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 [Colette] Celles qui ont l'habitude qu'on les cajole ignorent la solitude que rien ne console

- Contre nous de la tyrannie, la baguette sanglante est levée -
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R. Colette Belgarde
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MessageSujet: [Colette] Celles qui ont l'habitude qu'on les cajole ignorent la solitude que rien ne console   Dim 11 Oct - 3:25


Raphaëlle Colette Belgarde
feat. Rooney Mara

Nom: Il s'agit de Belgarde par son père et de Moreau par sa mère. Aucune particule, aucune noblesse cachée donc. Prénom de naissance: Raphaëlle, 5 consonnes et 4 voyelles qu'elle n'a murmuré encore à aucune oreille.  Prénom d'usage: Colette, comme l'écrivaine française, auteure préférée de sa mère. Quasiment personne ne l'appelle ainsi, lui préférant plutôt le surnom de Coco, doux, affectif, presque mignon. Généalogie: R.A.S. Ni trop haut, ni trop bas. Rien, ou pas grand chose. Les Belgarde peuvent être qualifiés de petits bourgeois. Leur rang et leur position dans la Garde Nationle leur ont permis de sympathiser avec certains grands noms du monde sorcier mais aucune titulature ou médaille ne trône fièrement au dessus de leur cheminée (à part celles de la Marine moldue, des francs-tireurs de baguette et des défenseurs de la liberté). Nationalité: Française pure souche. Ils sont originaires principalement du Nord de la France et se sont installés à Nantes lorsque Colette avait 5 ans. Lieu et date de naissance: Le 5 Novembre 1941 à Cambrai mais elle n'a pas eu le temps d'apprendre le ch'ti. Statut: Célibataire. Elle a été fiancée une année à son amour de jeunesse à une époque. Elle s'en est très bien remise, bien sûr, et ne pleure presque plus. Etudes/Profession: Bien qu'elle se soit spécialisée en Magie Blanche, la jeune professeur enseigne les Charmes et les Enchantements depuis trois ans. Baguette Magique: Une baguette fine et noble, bien qu'assez courte puisqu'elle mesure 23 centimètres. Elle est composée d'une  aile de Doxy et est faite en pin.

Allégories réflexives:

►Quelle est votre opinion sur la restauration de la Monarchie Sorcière ?
Si vous posez cette question à Colette, elle répondra sûrement en laissant pianoter ses doigts fins sur la surface lisse d'une table ou en se raidissant soudainement sur sa chaise. Son opinion ? A elle ? Sur la Monarchie Sorcière ? Elle n'en a pas ou n'y a jamais réfléchi. Bien sûr, ce n'est pas rien, cela chamboule la vie politique du pays toussa toussa. Mais sa vie personnelle à elle alors, qui y pense ? Heureusement qu'elle le fait, beaucoup trop, devenant presque nombriliste à ne voir de problèmes que dans sa vie. En réalité, elle s'y connait tellement peu en régime politique qu'elle ne saurait argumenter de manière convenable face à ses collègues.  

► La Mise en Objet des Djinns a donné lieu à un virulent débat centré autour des notions d'esclavagisme, de liberté, de droit des créatures ou encore de la protection magique. Que pensez-vous à ce propos ?
L'enfermement, non ! Le choix d'avoir un djinn ou pas, oui ! Depuis l'expérience quasi mortelle qu'a connu Colette, la jeune femme ne peut s'empêcher de penser qu'un enfant de 10 ans ne devrait pas être obligé de posséder l'une de ces créatures surnaturelles. N'existe-t-il donc pas des sociétés où le lien enfant/djinn ne se fait pas ? Ce qui est sûr, c'est que la Mise en Objet lui permet de réguler les sorties et les usages de son compagnon. Et puis, quand elle mourra, Oupou pourra être vendu pour ne pas venir hanter ses enfants ou petits-enfants. Les Belgarde seront peut-être en sécurité.

► Pouvez-vous envisager que le sang puisse un jour devenir plus important que le rang sur le sol français ?
Elle ne croit pas en la couleur du sang, n'y a jamais cru. Peut-être est-ce parce qu'elle a toujours obtenu ce qu'elle convoitait, qu'elle s'est battu en tant que femme pour arriver à ses fins. Le plus important c'est qu'elle n'a pas énormément d'ambition mais a toujours obtenu ce qu'elle désirait. Tant que cela ne change pas, qu'elle mène sa petite vie tranquille, elle ne peut pas vraiment se plaindre et désirer d'avantage, si ? (le nombril, encore et toujours)

Personnalité:

Timide - Renfermée - Apeurée - Froide en public - Silencieuse - Cassante devant ses élèves - Peut-être trop coincée - Ultra stressée - Maman Poule - Nerveuse - Se fait du souci inutilement - Paranoïaque

