il paraît. N’exigeant jamais rien de manière brute, ne forçant pas la main, du moins, pas de manière directement décelable, elle enjôle et cajole, persuade, par gentillesse éprouvée ou faussée, souvent par la ruse, rarement par la force. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas capable d’envoyer un coup de raquette si nécessaire. Son acharnement à obtenir ce qu'elle désire en devient sérieusement agaçant. Lambert-ci, Lambert-ça, liberté, lame, quoi ? Je vire dans la dramatique ? Elle sait être persévérante et il lui en faut beaucoup pour être découragée d’un objectif. Parce que le minois est déterminé à vivre comme il l’entend. Maintenant vous vous demandez ce qui arrive lorsque ce n’est pas le cas ? Rangez la porcelaine de tatie Gislaine parce qu’il y a bien des choses de valeur qui risquent de se briser. Sa réputation ? Peut-être. Son cœur ? Peut-être aussi. Mais dans tous les cas, les morceaux quels qu'ils soient finiront par signer un éclat... »

Genie in a bottle: Phéme

Des gifles claquant contre les murs intérieurs d’un château. Les parois se recouvrant de surfaces réfléchissantes. Miroitements. Elle s’était regardée avec sa frange trop longue, ses sourcils trop bruns, multipliée, magnifiée dans ces glaces, soudainement figée sur place. Duplication pour fascination. Les franges cachent toujours quelque chose, prenez-le pour dit. Il suffit de voir celles des poneys pour comprendre. Un instant j’aurais parié qu’elle serait sortie du champ de la première branche du pentacle pointée vers moi. Simple sifflement essoufflé mais la gamine était loin d’avoir un coefficient intellectuel d’huitre, ou alors on l’a pensé pour elle. Un symbole de révocation automatique pour cette invocation première ? J'ai envie de vous dire que ça ne vient pas d'elle… Qui sait ? Peut-être qu’elle n’a même pas touché à la craie non plus ? Un « Phéme » extirpé de lèvres sèches, rêches par manque de salive d’avoir formulé autant d’incantations, corps tenant à peine sur place d’excitation. Encore heureux qu'elle me connaisse. Je ne me présente pas. Jamais. Le susurrement me précède. On me prononce plus qu’on ne me comprend ou cherche à le faire. Vous m’entendez déjà. Le qu'en-dira-t-on parlant pour moi. Les bruits de couloirs. Les misérables voulant se faire voir. Les billets transmis sous les bureaux. Des syllabes toujours. Détachées. Gloussées. Sifflées. Couchées sur des bouches, des couches. Les miroirs se brisèrent subitement à cette prononciation. Fissures d’ego. Décontenancée l’enfant ne put que constater le morcellement de sa propre réflexion, ruinant certainement celle interne au passage, avant que la pièce ne soit elle-même déchirée d’un cri guttural, animal. Il paraîtrait qu'il ne faut guère jeter les perles aux pourceaux et pourtant, à quelques poils près, le ragot loin de l'argot n'est-il pas qu'un jeune sanglier ? Entre le cochonnet sauvage et les années de malheurs qu’elle venait probablement de récolter, la de Béziade portait l’effroi sur sa frimousse pouponne aux joues encore gonflées d’enfance. Ricanement porcin. Oh je rigole toujours, parce que j'ai l'humour facile aussi grivois que raffiné lorsque j'entends mes compères s'embarrasser à perdre de l'Essence afin d'impressionner des marmots qui ont encore la morve au nez. Entre les gosses ou les djinns, il serait presque trop aisé de dire qu’ils sont nombreux à ne pas se moucher  du coude. Des langues de flammes allant lécher les bords des runes, des objets, de valeur de préférence, qui volent, tombent en ruine, les meubles qui frissonnent à l'image de leurs corps chétifs tenant pourtant arrogamment bon, les traînées nauséabondes imitant à merveille les effluves post menu flageolets-choucroute, un sacré coup de vent, les portes qui claquent ou couinent comme leurs dents réussissant pourtant à formuler des demandes à faire grincer les vôtres. Je ne critique pas vous savez. Ça m'amuse. Me divertit et autrui encore plus. Je sais juste que les autres de mon espèce oublient trop souvent qu'avec les humains il ne faut pas aller chercher bien loin. Il n’y a qu’un bipède pour insuffler autant d’horreur à un autre, et que dire de la peur viscérale qu’ils peuvent bien avoir du regard des autres, et pire encore, d’eux-mêmes… « Par la contrainte du sceau, je te somme de me confirmer ton identité, Phéme » , elle ne reçut qu’un grommèlement pour réponse et insista en levant la main, paume tendue, menaçant de s'en prendre à ma substance, déliant les babines : « Je suis là où j’étais, marchant derrière le murmure, quelques pas de velours, de hâte ou de travers entendus avec mes yeux, un chuchotis dans mon esprit lorsque je deviens ces mêmes déplacements. Lorsqu’on me remarque il est déjà trop tard. Ce que les sorciers aiment procréer du son, s’imaginant maîtres du verbe, les ratés qu’ils refusent d’attribuer aux gestes ou à leurs absences respectives. Un soupir qui échappe, un fracas hurlant sans mots parfois. Vérité ou mensonge, je ne fais que transmettre. J’entends les voix que je formule, ces mêmes phrases qui me pensent à l’instar que je les conçois. Ils relatent le commérage et son mirage. Ils sont ce que je suis », les paroles s’infiltrèrent, sinueuses sournoiseries. J’aime que ma réputation fasse effet « Démon de la rumeur et du ragot... D’autres préfèrent me voir pour seule Fama des Latins. La gloire d’une renommée et la déchéance d’une dénommée révélation. Je ne prends rien au sérieux, vous, mages, le faites pour moi. Je n'ai d'apparence que vos phrases. Autant d'enveloppes que de contenus. Qu'un reflet de ce qui est perçu, réalité difforme dont je suis forme. J'arbore la plus belle des parures, la plus grosse des parjures. J'étincelle autant que je me salis, diamant de fange » Même si je dois avouer préférer incarner des physiques hideux, honteux, la vérité n'est jamais belle, pas plus que le mensonge... Empressée, la petite tapotait le marbre blanc au sol du bout de son soulier qui soulevait par instant le pan de sa lourde robe. « Je t’enjoins de me révéler ton passé », ah les mortels et leur notion du temps ridicule, avant de poursuivre les formalités d’usage, je lui avais tout de même susurré : « Ne préférerais-tu pas que je te parle de ton futur ? Ceux qui m'appellent le savent bien, je ne fais pas dans la demi-mesure. J’élève comme j’écrase, qu’est-ce que ce sera pour toi, humaine ? Une trace dans la mémoire de l’Histoire ou une destinée, histoire dérisoire, toute tracée à traîner dans la boue ? Je crois que je sais déjà… », riant de mon groin de marcassin. « La phéme », lâcha-t-elle soudainement amusée. Grossièrement drôle et piquante, ça me plairait presque, « Ton passif et les maîtres qui m’ont précédé… », impatiente en plus, tout pour elle. Profitant de jouer entre réalité et invention, la barrière est si mince et l'imagination humaine la franchit si souvent, je lui murmurais comment j'avais d'une simple rumeur déclenché des batailles à Lemnos, débité tous les noms des héros que j'avais glorifié de ma trompette longue, soufflé de quelle manière j'avais aidé Didon à s'approprier Carthage, elle qui ne pensait qu'à étaler bêtement cette peau de vache sur le sol, il fallut lui rappeler que rien ne fait plus de chemin qu'un récit découpé, faisant du neuf avec de l'ancien à chaque bouche à oreille afin qu'elle dépèce en lanières de bovidé le territoire de son royaume. Cette même reine qui s'était donné la mort du tranchant d'une arme parce que je lui ai rapporté que son bien-aimé était sur le point de l'abandonner. Je lui ai confié à quel point ma présence avait été décisive pour faire et défaire la notoriété et célébrité des "plus grands" de ce monde si étranger à l'Autre ou encore ô combien il avait été délicieux de décortiquer la cour fourmillante de contasseries avec la Marquise de Sévigné. Oui, la même qui est devenue une allumeuse chaste après avoir porté un fils, mais surtout après avoir appris, par mes petits soins, que son cher époux lui dessinait de belles cornes. Pour la petite anecdote, il a fini par s'embrocher sur une épée lui aussi. Les choses finissent toujours par se répéter avec ces créatures, toujours alors ça ne m'étonnerait pas que la Perle se la joue Roméo et Juliette si besoin, dague théâtrale ou non à la main, mais vous le garderez pour vous, n'Est-ce pas ? Quant au Bos taurus ? Je vois que vous suivez, eh bien en sachant qu'il possède une vision en noir-blanc, allez savoir qui verra rouge...