Colette a beau essayé, elle n'y arrive pas. Elle aimerait bien être ce bouton de tulipe qui s'égosille de se savoir bientôt belle fleur, être cette Esmeralda insouciante à la peau brune et aux grands yeux émeraudes ou encore devenir sa collègue Apolline Bellombre, aussi à l'aise devant une classe bourrée d'élèves que dans un champ de marguerites. Mais non, elle n'est ni tulipe, ni héroïne de roman, ni professeur ultra-cool. Elle est la chose au fond de la salle des professeurs, à se triturer les doigts sous la table et à lancer de grands regards étonnés à l'inconnu qui s'imagine pouvoir lui arracher un mot. Elle est timide, maladivement timide, et supporte assez mal tout ce qui se rapproche, de près ou de loin, à une tentative de sociabilité.
A-t-elle toujours été ainsi ? La réponse est non. D'accord, elle a toujours bégayé devant les personnes de son âge, et encore plus face à ses supérieurs ou à ses aînés. Certes, elle prend très tôt l'habitude de s'enfermer dans sa chambre les soirs de débauche et les jours d'activités collectives, MAIS, y eut un temps où elle fut un tantinet cool. Pour dire, il lui arrivait, durant ses années à Beauxbâtons, d'aider ses cadets à faire leurs devoirs, de discuter de sujets sérieux et politiques avec des étudiants de ses années et d'oser d'avantage des tenues aguicheuses et un maquillage indiscret. Elle a même joué au sein de l'équipe de polo ailé des Autumnus au risque de devenir, le temps de quelques jours, l'héroïne de sa saison. Ses sourires timides, sa retenue légendaire et son impopularité ne lui empêchaient pas encore de se mouiller d'avantage et de plonger parfois, avec une peur atroce, dans le grand bain de la vie. De l'adrénaline positive, qu'elle appelait ça, tellement sa peur débouchait inévitablement sur quelque chose d'effroyablement jouissif. Si Miss Belgarde est introvertie, elle n'est pas lâche. Elle prend ce qui lui revient de droit, se bat pour l'avoir et ose se mettre dans des situations bien peu recommandables pour disposer de ce qu'elle convoite. Capable de se plier en une douzaine de morceaux pour arriver à ses fins, quitte à retourner totalement sa propre personnalité, elle touche à tous les coups ses objectifs avec une puissance dont on la sentait incapable. Comment croyez-vous qu'elle ait obtenu son poste de professeur à l'académie sorcière française ? En se travestissant pour devenir Reine des Glaces intransigeante plutôt que mulot apeuré.
Parce que Colette réussit très bien une chose : mentir aux autres et de plus en plus à elle-même. Depuis sa plus tendre enfance, elle a accepté d'être différente, d'être la fille associable vers qui personne n'oserait se tourner. Elle se prenait à ne collectionner que quelques amis, récupérant la lie de la société sans se questionner. Avec le temps, un véritable obstacle se fichait dans son esprit, l'empêchant de prétendre à autre chose. Qu'elle rit trop fort et elle se reprenait en n'affichant qu'un modeste rictus à ses lèvres, qu'elle interroge un camarade sans le connaître d'Eve ou d'Adam et elle se détournait rapidement pour ne pas se montrer indiscrète. Elle est différente, certes, mais elle en est profondément convaincue et est persuadée que jamais elle ne sera autrement. Du coup, elle feint, feint d'être froide et mystérieuse en cours alors qu'elle craint secrètement les élèves trop intelligents, feint d'être un poil sociable avec ses collègues alors qu'elle rêverait de s'enfermer dans ses appartements et feint d'être responsable alors qu'elle doute en permanence. Si elle peut vous fixer intensément de son regard acier incroyablement dur et rehaussé d'une paire de sourcils bruns très sévères, c'est la panique dans une tête aux traits apaisées, un pauvre chat tétanisé et bloqué sur place après qu'on lui ait déversé un seau d'eau sur son poil soyeux.
Comment est-elle devenue ainsi ? Peu de gens le savent et beaucoup de théories affluent sur la question. Depuis la rentrée 1970, elle ne parle plus que très peu et se glace lorsqu'on ose poser sa main sur son épaule. Certains savent qu'elle a rompu ses fiançailles car, avec un peu d'imagination et de mémoire, ils on su remarquer qu'elle ne portait plus la bague qui trônait à son annulaire depuis deux ans. De la même manière, son djinn, Oupou, ne paraît qu'occasionnellement et elle ne lui adresse alors que quelques mots courtois mais non chaleureux. « Souviens-toi l'été dernier, Colette », semble lui murmurer une voix silencieuse que seule elle peut entendre et qui la fait frémir de peur, peur et adrénaline qui, pour le coup, n'ont plus rien de positifs.

Genie in a bottle: Oupouaout

A l'origine, il y eut le pharaon...et son éclaireur: Oupouaout est un vieux, très vieux djinn. L'un des plus anciens, en vérité, dont l'invocation initiale se fit par le chef des premières tribus égyptiennes. Divinité protectrice et désignée éclaireuse, ou en tout cas guide, elle mène son peuple sur la voie de la grandeur et fait naître avec elle les dynasties du plus grand royaume que le Moyen-Orient n'a jamais connu : l'Egypte des Pharaons. Pour l'aider dans sa gestion, les rois s'en remirent souvent à lui et il ne fut pas rare que ceux de la Haute-Egypte et surtout ceux de la ville d'Assiout le choisissent comme djinn. Conseiller écouté et respecté, le chacal mena les hommes et règna en secret sur le peuple du Nil.

Les sociétés le nommèrent Oupouaout, mais certaines se contentèrent d'Oupou: Oupouaout signifie "celui qui ouvre le chemin", ce que le djinn n'hésite pas à rappeler à ses maîtres lorsque l'idée leur prend de douter des ses mots. Ce nom, comme il aime aussi le souligner, a fait baisser nombre d'échines, de respect surtout, moins de crainte. On le vénérait, à une époque, on le suppliait à l'aide, on l'admirait. Les temps ont  bien changé et il se demande parfois dans quel orphelinat ses maîtres ont bien pu être élevés pour lui manquer autant de respect. "Oupou", et pourquoi pas "Bichon" ou "Pépette" pendant qu'on y est ? Oupouaout n'est pas un animal domestique et encore moins un chien !

Des canines et du venin: Des chercheurs moldus s'interrogent sur la véritable nature d'Oupouaout ; Loup, lycaon, chacal ?  Qu'est-il ? Dans les représentations égyptiennes, il possède les caractéristiques de ces divers canidés et les grecs, après leur arrivée en Egypte, ont cru y percevoir le Lycos européen. Rien d'étonnant alors à ce que la noble ville d'Assiout soit renommée Lycopolis, en hommage à ce dieu protecteur que les gouverneurs appelaient à chaque passation. En vérité, le djinn prend habituellement les formes et les couleurs du Lycaon, maigre et long chien aux oreilles dressées, tacheté de roux, de noir et de blanc. Africain de pelage, où la boue, le sable et le soleil semblent se marier, il affiche à ses babines retroussées deux canines bien aiguisées. S'il ne se fait pas chien, il aime être le confident, l'épaule sur laquelle on se pose, la fourrure où s'égarent des doigts languis d'une dure journée.

Elle l'invoqua et le libéra: Cinq cent ans qu'il n'avait pas été invoqué. Cinq cent ans qu'il croupissait dans l'Autre Monde à lire des unes de journaux périmées et à regarder Min lui répéter pour la 300 000ème fois la blague du chacal et du hibou. En 1950, son retour se profila enfin et c'est avec un semblant de joie qu'il retourna hanter le monde des humains. Bien sûr, rien ne valait le Sikh et tout dépassait assurément cette Terre bien trop sensible et analphabète, mais se savoir oublié dans un univers qui avait été bien longtemps le sien était insupportable. A Assiout, il avait été une rock-star, le Mick Jagger égyptien. Aujourd'hui, il n'était qu'un chanteur abandonné, un Johnny Hallyday oublié dont plus personne ne se souvenait des chansons. Non, c'était inconcevable, c'était même...pathétique. Oupouaout était de retour, dans toute sa splendeur, pour retrouver sa place de number one.
Lorsqu'il apparut dans cette cave au mur crépis d'une matière étrangement blanche (du plâtre, oui !), il lui fallut prendre quelques secondes pour retrouver ses repères. Bien sûr, il combla le silence en faisant trembler les murs et en faisant pétarader de-ci de-là des petites explosions. Donc...plus de châteaux-fort... et plus de grands chevaliers ? Bon... Depuis quand les femmes avaient le droit d'invoquer un djinn si jeune, d'ailleurs ? Il secoua vivement le museau et se présenta enfin à l'enfant dont les cheveux noirs tombaient en cascade sur un front trop haut. "Je te somme de...de dire t...ton nom" Une bègue, en plus... Avec noblesse, l'auguste lycaon se dressa sur ses pattes arrière pour apparaître tel l'un de ces humains. "Je suis Oupouaout l'éclaireur, défenseur d'Assiout, unificateur de la Basse et de la Haute Egypte, conseiller des pharaons, confident des habitants du Nil. Et toi ? Qui es-tu ?" La petite fille leva la tête et des yeux plus suppliants que jamais, aussi peureux que ceux qu'il avait croisés en tant que Mick Jagger égyptien le fixèrent pour éviter bientôt son regard. "Je suis R...Colette, Monsieur". Hey ! C'est qu'elle avait failli se louper !! Glapissant intérieurement, le lycaon se reprit. Ce ne serait sûrement pas elle qui lui permettrait de retrouver ses galons d'officier. A part lavandière (et bouse ! Il confondait encore avec l'Ancien Régime !), elle ne réussirait pas grand chose. Mais peut-être qu'il pourrait faire des merveilles, lui ! Retrouver un nom dans l'histoire de France et bien sûr, dans les manuels du monde entier !


Pseudo: SURICATE.Age: 23 ans, et ouais  Cool  Où avez-vu connu DJ? grâce à bazzart :pan: Autres comptes? Lambine, Lambouche, Lamborghini,  bref, vous savez qui  Une remarque ? Laissez moi passeeeeer Un mot pour la fin ? Je t'offrirais ton prénom sur un grain de riz. Tu m'écrirais des petits mots en faisant des ronds sur les "i".

Djinn Jinxed


Dernière édition par R. Colette Belgarde le Dim 13 Déc - 18:26, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: [Colette] Celles qui ont l'habitude qu'on les cajole ignorent la solitude que rien ne console   Dim 11 Oct - 3:45