Pseudo: Pando Age: 26 balais mais hors de question de passer un swiffer pour retirer la poussière sur ma vieille carcasse, et ce, même si je fais partie des meubles  Al  Où avez-vu connu DJ? Dans un coin de mon cerveau je le crains  Sem Autres comptes? Une bien moche maladie purulente, je suis probablement déjà infectée, et vous bientôt aussi  Mdr  Une remarque ? On ne pousse pas mémé dans les orties ! Un mot pour la fin ? Noooon rrrrien de rien, nooon je ne regrette rrrrien

Djinn Jinxed


Dernière édition par B. Perle de Béziade le Mar 29 Nov - 0:16, édité 50 fois
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MessageSujet: Re: [Perle] Our shell could spiral home, moon curl a small knowing   Sam 10 Oct - 3:58


She used to be a pearl
she’s become a shell of herself

- Moteur...Action ! -

« On se croirait à une soirée d’Inferis sous l’emprise d’un sorcier nommé Ennui… Léo, si je souris encore vainement, je crois que je vais rester bloquée du faciès », la décence retenant un soupir, les poumons remplis par la vacuité de l’intérêt de cette célébration et de son ambiance mortifère n’ayant d’égal que le vide des trop grandes demeures. Le luxe de l’espace et l’étalage de paraître reflétant à merveille le paradoxe du superflu, qui s’amassait sans réussir à remplir les pièces, au détriment de la richesse humaine. « Au pire je peux arranger ça », avait-il enrobé avec cette espièglerie qu’ils partageaient, le sous-entendu glissant jusqu’à elle, friandise qu'elle ne déballa pas, « Pour cette fête ou mon visage ? », une tape taquine renvoyée dans le bras avant que les doigts ne coulent le long d’une manche marine lâchée au poignet, « Je crois que je sais comment nous faire passer un bon moment », laissa-t-elle échouer de ses chairs trop de fois humectées de champagne pour ne pétiller d’irresponsabilité, « Attends-moi sur le perron… » , à peine un murmure d’une invitation immature. La flavescente joua d’un geste au buffet en emportant un canapé garni pour récupérer un trousseau dépassant d’un bas de costume avant de se faufiler jusqu’à une colonne vertébrale familière contre laquelle elle s’appuya, entourant son cou d’un bras, ses phalanges agitant sa trouvaille d’un tintement métallique devant son nez, susurrant à son tympan « Regarde ce que je me suis procuré… » « Qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? Repose ces clés où tu les as trouvées… », lui souffla Lambert préoccupé en se retournant, cherchant à lui retirer l’objet que la de Béziade dissimula discrètement dans son décolleté, là où il ne s’essayerait à le récupérer,  « Que je remette mes mains dans la poche arrière de son pantalon donc ? M’aventurer à réveiller un récif en répondant au regard lascif que le comte m’a jeté parce que je l’ai vaguement effleuré tout à l’heure? Il risquerait encore de prendre ça pour des avances et je n’ai pas la plus petite intention de m’appeler Madame de Blégiers de Pierregrosse, il y aurait erreur sur l’écueil » « C’est du vol, ma Perle » « Juste un emprunt… D’ailleurs, Léonardo s’impatiente sûrement à l’entrée » « Léo est dans le coup ? Vous avez bu tous les deux », tentative noyée dans une flûte. Jeunesse inconsciente, jeunesse aussi dorée que les breuvages consommés,  « Toi aussi - Presque rien - Raison de plus pour nous accompagner », sa paume dans la sienne elle l’avait attiré à l’extérieur, ne pouffant qu’à l’air libre de sa lubie. « Je ne peux pas croire ce qu’on est en train de faire là, on va se faire attraper », installés à la hâte dans l’automobile, il dévisageait sévèrement ses amis comme pour trouver sur leurs fronts un semblant d’hésitation. « Si on ne s’en va pas tout de suite, effectivement c’est très probablement ce qui va nous arriver... », lui rétorqua-t-elle depuis la banquette arrière alors que Léonardo occupait le côté passager : « Qu’est-ce que tu attends ? » Qu'ils retrouvent un tant soit peu de discernement ? La sorgue s’était allongée à l’instar d’une constellation, languissante d’un corps sans songe, pléiade d’un temps ayant cessé de compter, des kilomètres pour heures, s’étirant blême bande à sens unique, un clignotant pour étoile filante. Il y avait quelque chose de fascinant à pouvoir s’enfoncer dans la nuit sans l’atteindre, sans la traverser, une grisante révélation d’un macadam toujours similaire, le goudron pour horizon. L’adolescente non attachée s’était penchée entre les deux sièges avant pour allumer ce qui semblait être l’autoradio avant de reposer ses coudes de chaque côté. Un simple habitacle de tôle sous le toit du monde, des notes d'un tube de l'an passé pour seul accrochage, éraflures dans la voix : « Devant tant d'indifférence, parfois j'ai envie de me fondre dans la nuit. Au matin je reprends confiance. Je me dis, je me dis, tout pourrait changer aujourd'hui… Loooove me, pleaaaase love me ! Je suis fouuuuu de vouuuuus. Pourtant votre lointaine froideur déchire mon cœur. Love me, please love me », qu’importait qu’elle leur cassait les oreilles