Il faut que tu respires
Brèves de dortoir


« Il pleut sur Nantes... » Lança l'enfant alors qu'une casquette à carreaux bien trop grande pour sa petite tête tombait sur ses yeux brunis par la fatigue. Avec lassitude, Raphaëlle posa ses valises à terre et redressa la bouille pour s'enquérir de l'opinion de ses parents. Pourquoi avoir déménagé alors que la guerre venait de se terminer ? Cinq ans qu'ils vivaient sous les tirs nazis et jamais ils n'avaient pensé à partir...à part ce mois-ci ? Ce n'était pas logique. « Pourquoi venons-nous vivre dans l'Ouest ? » « Pour ta tante, Raph'. » Le ton de son père était assez sec pour écraser brutalement les billes claires de la fillette sur la pointe de ses souliers vernis, tout comme les nombreuses gouttes qui coulaient de son imperméable jaune à ses chaussettes. « Elle a besoin de compagnie, Raphy. Et puis, tu verras, Nantes n'est pas si pluvieuse que tu le penses. Regarde, le château ! ». Alors qu'elle essayait astucieusement d'éviter les flaques, Raphaëlle perçut l'édifice et resta un instant bouche-bée. Comment se faisait-il qu'il n'y ait pas ce genre de bâtisse dans le nord de la France ? Elle connaissait la réponse mais préféra ne rien dire afin de ne pas animer une fois encore l'animosité d'un père pressé.
« Vous voilà enfiiiiin ! » Une voix aiguë habillée d'un fort accent bourgeois acheté dix francs six sous à l'épicerie du coin vint les accueillir alors que les trois personnages se tenaient devant la porte immaculée, trempés de la tête aux godillons. Bientôt, une femme d'à peine trente ans ouvrit la porte et laissa entrevoir une choucroute -pardon, une fouace nantaise- se dresser sur le haut de son crâne avec une élégance que seule elle et son coiffeur semblaient pouvoir percevoir. « Virginiiiiiie » L'étreinte fut forcée et Raphaëlle eut à peine le temps de remettre ses tympans en état qu'elle voyait déjà sa mère se faire alpaguer par l'extravertie. « Mais, entrez, entrez, ne vous gênez pas ! » « On est vraiment obligés ? » Avait grommelé son père en suivant d'un pas pesant les femmes dans le living-room coloré et chatoyant ; Il n'y aurait pas que les marques de leurs chaussures qui feraient tâches sur le sol, leurs mines de lillois paumés et grognonnes remplaçaient déjà les tableaux gaies des murs pour des natures mortes fades et typiquement ch'ti. Sans qu'ils n'aient le temps de se sécher, la veuve les invita à s'asseoir dans des fauteuils réunis autour d'un mauvais goût risible et appela Craquotte, le caniche, pour qu'il vienne également enfoncer ses pattes blanches dans la mouise qu'était cette maison. « Comment vas-tu, Catherine depuis...sa mort ? » Les mots sérieux de sa mère avaient coupé court à ces enfantillages et, après un hoquet de surprise, la concernée adopta des traits dramatiquement graves. « Mal. »

Aux premiers abords, Raphaëlle ne comprit pas ce mot. Comment pouvait-on aller mal, surtout dans une aussi belle maison ? Certes, les murs supportaient de grosses fleurs multicolores et des parties de chasses à cour vintages, pour ne pas dire ringardes, mais à côté de ça, le lieu semblait enfoncé dans un espace-temps unique, où ni balles, ni coups de feu, ni alarmes, ne venaient réveiller les enfants. A Nantes, on apprenait de nouveau à vivre...et à aimer. D'ailleurs, lorsqu'elle eut huit ans, Léon vint au monde, suivi trois années après par Charline. Sous son regard attendri, elle observa ses parents se tenir de nouveau par la main, s'embrasser sur la jetée alors qu'à quelques mètres d'eux, des bruits de ferronnerie et d'acier animaient une ville anciennement industrielle bien que toujours réputée pour ses chantiers navals. Le jardin de la tante Catherine devint quant à lui l'Eden que Raphaëlle avait toujours rêvé de trouver à Lille.
A l'âge de dix ans, il devint primordial que la fillette affronte son destin de sorcière et choisisse le djinn adéquat. Ses parents la conseillèrent gentiment, détruisant d'un coup de baguette magique ses idées trop farfelues et rejetant celles que leurs aïeuls avaient déjà concrétisées. Si les Belgarde avaient toujours été mages et possédaient un train de vie confortable, il ne leur était jamais venu à l'esprit de convoquer une entité trop puissante. Le choix de la brunette se porta finalement sur Oupouaout, déité égyptienne qu'elle rencontra seule dans le sous-sol. A partir de ce moment, il n'y eut plus de Craquotte et presque plus d'autres compagnons à quatre pattes ; Wepa, comme elle aimait l'appeler, lycaon d'Afrique Subsaharienne à la voix douce et rassurante, l'accompagnait dans ses moindres déplacements alors qu'elle s'attachait beaucoup trop facilement à la créature étrangement tachetée. Jusqu'à ses 15 ans, sa mère et sa tante se chargèrent de son éducation et elle découvrit bientôt que Catherine avait plus de jugeote que ce qu'on voulait bien lui donner. Sérieusement investie dans l'éducation de la petite, elle lui enseigna principalement les arts des sortilèges, laissant les ennuyeuses histoires sorcières à Virginie.