à érailler des paroles, douloureuse déclaration, s’ils gardaient malgré tout chacun cette impression enveloppante qu’un nombre incalculable de possibilités pouvait en émerger à l’exception du jour, même une infinité ne demandant qu’à engloutir sans s’en repaitre, une éternité accélérée par la vitesse jusqu’à s’arrêter sur la chaussée, enlaçant le trottoir de deux roues. Seconde fois qu’ils empruntaient la même rue, probablement perdus s’ils n’avaient aucune destination particulière, « Paname manque cruellement de places, il n’y a plus une seule zone de libre, je crois qu’on ferait mieux de rentrer. Je ne peux pas la laisser ici… » Parcage improvisé pour retrouver un paysage figé, ou presque, d’une obscurité qui ne réussissait à tolérer que le criard des néons et des sons afin de lui rappeler qu’elle ne s’offrait qu’à une grêle lucidité. Pourtant, la nébulosité se muait opacité pour transparaître. Recouvrir pour mieux révéler. «  Bien sûr que si, avec l’option camouflage qu'il y a sur toutes les Pegasus les Moldus n’y verront que du feu et si vraiment ils venaient à foncer dedans en marchant, l’impact sera juste… un peu plus important qu’un lampadaire » Face à l'air dépité du blond, le monégasque reprit,  « A cette heure-ci, les seuls individus à arpenter les rues ne seront pas en état de faire la différence je te dis » , l’argument peinait à faire mouche, « De toute manière si on continue, on en viendra inévitablement à manquer d’essence » , remarqua le Clermont-Tonnerre par dépit en jaugeant d’un air circonspect ce qu’il estimait être l’indicateur du niveau de carburant, davantage résigné que convaincu, « Regardez on dirait une boîte de nuit ! », la portière arrière s’était déjà ouverte sur son excitation. La silhouette se découpant entre ombre et lumière d’anciens réverbères, charriant derrière elle ses pas. « Où est-ce que tu vas ? Perle ! Mais attends ! » , après avoir successivement ouvert le coffre et le capot à essayer les différents boutons du tableau de bord sous l'œil amusé de Léonardo qui enfonça le bon interrupteur, Lambert put éteindre le moteur et tirer le frein à main qui l’avait initialement empêché de démarrer en trombes. Ils savaient tous deux au fond qu'ils finiraient irrémédiablement par avoir des ennuis avec cette fille. Cette dernière les avait attendu un peu plus loin, patientant de les avoir à sa hauteur pour s'agripper à leurs biceps, celui d'honneur du Grimaldi pour celui de myocarde de son meilleur ami, demoiselle s'appropriant leur sollicitude, galanterie instiguée. Il n'y avait qu'eux pour lui accorder une place unique, centre galactique d'un lien gravitationnel. En apesanteur tant ils semblaient porter sa trajectoire, planète qui suivait pour autant son propre orbite, l'environnement ne devint que plus sidéral dans ce lieu moldu. Aplats tangerine bariolant en gouttes étirées un violine insolent, virage de marine faisant optiquement tourbillonner la cage d’escalier qu’ils dévalèrent sous les rafles astrales de la guitare des Fink Ployd, accordée à un rock plus psychédélique encore que les lampes à lave, Astro Light, incandescence de boules colorées de cire fondue, captivantes déformations distordant une salle de corps célestes et terrestres en mouvement. Interstellar Overdrive, une partition sous psychotrope hallucinogène, LSD musical, eurythmies acides passant leurs langues rêches sur un fond hypnotique sans timbre. Un rauque appel de cordes non vocales auquel répondirent les deux caractériels, le premier attirant la seconde sur la piste de danse, abandonnant la modération, ou ce qu’il en restait, à s’essayer au trou noir au bar bigarré. Les doigts du brun fusèrent le long de la voie lactée de son rachis mis à nu que le voile noir du tissu cerclait en ouverture en amande, cousues, de multiples bandes d’or débutant aux omoplates, anneaux de Saturne pour ceinturer ses lombaires alors qu’elle élevait ses propres extrémités à l’éther de sa nuque. Des mèches d’une frange pour rayons solaires, firmament devant leurs yeux, un univers de mouvements que Léonardo ramena sur Terre, un prince changeant de sujet, « Han la truite que Lambert vient de pêcher » « Je remarque surtout une naine blanche… » « C’est vrai qu’elle est petite mais… – En voyant ses attributs callipyges tu comprends pourquoi les moldus cherchent tant à vouloir aller sur la lune ? – Ça permet d’oublier son nez en cratère », elle ricana tout en cessant sa moquerie d'un baiser contre sa mâchoire, se servant d’un aristocratique alibi, « Tu m'excuseras mais je vais aller repoudrer le mien », contenant son propre magma, éruption spontanée grondante sous la cage thoracique, l'Avaraysienne ne trouva rien de mieux que d’envoyer valser contre le carrelage cuisse de nymphe le premier objet qui se trouvait dans les toilettes féminines, soit un pathétique savon rose pour les mains à la même senteur, substitut d’agacement, avec lequel elle aurait bien lavé cette bouche féminine trop baveuse. Ah le Perlocentrisme...