La Picardie, et Lille à quelques centaines de kilomètres. Plusieurs fois, son regard s'était perdu au loin, dépassant la terrasse du Connétable, les jardins et les bassins pour s'élancer vers ce qu'elle pouvait se rappeler de Fives, son quartier natal. Dans une jupe brune, vêtue simplement de son polo pâle et d'une longue écharpe bicolore de laine, elle se revoyait enfant, attendre impatiemment que son père revienne les week-end. Un militaire et un soldat sorcier, de quoi ficher des crises d'angoisse à sa mère. « le devoir avant tout » lançait-il dans un sourire réconfortant avant de disparaître dans la brume et dans son long manteau au col remonté. « A quoi rêves-tu, princesse ? » Les lèvres rouges de l'étudiante s'arrondir en un « o » parfait, la question la paralysant subitement. Princesse, qui osait l'appeler ainsi ? Elle n'était certainement pas Princesse et se savait indigne du surnom. Trop sérieuse, trop timide. Trop banale, aussi. Ses cheveux lisses et fins, bien que noirs, n'avaient pas l'exubérance et la brillance d'une coiffure de cour tandis que ses mains étaient indignes de supporter de lourdes pierres précieuses et des fils d'or tressés par les doigts de véritables fées. Ses yeux, à moitié effrayés, se déposèrent enfin sur l'indiscrète : Mélusine, la jolie blonde aux yeux froids et à la bouille aussi ronde qu'un melon. Elle avait presque cru à une erreur en la voyant débarquer chez les Autumnus. Il faut dire qu'elles ne se ressemblaient nullement mais Colette s'était vite rendue compte que si elle doutait sérieusement de ses capacités, son amie, elle, était dotée d'un ego plus que surdimensionné. Or, après quelques années à rester chacune de leur côté sans oser se parler, elles avaient finalement commencé par échanger quelques banalités et en venait maintenant à se donner des petits surnoms. Les lèvres de la brune s'étirèrent timidement en un sourire caché bien que présent alors que ses yeux se plissèrent d'une candeur presque enfantine. « Princesse ? Je n'ai rien d'une princesse ? Que dirait de Croisselles en apprenant que tu m'as attribué ce titre ? » Il hurlerait sans doute au scandale de savoir que la fille d'un général osa s'attribuer un jour un titre nobiliaire. Mélusine croisa les bras sur sa poitrine et ses prunelles s'élevèrent au ciel avec énervement. « Arrête de faire ta Miss-Modeste. Regarde toi, avec ton maintien, ta bouche en cœur et tes longs cils. On croirait presque...Cendrillon » Un rire gras sortit de la gorge du petit bout de femme et une vaguelette de déception osa perturber le calme intérieur de Mademoiselle Belgarde. Hey ! Au fond, elle aurait bien voulu être princesse, ou duchesse, ou même comtesse. C'était tellement pas drôle de se moquer ainsi des gens !
Durant toute sa scolarité, l'Autumnus avait tenté de rester discrète ou de se faire apprécier pour ses bonnes notes et non pour son charmant minois (qui, elle en était persuadé, ne l'était pas tant que ça). Si elle ne s'entourait pas de courtisans hypocrites comme le faisaient certaines figures de Beauxbatons, elle entretenait de longues amitiés qu'elle se promettait de garder pour la vie. Oh, bien sûr, elle ne les tirait pas dans le haut du panier et s'attachait aux timides, aux boutonneux, aux surdoués, aux têtes-à-claque, aux bouc-émissaires et aux craintifs, certains ayant d'ailleurs l'extrême obligeance de composer un délicieux pot-pourri de ces tares pour s'en faire une personnalité torturée et très peu secourable. Qu'importe, Colette se donnait pour mission de ne pas les juger et de les aider à se sentir bien, presque acceptés, dans un monde qui ne contenait ni paillettes, ni licornes. Ensemble, ils se formèrent une team de choc sans but réel à part celui de coexister et de profiter de leur vie à leur manière. Ils s'aventurèrent plus tard que les autres dans les bars du village, commandèrent la voix tremblante leur premier panaché et fumèrent en cachette, à l'abri des regards indiscrets, les premières feuilles d'eucalyptus qui leur tombèrent sous la main. Colette, allongée dans l'herbe printanière en compagnie de Mélusine, se prenait également à rêver au Prince Charmant, ce blondinet plus âgé et sportif qui les regarderait avec des yeux de merlan frit de retrouver enfin dans leurs iris le bleu d'une mer rêvée et presque oubliée. Cela l'amusait, vraiment, sans qu'elle ne se mette à croire à ce doux fantasme. Et puis...et puis, ce cavalier blanc était apparu de manière totalement inopinée. Paul. Un nom dont elle n'oublierait jamais la rudesse et le roulement pour l'avoir trop de fois fait résonner contre son palet. Il était alors en dernière année et il l'avait invitée à un bal de Solstice, s'accrochant à ses jupons pour qu'elle finisse par céder. « Ennuyant » fut le premier qualificatif qu'elle lui colla. Il devient ensuite « déprimant », « flippant », « psychopathe », « pathétique », « bête », « bête », « bête »...et indispensable. Au bout de quelques mois, son air s'était vu partagé par sa bouche et ses yeux s'étaient clos pour ne plus se sentir suffoquer. Elle était l'une des premières de leur groupe à le faire, ce dont elle ne se vanta pas. Il y avait sans aucun doute erreur sur la personne, de toute façon.


« Pars avec moi. Imagine la Grèce, les Cyclades, la mer, le sable, nous, toi en maillot deux pièces et moi...avec ce corps d'athlète » Elle sentait ses baisers heurter sa peau de tendresse, l'envelopper dans une chaleur désagréable et brouiller ses idées autrefois clairs. Alors qu'il évoquait des muscles qui se durcissaient contre sa chemise depuis leur dernières fois avant la rentrée de septembre, un rire enfantin, presque stupide, se déploya dans une gorge réchauffée par des lèvres pressées, quartiers de citron bien amers pour sa volonté de concentration. « Tu sais bien que je vais chez mes parents, j'ai mon petit frère... » il se nichait à son oreille « ma petite sœur à qui je dois faire cours avant qu'elle n'entre à l'Académie », déposait ses mains sur ses hanches de petite fille « et je passe déjà ces fêtes de Noël avec toi ». Ses baisers s'arrêtèrent soudain, un lui échappant cependant une ultime fois pour se coller à sa joue, et il s'éloigna dans un rire éclaboussant de moquerie. « Tant pis. A moi les jolies grecques de Lesbos » « Elles sont lesbiennes » « ...les filles aux cheveux noirs et à la peau délicieusement caramélisée qui s'échoueront près de mon épaule pour me faire de véritables massages » « Paul ! » Le front couvert de rides excédées et la bouche en avant, moue ravissante d'être à ce point délaissée, Colette pouvait sentir au fond de son estomac une boule désagréable remplacer la brume exquise et étourdissante de sa passion. En une seule phrase, il avait fait le résumé de deux de ses défauts principaux, sa peau bien trop pâle pour être celle d'un être vivant et son incapacité à prodiguer des massages convenables à l'homme de sa vie. Elle avait bien essayé, avec ses petits doigts aux ongles rongés, mais elle y allait trop gentiment à son goût, laissant le tout s'échouer comme un défilé de petites pattes d'araignées, ce qui, on le comprendra, ne devait rien avoir de plaisant. Les deux se fixèrent sans jamais oser se détester, bien trop amoureux pour  supporter une seconde de plus un éloignement des plus déchirants. « Pars avec moi, alors » L'innocence dans cette phrase, sur ce visage, contre ces lèvres à jamais naïves et rêveuses pour appartenir réellement à ce monde. « Je ne peux pas... » Le silence pendant que s'écrasaient les dernières syllabes en une murmure à peine audible. Son visage, à lui, ne s'habilla pas d'une mine soucieuse. Au contraire. Il s'éclaira pour faire briller d'avantage ses mèches blondes et un grand sourire vint habiter ses lèvres. « Bon, et bien c'est moi qui vient alors ! » « Pau... » « Je n'ai jamais rencontré ta famille encore. Tu as vu la mienne, ma sœur et tu ne m'as jamais invité à Nantes. J'ai hâte de rencontrer ta tante. Et le petit Arsène pour voir s'il suit les nobles pas du justicier. Et puis Salomé. Merlin qu'elle doit être aussi belle que toi ! Ne t'inquiète pas, je me ferai discret, je leur ferai réviser leur rhétorique et leur bienséance pour leur rentrée et je me ferai discret, et...tu verras ce sera bien ! » Merlin qu'elle l'aimait, son Paul !
Après ses études, elle s'était installée avec le Parisien dans la capitale. L'appartement n'était pas très grand, et même petit pour être honnête, mais il avait tout fait pour qu'elle s'y sente chez elle. Avec l'accord de ses parents -qui A-DO-RAIENT le blondinet (sans parler de Catherine qui lui aurait volontiers crée un culte de la personne)-, elle y avait donc déposé les quelques affaires dont elle disposait, en majorité des livres mais aussi des ustensiles de cuisine et des draps propres (les mecs, vous savez...). Alors qu'il commençait doucement à se faire un nom dans les affaires internationales grâce à une marque d'armoires à disparaître pour laquelle il avait collaboré avec des ébénistes et des ensorceleurs d'objets, elle virevoltait aux quatre coins de la capitale, retrouvant sa vieille passion du polo ailé (elle s'était découverte assez bonne dans la discipline grâce à un professeur de l'Académie) lors des matchs organisés au Cirque du Palais Royal, visitant musées et rues parisiennes et potassant tranquillement dans les bibliothèques au milieu de moldus. Lorsqu'elle rentrait le soir, elle voyait ses yeux pétiller encore de se savoir étranglé par une cravate pour le travail, et son bonheur grossissait d'un coup, boule de bubble-gum qu'elle savait inexplosable. Elle devint plus féminine pour lui, plus ambitieuse aussi dans ses choix de vêtements, à préférer des jupes plus courtes et de longues mèches ondulée qui croulaient sur ses épaules. Qu'importe qu'on la remarque désormais sur les ponts, alors que les pans de ses jupons se soulevaient discrètement et que ses cheveux s'alliaient aux tornades du vent pour valser contre son visage, elle était accompagnée Wepa qui se faisait un devoir de la protéger tout en continuant de ruminer sur la stupidité de son comportement. Il ne l'avait pas connue comme ça, de ce qu'il disait, et il la préférait prudente qu'aussi naïve que son Paul qui, selon lui, ne tarderait pas à rencontrer enfin les ennuis qui lui collaient aux fesses depuis tant d'années sans qu'elles n'aient jamais réussi à le rattraper pour ensuite le dépasser. Dans cette bulle totalement hermétique, Colette oubliait la réalité et la possibilité qu'il puisse avoir raison.