- Coupez ... -

Trois coups portés, non les derniers de ce début de soirée, première porte fermée, autant de sons creux, les seuls à ne pas être douloureux, mon malheureux. « Oui ? Entrez je vous prie ? », enjoignit un timbre qu’une voix masculine mal-assurée dénomma, « Perle? » Quelques pas timides de chaussures cirées se firent entendre sur la marqueterie de marbre de l’un des Grands Appartements. De ses murs de tapisserie en brocatelle de soie où se distinguaient des moulures acrobatiques entre plusieurs grandes fenêtres allant de la froideur du sol au plafond magistral, vitres parées de rideaux reprenant l’amarante des cloisons, la pièce ne désirait ardemment se donner un autre genre que celui d’être grandiose, décoration italienne en apothéose. Décelant sa carrure dans un coin de glace en bois sculpté et doré, reflet tragique du jeune homme qui se perdait sous le fronton architecturé centré d'un bas-relief mettant à l’honneur Diane chasseresse, préoccupation de ses traits éloignés tirés qui grimpait sur un fond de treillage parmi des rinceaux et campanes, la sorcière se détourna du miroir. Délaissant son envie première de lui demander ce qu’il pensait de sa tenue pour s’enquérir de son état, elle se faisait taquinerie face à tant de sérieux : « Qu'est-ce que cette tête, mon Lambert ? » Son dos en lune décroissante, vouté d’une peine qu’elle ne lui connaissait que peu chargeant lourdement ses épaules mis en valeur par un costume taillé d’une élégance sobre, s’effaça par convenance lorsqu’elle se rapprocha de lui, « On descend pour aller...souper », qu’il esquiva, se remplumant, la laissant face à un port de tête digne, au menton fraîchement rasé et son expression de bonne humeur d’appart. Elle aurait pu ne pas relever davantage verbalement son attitude pour ne pas manquer de politesse mais sa curiosité ne put empêcher de lui faire remarquer, « Ce n’est qu’un repas dans la Salle du Trône » , ce n’était pas comme s’il s’y donnait les cérémonies les plus officielles, ah si,  « Rien qui ne mérite de tirer pareil minois grave même de ta part. Dis-toi que pour une fois, personne n’a dû mourir ou naître pour que l’on y retrouve des petits fours. Tu sais que je me damnerai pour un macaron au foie gras » , ses extrémités tactiles remirent en place un nœud papillon réglisse déjà parfaitement noué, lissant chaque aile près de son col, « Garde ce sourire, veux-tu ? Sinon je vais véritablement croire que ce beau monde s’est réuni autour d’un défunt dont le nom ne m’a guère été transmis, ce qui serait plutôt fâcheux si je devais me retrouver à fourrer un amuse-bouche entre mes muqueuses à chaque fois que l'une de ces personnes me parle de lui » , se détachant amusée après avoir trituré l’accessoire toujours aussi droit loin d’avoir connaissance du corps qui lui était caché, sa malice refit surface,  « Ne faisons donc pas attendre Leurs Altesses Sérénissimes » , qu’elle en conclut alors qu’il y avait quelque chose de moqueur, résidu de raillerie, au fond de sa poitrine lors de la prononciation de ce prédicat honorifique pour le moins dithyrambique. « Perle, attends ! », poignet retenu comme son souffle, la concernée resta figée près de l’embrasure de l’entrée, ses bistres prunelles précipitées dans l’océan de ses iris, muscle vital emballé, emporté avec sa bouche. Un bruit de contentement marqué que les chairs ne réussirent à contenir. Le buste en naufrage d’avoir trop longuement espéré, provoqué pour finalement s’en retrouver complètement démunie. Prise, éprise, dans un rythme insaisissable, un fragment de vocables perdues, baiser parlant pour mots. Noyée de la première écume, son cœur en moussaillon novice jeté à la mer où les monstres d’une frustration partagée nageaient dans les profondeurs de leurs veines, mordant dans l’organe pour l’entraîner dans les abysses d’un aveu enfoui. La sapidité du sel sur la langue, les rythme de son palpitant en vagues, le bruit du large dans les tympans, phalanges glissant entre le sable de ses cheveux. Alors que la noble, perdant pied, voulut répondre à l’instar de ces marins s’offrant au grand bleu, elle retrouva celui de ses yeux, se soustrayant à ses lèvres, il déroba davantage qu’une étreinte, l’abandonnant sur le rivage, insatisfaction aride. Encore entre-ouvertes, tremblantes de l’intensité, algues échouées se suspendant aux siennes, elle soupira, de soulagement, de bien-être, un vertige derrière les ecchymoses d’un myocarde aux violettes nombreuses d’occasions ratées et rejets. Probablement parce qu’il pouvait encore exister des moments tel que celui qui venait de s’éteindre pouvant encore tout exprimer. « Il faut que je te… » , avait-elle sorti d’une traite, déterminée depuis des années à confesser des sentiments qui n’attendaient qu’une ridicule fraction de partage pour éclater. Ce n’était toutefois sans compter qu’il n’embrasse chastement son front, marque d’adieu ou de respect exagéré, geste presque fraternel ou amical, brisant son éternelle passivité pour mieux l’achever « Je te supplie de me pardonner, ma Perle », l’implora le Clermont-Tonnerre. « Quoi ?! Qu'Est-ce que tu... », médusée, victime d’un second type de foudre, la blessée rejeta violemment son imploration, « Non ! », feulèrent ses cordes vocales, se brisant, sourcils offusqués, un rêve mourant à l’image de cette fin d’après-midi essayant d’effleurer ce qui n’était plus tangible. La poigne du blond, soudainement pressé, s’était emparée de ses doigts afin de l’extirper de la chambre, une tendresse que les sillons de sa paume avaient soustraite. « Lambert ! », en comprenant à son aplomb soudain qu’il n’avait nullement l’intention de l’emmener ailleurs qu’à ce souper, sa dextre de libre tenta de s’agripper en dernier recours à la poignée des boiseries, clenche qui glissa de la moiteur de leur échange, lui arrachant une expiration rageuse, sa baguette restée à l’intérieur. Les talons, instable appui féminin, dérapant sur la roche métamorphique recouvrant la majorité des lieux de vie l’entrainèrent malgré elle à le suivre. Oh l’étudiante en arts et lettres s’était bien hasardée à opposer une farouche résistance, tirant peu élégamment sur son avant-bras afin de le récupérer, le retenant quelques fois de ses genoux flageolants encore de leur rapprochement lorsqu’un tapis lui permettait une quelconque adhérence mais il se montrait aussi ferme que fermé. « Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? », espérait-elle davantage le faire craquer qu’à véritablement souhaiter une réponse au sujet de  pareille veulerie. Derrière son irascibilité se mussait l’espoir interdit qu’il puisse changer d’avis. Colère et espérances se jetèrent pourtant du haut des escaliers, suicide shakespearien, où le bourreau la libéra par préséance sur appel protocolaire. Sans même ne pouvoir voir autre chose que son échine redressée descendant les marches conduisant à la salle de réception, la Béziade le connaissait suffisamment pour l’imaginer grigner à l’évocation de son titre de noblesse complet s’il n’avait été éduqué à tant d’impassibilité. « Sa Grâce la comtesse d’Avaray », qu'elle fut introduite aux conviés, pompeuse entrée en scène, second acte d'une pièce nommée détresse. A table, assise entre Léonardo et Lambert, ses deux meilleurs amis, ou du moins, l'un d'eux le restait encore, il lui semblait attirer une attention