Ils s'étaient arrangés de la sorte durant deux ans : ils vivaient à Paris et elle se levait tôt pour transplaner à Vineuil-Saint-Firmin et continuer son chemin à pied. Malgré ce système, ils ne se virent guère d'avantage, se quittant aux aurores pour se retrouver la nuit. Une vie à contre-temps, en contre-point, qui se traduisait seulement par des nuits paisibles enlacés dans le creux l'un de l'autre. Si cela ne correspondait pas au bonheur conventionnel, c'était celui qu'ils avaient adopté de bonne grâce, pour ne trahir ni les plans professionnels de l'autre, ni leur amour passionnel. Il y avait pourtant un hic, un foutu hic qui traînait comme un virus pour les éloigner d'avantage : les affaires commerciales de Paul, sa chute en avant, ses dettes et finalement sa remontée miraculeuse. Elle avait suivi son changement d'état, se liquéfier pour se glacer d'effroi et s'évaporer de joie. Il ne lui disait rien, se contentait de souffler, de pleurer parfois, silencieusement, pour s'époumoner d'avoir enfin réussi. Ils allaient devenir riche, qu'il lui répétait de ses yeux illuminés d'espoir. Il allait l'emmener en Grèce, en Russie, au Canada et bien sûr, aux États-Unis. Tout allait rentrer dans l'ordre et il n'aurait bientôt plus besoin de lui demander le moindre cents. Il ne voulut jamais révéler son client mystère qui lui promettait de faire refleurir son commerce. Des armoires à disparaître, à qui cela pouvait-il encore servir ? Tout le monde en avait déjà une chez soi et bien que les nouvelles avaient des tiroirs en plus, elles n'avaient rien de beaucoup plus moderne et restaient faites d'un banal noyer. L'appartement du couple possédait une bonne dizaine à force de ne pas trouver d'acheteurs. Certes, c'était pratique mais...c'était encombrant. En nettoyant un jour le bureau de son fiancé, Colette obtint enfin l'explication : envoi en Angleterre, auprès d'un nom bien trop connu pour qu'il ne soit pas pur. Se pouvait-il que... ? Non, pas Paul...
Elle avait gardé l'information pour elle, la serrant dans son cœur pour ne pas qu'elle prenne trop de place et pour continuer de l'aimer. Ce n'était que des suppositions ! Qui pouvait de plus affirmer aussi radicalement que ces Anglais étaient monstrueusement dangereux ? Peut-être que la menace qui enveloppait le Royaume-Uni n'était qu'une paranoïa de plus, qui effrayait Colette Belgarde plus que n'importe quel autre Français. Elle avait beau se raccrocher aux mots du Parisien, essayer de le croire, de sourire, rien y faisait. Il fournissait ces rebelles au Ministère anglais qui prônaient la pureté du sang, c'était bien suffisant ! Avec les mois, elle arrêta de le regarder et de se laisser serrer dans ses bras réconfortants qui puaient à présent l'insécurité. Elle finit par prendre une chambre chez les Dupuy, ne rentrant que les week-ends pour finalement ne plus revenir. Se protéger, ne pas se laisser tromper, ne pas tomber...
« Qui est-ce ! » Les mots résonnaient contre les murs qui tremblaient encore des vibrations de son coup de poing. Une marque sur le papier peint, ça allait laisser une marque sur le papier peint ! Déglutition. Tremblement. « De...de quoi tu parles ? » Elle se tenait dans l'embrasure de la porte avec son sac sur l'épaule et sa valise en bout de main. « Ne me prends pas pour un con, Coco, je te demande quel collègue tu te tapes derrière mon dos ! » ...Pardon ? Elle se préparait à murmurer aucun lorsqu'elle croisa ce regard, aussi menaçant que celui qu'elle imaginait les Anglais porter. Peut-être avait-il tourné l'arme à gauche pendant son absence ? Peut-être qu'il comptait la livrer dans son sommeil ? Peut-être que... « Colette ! » « ARRÊTE !! » Son cœur battait vite et ses mains tremblaient. Vite, de l'air, du vent, une tempête ! « ...Tu ne vois pas que tu fais peur à crier ainsi ?...que ru ME fais peur ? » « Je te ?...moi, je te ? Qu'est-ce que tu... ? » Silence. « J'ai vu qui tu fournissais en armoires à disparaître, Paul... » Elle avait fini par murmurer sans relever la tête, l'entendant juste rire d'un cynisme effroyablement jaune. « Tu es allée dans mon bureau, comme ça, sans ma permission. Et tu as...tu as fouillé dans mes affaires » « On est censés tout se dire, tu te rappelles ? » Couinement de souris alors qu'elle relevait enfin son visage empli de larmes et de plaques rouges de confronter ainsi un autre être qu'elle-même. « Les affaires sont les affaires, Colette, tu n'as pas à t'en mêler ! » Les affaires, ouais ! Et elle qui lui racontait tout de ses collègues, de l'académie, des élèves parfois un peu trop collants qui essayaient de faire ami-ami avec elle. Elle croyait qu'il était son meilleur ami, son confident, son conseiller ! Comment pourrait-elle lui faire de nouveau confiance ?
« Il faut que je réfléchisse » avait-elle fini par murmurer. « Tu n'as pas beaucoup de temps, nous partons en Grèce et en Russie, cet été » Avec cet argent-là ? Hors de question ! « Je dois réfléchir, Paul...je reviendrai quand tout sera plus clair ». Pour seule réponse, il avait pris son visage entre ses paumes et l'avait embrassée avec une passion presque oubliée. Insécurité. Malaise. Peur. Elle avait passé la porte pour ne jamais revenir.