inhabituelle, tant les regards et sujets de conversations cherchaient à l’inclure alors qu’elle paraissait transparente pour une autre. Son front, cachant sa peine sous un air enjoué qu'elle ne faussait d'ordinaire que rarement, lui brûlait, marqué par un sceau de cire chaude coulante où les muqueuses s’étaient scellées plus tôt, cachetant une révélation jetée à l’embrasement de son désappointement. L'amertume, dépôt de déception saturant ses papilles, dégoût gustatif, l'empêcha de savourer les saveurs d'exception. Une serviette brodée des armoiries monégasques des Grimaldi parant les grimaces, tandis qu’elle se surprit à apprécier le contact du tissu contre ses lippes lorsque ses perles fauves roulèrent vers le bourguignon. Devant le malaise, de honte ou de remords, les joues du blond se colorant de la fraise que la cuillère de la jeune noble décapita avec un maintien extrême, elle fut coupée dans son élan chuchoté de l’inviter à poursuivre leur discussion, ou ce qu’il en demeurait, après le dessert,  « Lambert », son cœur s’était gonflé du poids de l’envie, chargé d’une ancre refusant de rester à port, son prénom comme un hymne de sirène, une malédiction ou prière, « j’aimerais… - « Très chers invités », elle s’était défaite de la proximité de la confidence afin de reposer ses billes sur le fils, sensiblement mal à l’aise depuis le début du repas, bien plus lors de la prise de parole de son paternel. Elle le connaissait certes peu friand de mondanités mais en rien aussi pincé, « j’ai le plaisir, ainsi que le privilège de vous annoncer les fiançailles de son altesse sérénissime Léonardo Grimaldi, à la qualité de prince héréditaire » pour peu, se serait-elle répandue en joie, prête à s’étaler en souhaits sincères, cherchant déjà des yeux la future heureuse élue à bassiner de congratulations et conseils amicaux avisés pour une escapade prochaine des plus mielleuses, avant d’être brutalement  contrainte de se gaver toute seule de ce même nectar, « avec Mademoiselle Perle de Béziade d’Avaray », cette dernière étouffa un cri d'une main fermement plaquée, exclamation de surprise effarée que l'instance interpréta pour une ravissement contenu, allant jusqu'à acclamer et s'extasier de cette expression de stupeur des plus touchantes. Un couvert s’échouant au sol au loin, celui de sa cousine Opale qu’elle ne put lui attribuer tant elle n'écoutait déjà plus, un cœur avec, ou peut-être deux, chahut clapoté contre parterre, les côtes se brisant d’une respiration excessive, les vœux d’union chantant une marche funèbre, celle des convives se levant afin de la féliciter, de la serrer parfois semblablement à sa gorge, de l'écraser aussi contre leurs bustes meurtrissant un peu plus un thorax à vif s'époumonant d'air et de remerciements multiples qu’ils lui déchiraient, poitrine à la merci, agonissant dans des embrassades et réjouissances qui n'étaient pas les siennes, ne trouvant de sa vision trouble qu’une culpabilité partagée, complice entre le brun et le blond, les perdant tous les deux, si ce n’était de trahison, de cette nouvelle prison, mariage pour cage. Ses paupières battaient, délicates plumes sur un oiseau cherchant à construire un nid de réalité, la pupille retenant en pie voleuse le brillant de ses larmes. La branche finit par craquer, l’oisillon à sa suite, lorsque celui qui lui avait permis de voler tantôt s’échappa pour ne pas la voir chuter des ailes qu’il lui retirait. Dindon de la farce, elle avait évoqué l’émotion en excuse de ses sanglots incontrôlables et ils y avaient cru, parce qu’elle avait la tête de celles qui pleuraient pour ce qui devait être le plus beau jour de leur vie.
Djinn Jinxed


She was like open doors and closed windows

She only closed up the things that let you look in. only let you in with shutters drawn and lights dimmed  because eyes are the windows to the soul


Dernière édition par B. Perle de Béziade le Mer 22 Juin - 3:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Perle] Our shell could spiral home, moon curl a small knowing   Mar 27 Oct - 11:58


Si ton nomen ressemble à s'y méprendre aux bricoles qui tâchent tes doigts et ton cou, c'est le premier, celui chuchoté par d'autres bouches que celle de ton entité, qui t'habille de caractère. Blanche. Bien que de Castille conquiert les livres d'histoire, c'est à Moria, ou à Hoschedé que tu ressembles le plus, sans oublier bien sûr la grande Pierson, Dame aux Camélias, Marguerite des planches. Si le monde était une pièce, tu en serais l'héroïne. Malheureusement pour toi, la tragédie supplante souvent la comédie.

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Veuillez recevoir nos plus sincères félicitations pour votre sélection parmi les  AESTAS ! Vous voici à présent un(e) sorcier-ière à part entière de cette prestigieuse Académie et en tant que tel(le), nous vous invitons à transmettre et vérifier vos données personnelles dans les différents registres des listings. Cette section vous offrira également la possibilité de déposer des candidatures afin d'espérer décrocher un poste à responsabilité parmi les Maîtres et Délégués au sein de cet établissement ou encore de vous faire connaître de ses résidents en tant que joueur de Polo ailé. A savoir qu'il est toutefois toujours plus judicieux de participer quelque peu à la vie scolaire avant d'en faire la demande. Si cette fiche n'est pas la première, merci de bien vouloir référencer votre double compte en remplissant ce parchemin de votre plus belle plume. Avant de débuter le Rôle Play, n'hésitez pas à vous référer aux Points Cardinaux pour y inaugurer au Nord une Fiche de Personnage rassemblant à la fois les différents liens à nouer au cours de cette scolarité ainsi qu'une liste des récits qui en ponctueront l'aventure. L'Ouest regroupe les Bulletins des étudiants et la respectabilité des enseignants qui sont à consulter et compléter. Toutes les demandes et requêtes particulières seront à formuler à l'Est. Le Sud, quant à lui, vous informera sur toutes les spécificités que les points de vote et de RP ont à offrir dans le jeu. Sur ces quelques mots, il ne vous reste à présent plus qu'à explorer cette majestueuse bâtisse pour que la magie puisse opérer !
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[Perle] Our shell could spiral home, moon curl a small knowing

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