« Tu y penses encore ? » Le lycaon la fixait intensément de ses grands iris orangés. Assis sur son lit de petite fille, il regardait ce visage en apparence calme, qu'il surprenait parfois à se fendre de tristesse, se camoufler derrière un sourire timide. « Non. De toute façon, je ne peux pas revenir en arrière. Je ne peux pas le revoir. Je ne peux pas le laisser me... »  Les yeux de la professeure s'embuèrent de larmes et sa gorge cracha les sanglots qu'elle s'efforçait de retenir depuis plusieurs semaines. Les vacances avaient fini par tomber et elle se promettait d'aller mieux et de se remettre sur pied. Résolution impossible. Tout ce qu'elle ressentait, c'était un vide plus grand de ne plus être possédé par ses bras et un cœur plus étranglé que celui d'un pendu. « Tu verras, ça va passer. Tout cela passera. Et si ça ne passe pas... » la voix capiteuse du djinn caressa son oreille à laquelle il se dressait alors qu'il laissait les doigts de la mortelle se perdre dans son pelage bariolé. « Tu sais que je suis là... » Oui, il était là. Il était d'ailleurs le seul, après toutes ces années, vingt ans au total, sur lequel elle avait toujours pu compter. Un ami, un vrai, malgré toute la retenue qu'on lui demandait d'avoir. Si les djinns n'étaient pas réputés pour leur gentillesse et encore moins pour leur innocence, Colette avait fini par croire, après les non-dits que lui avait imposé son fiancé, que ces créatures valaient peut-être mieux que les humains. « Si tu veux, je t'emmène loin de tout ça, dans un monde où tu ne ressentiras ni besoin ni peine. Un monde...silencieux. Confortablement silencieux. » Les poils de la jeune femme se hérissèrent sur ses bras et elle arrêta sa caresse. Le silence ? Etait-ce là ce qu'il lui proposait ? « Tu n'auras plus jamais peur, Colette. Tout ce qu'il me faut c'est...un mot... » Non, la mort. L'effroi grandit un peu plus dans son être, le paralysant alors que son esprit tournait à vive allure. Elle ne pourrait jamais, ce n'était pas dans sa nature, et ce n'était qu'une rupture...avec l'amour de sa vie. Pourrait-elle un jour ressentir ça de nouveau ? S'autorisait-elle à souffrir d'avantage, à avancer dans cette vie qui avait perdu le simple but qu'elle s'était fixé ? L'adrénaline, accompagnée de la peur, bouillait dans ses veines. C'était presque grisant. C'était la chose la plus grisante qu'elle n'ait jamais connu. Elle allait dépasser la Grèce, la Russie, le Canada et même les États-Unis. « Un mot ? » « Un tout petit...qui comme par un R ». Le regard plus vif que jamais, elle ouvrit grand la bouche « Je m'appelle Ra... » « COLETTE, NOOOOON ! » La porte s'était ouverte avec brutalité pour laisser entrer son sauveur, l'un de ceux pour qui elle ne pouvait mettre un terme à son existence : Arsène et ses vingt-et-un ans, des allures de chevalier blanc et le désespoir clairement affiché sur le visage. Il s'était jeté sur elle, la tenait dans ses bras, écrasant sa bouche d'une main violente. « Jamais, tu m'entends ? » Tiens, elle ne croyait pas l'avoir un jour vu trembler, et encore moins pleurer. « Jamais, Coco. Je ne veux plus revoir cette bestiole à côté de toi...Je t'aime, crétine ».
Djinn Jinxed


We're in heaven
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MessageSujet: Re: [Colette] Celles qui ont l'habitude qu'on les cajole ignorent la solitude que rien ne console   Dim 13 Déc - 20:34


On l'a attendu la secrète Coco qui cache bien son jeu! Autumnus est enfin fier d'accueillir sa maitresse de saison! Les chagrins d'amour seront balayés au vent par les rires des élèves et les astuces de ses collègues!

Rebienvenue à la maison  Luv !!
Veuillez recevoir nos plus sincères félicitations pour votre sélection au sein du  PERSONNEL DE L'ACADEMIE ! Vous voici à présent un(e) sorcier-ière à part entière de cette prestigieuse Académie et en tant que tel(le), nous vous invitons à transmettre et vérifier vos données personnelles dans les différents registres des listings. Cette section vous offrira également la possibilité de déposer des candidatures afin d'espérer décrocher un poste à responsabilité parmi les Maîtres et Délégués au sein de cet établissement ou encore de vous faire connaître de ses résidents en tant que joueur de Polo ailé. A savoir qu'il est toutefois toujours plus judicieux de participer quelque peu à la vie scolaire avant d'en faire la demande. Si cette fiche n'est pas la première, merci de bien vouloir référencer votre double compte en remplissant ce parchemin de votre plus belle plume. Avant de débuter le Rôle Play, n'hésitez pas à vous référer aux Points Cardinaux pour y inaugurer au Nord une Fiche de Personnage rassemblant à la fois les différents liens à nouer au cours de cette scolarité ainsi qu'une liste des récits qui en ponctueront l'aventure. L'Ouest regroupe les Bulletins des étudiants et la respectabilité des enseignants qui sont à consulter et compléter. Toutes les demandes et requêtes particulières seront à formuler à l'Est. Le Sud, quant à lui, vous informera sur toutes les spécificités que les points de vote et de RP ont à offrir dans le jeu. Sur ces quelques mots, il nous vous reste à présent plus qu'à explorer cette majestueuse bâtisse pour que la magie puisse opérer !
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[Colette] Celles qui ont l'habitude qu'on les cajole ignorent la solitude que rien ne console

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